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TAKALIR
n°
27
Le petit journal des grands rassemblements
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Ça y est ! La voilà, notre terre promise,
cet Eurojam que nous préparons depuis plusieurs mois,
et qui a concentré toute notre ardeur et tout notre
enthousiasme. Les difficultés du trajet sont déjà
oubliées, la cité de toile s’est dressée
et le camp bat son plein : tentes surélevées,
salles à manger, chapelles de bivouac… Aujourd’hui
marque le début des jumelages et la rencontre des unités
avec lesquelles nous correspondons depuis plusieurs semaines
: Certamen (grand jeu entre troupes), Expeditio
(exploration vécue entre patrouilles de deux troupes
jumelées), Convivium (dîner-veillée),
Artis (atelier technique). La fraternité européenne
devient une réalité pour chacun de nous. Alors
bâtissons l’Europe, sourire aux lèvres.
Czuwaj !
Pierre Beneytout, Chef du sous-camp
scout français.
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Reportage
La grande cérémonie d’ouverture
Le 3 août vers 15h00, des compagnies traversent
en files le
sous-camp des filles. Les baussants devancent des guides en uniforme
impeccable qui chantent sous le soleil.
Que se passe-t-il ? C’est la préparation
de la cérémonie d’ouverture.
Presque
tous les routiers et les guides-aînées sont responsables
du service d’ordre, parce que ce n’est pas facile de
faire converger plus de huit mille personnes au bon endroit. Le
terrain de rassemblement est divisé en deux sections, l’une
pour les guides et l’autre pour les scouts. Entre les deux,
il y a une grande allée. Le tout forme un immense demi-cercle.
Vers
16h15 retentit un « Estote semper… »
et huit mille voix hurlent en réponse : « …PARATI
! ». Des scouts et guides de différents pays
récitent les dix articles de la loi scoute. Ensuite une chorale
de routiers lance le chant « Duc
in Altum ». En même temps, la procession
des pavillons commence : le Baussant en premier, ensuite le drapeau
polonais et le drapeau européen suivis des autres couleurs
nationales, selon l’ordre alphabétique des abréviations
internationales.
Cinq
minutes plus tard, le lever des couleurs commence… tout en
latin ! La cérémonie continue avec le chant fédéral.
Emmanuel R., un ACNR (Assistant au commissaire national route),
dirige avec de grands gestes mais les Italiens, qui sont très
nombreux, chantent deux fois trop vite.
Après la montée des couleurs, Pierrette,
la commissaire fédérale, délivre un message
aux participants. D’abord, elle leur transmet un petit mot
fraternel du maire de Viterbo (le village où le précédent
Eurojam avait eu lieu) apporté par les chefs de là-bas.
Elle a également reçu une très bonne nouvelle
: l’Union internationale des guides et scouts d’Europe
est désormais reconnue comme « association internationale
privée de fidèles de droit pontifical ».
Ensuite,
Pierrette remercie les chefs qui organisent l’Eurojam et les
habitants de Zelazko, qui ont fait de leur mieux pour accueillir
les guides et les scouts dans de bonnes conditions. C’est
alors aux éclaireurs et éclaireuses d’apporter
leur contribution. Pierrette enchaîne avec la présentation
des invités : Adam Smigielski, évêque de Sosnowiec,
Pawel Jaros, Ministre délégué aux droits de
l’enfant, puis Bruno Neve de Mevergnies, ambassadeur de Belgique
en Pologne et Xavier Givelet, détaché du ministère
de l’Intérieur auprès de l’administration
polonaise pour l’intégration dans l’Union Européenne.
Elle continue en remerciant plusieurs représentants de conseils
municipaux locaux dont Malgorzata Wegrzyl, « président »
(maire) du village de Klucze et Andrzej Mikulski, « président »
de l’agglomération d’Ogrodzieniec. Sont finalement
cités le chef du service de sécurité, le chef
de la police locale, celui des pompiers, le directeur de l’entreprise
qui fournit l’eau dans les bivouacs. Sans oublier les commissaires
d’autres mouvements scouts polonais.
Vers
17 heures, quelque chose de bizarre se passe. Pierrette et tous
les chefs de groupe lèvent des bâtons de trente à
quarante centimètres de long. À leur signal, les scouts
et les guides passent chacun un bout de bois ramassé dans
leur pays d’origine aux CP (chefs de patrouille), qui les
transmettent eux-même aux chefs de troupe et cheftaines de
compagnie. Ces derniers en font un grand tas allumé par un
porteur de torche. Pierrette explique alors la symbolique de cet
acte : chaque bâton est unique, comme chaque participant provenant
d’une partie du monde. Et ces jeunes vont former un foyer
d’amour extraordinaire à l’image du feu qui jaillira
de ces bouts de bois.
Enfin, le rassemblement est rompu
après le « Ad Mariam »
(moment durant lequel, à trois reprises, un chef crie « Ad Mariam ! »
et les scouts et guides répondent « EUROPA
! » (L’Europe pour Marie) ; la troisième
fois, tous les couvre-chef sont jeté haut dans le ciel),
mais les scouts et guides n’ont pas trop envie de retourner
à leurs bivouacs. Ils montent donc tous sur la petite colline
du mât pour chanter joyeusement. L’esprit européen
existe…

Rencontre
Jean-Louis
Ecckhout, la force tranquille.
Jean-Louis s’assoit dans l’herbe. Venu au PC com’
pour quelques détails pratiques, il accepte de déposer
ses soucis et de bavarder. Attention, le nouveau grand chef du réseau
Araignée nous livre son programme !
- Takalir : Avant tout, quelques mots de présentation
?
- Jean-Louis : Tu veux quoi, mon numéro de sécu
? Ma date de naissance ?…
- T : Heu, non, juste savoir qui tu es…
- J-L : Ah !… (il s’allonge, prend un brin
d’herbe et le mâchonne, ça va être long…)
Je suis le chef du réseau Araignée. L’Araignée,
c’est cette grande toile qui s’étend sur toute
la France et rassemble toutes les patrouilles libres (PL). Il
y a trente-sept PL dans toute la France. Nous sommes le seul réseau
national de PL. Notre but premier, c’est de donner l’occasion
à des garçons de faire du scoutisme. Mais nous voulons
aussi fonder des troupes. Dans l’idéal, on ne s’attarde
pas en PL. Même si c’est le mythe…
- T : Ah oui, la fameuse réputation des PL !
- J-L : La réputation, c’est double…
Soit on admire les PL, leur camp qui est forcément énorme,
avec ses grands jeux gigantesques, et là c’est le
mythe des PL. Il faut bien leur en mettre plein la vue ! Et forcément
un jeu avec deux cent scouts… Soit, eh bien… on admire
moins les PL. (ça, c’est sûr! « Soit
on aime, soit… »)
- T : Et que fais-tu là ?
- J-L : Je réponds à tes questions ! (rires)
Non, nous avons six PL à l’Eurojam, regroupées
dans le bivouac breton, dont je suis le chef de camp.
- T : Et comment ces patrouilles ont-elles été
sélectionnées ?
- J-L : Honnêtement, de façon très
simple : par l’argent. Nous avons fait un camp en juillet
et l’Eurojam s’est rajouté au « budget
parental scout» . Les patrouilles qui sont là
sont celles qui ont réussi à venir. Par exemple,
le Chamois de Mulhouse a explosé les records de vente de
calendriers. Et le chèque de Château-Landon (centre
national de l’AGSE) a été absorbé par
le financement des camps. (Vous voyez, vendre des calendriers,
ça rapporte !)
- T : Les voilà donc à l’Eurojam
: ça se passe comment ?
- J-L : Les six pat’ sont réparties en
deux troupes, sous la responsabilité d’un chef de
patrouille plus âgé. C’est le chef de village,
comme dans les camps Araignée. Ils sont bien, ce sont des
garçons de valeur, j’ai confiance en eux. (Là,
il approuve de la tête : visiblement, les CP sont vraiment
bien !)
- T : De bons CP, donc !… Et comment sont-ils
formés ?
- J-L : Cette année, nous avons quelque peu modifié
notre façon de procéder. Je veux connaître
vraiment mes scouts. Nous avons donc fait des week-ends de région,
un camp de CP à la Toussaint et un pèlerinage au
Mont-Saint-Michel en HP (« Haute patrouille »,
les chefs et les seconds de patrouille). Saint Michel est notre
saint patron. Mais je suis un chef de troupe, pas un G.O. : les
scouts doivent me connaître. Je ne veux plus qu’ils
me disent « Bonjour, Monsieur ! ».
Moi aussi, je dors dans les bois !
En service
Une preuve du service routier
Le clan St Wandrille de Rouen s’active :
T. et E. nous racontent…
• Comment vous est venue l’idée de
partir à l’Eurojam pour y apporter votre concours ?
Nous voulions faire une route en Pologne et nous
avons appris qu’un grand rassemblement à ne pas rater
s’y tenait à la même période, alors nous
en avons profité pour vivre les deux. Nous sommes vingt-deux
présents, répartis en trois équipes, pour servir
jusqu’au six août. Puis nous partons en route autour
de Czestockowa pendant une semaine où nous pourrons découvrir
ce pays chargé d’histoire.
• En quoi consiste votre service ?
Emmanuel D. (assistant du commissaire national
Route) et Laurent G., son adjoint, nous informent des missions
à accomplir. Depuis notre arrivée, nous avons accueilli
les clans. Trois équipes de deux garçons ont aussi
été chargées de veiller à la barrière
du sous-camp masculin durant toute la nuit tandis que les autres
pilotes patrouillent le camp. Enfin, nous allons finir d’installer
l’eau sur tout le site. Nous ne savons pas à l’avance
ce que nous avons à faire, nous travaillons la nuit et dormons
le jour.
• Avec qui avez-vous des contacts, et que vous apportent
ces actions ?
Nous n’avons pas beaucoup de temps pour
rencontrer les villageois mais nous croisons des guides et des scouts
de tous les horizons à l’occasion de notre service.
Nous parlons donc en anglais. Nous sommes heureux de pouvoir suivre
les principaux événements jalonnant l’Eurojam,
comme la cérémonie d’ouverture. Même si
nous ne pouvons pas participer à toutes les activités
puisque notre mission nous occupe beaucoup.
• Avec tout ça, vous reste-t-il une vie d’équipe
?
Nous sommes nombreux et éparpillés
par nos services mais nous nous rattraperons lors de notre route.
Nous avons quand même une veillée chaque soir et nous
nous retrouvons pour les repas. En attendant, les différents
clans ont chacun un service comme l’intendance ou le secourisme,
et ils alternent ces activités. Il n’y a eu aucun problème
depuis notre arrivée et nous sommes vraiment contents de
pouvoir agir avec enthousiasme et dynamisme dans toutes nos rencontres.

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| Programme |
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Le
4 août
Début des échanges avec les patrouilles
jumelles :
• Artis (atelier technique)
• Convivium (dîner-veillée)
• Expeditio (exploration)
• Certamen (grand jeu)
… selon les unités.
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| Le point spi’ |
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Sois un enfant de lumière
Nous sommes sur une terre qui a vu naître et
grandir une fille d’Israël nommée
Edith Stein. Sa vie fut une recherche incessante et
exigeante de la Vérité. Disciple brillante
du philosophe Edmund Husserl, elle découvre un
jour le Christ. Illuminée par cette rencontre,
elle devient chrétienne et dès lors ne
cesse de rayonner la vérité et l’amour
du Christ. Elle se donne entièrement à
son Seigneur en entrant au carmel où elle prend
le nom de Sœur Thérèse-Bénédicte
de la Croix.
Elle est entrée en août 1942 dans cette
lumière du Christ, humble chrétienne au
milieu de cet immense troupeau conduit à l’abattoir
par la folie des hommes, portant de façon particulière
la souffrance du peuple juif, son peuple.
Jean-Paul II l’a canonisée en 1998 puis
proclamée copatronne de l’Europe avec Sainte
Catherine de Sienne et Sainte Brigitte de Suède.
Pourquoi donc parler de cette sainte aujourd’hui,
lors de notre rassemblement de l’Eurojam ?
Parce que sa vie fut une quête, une rencontre
et un resplendissement de la lumière qu’est
le Christ. Habitée par cette lumière,
elle est devenue elle-même lumière pour
notre temps et pour notre Europe. Nous avons aussi à
chercher la lumière, à suivre et à
rayonner cette lumière qu’est le Christe
vivant l’Évangile, soutenus au quotidien
par notre loi scoute.
Sainte Thérèse Bénédicte
de la Croix avait au cœur un grand amour du Christ
et de son Église, un grand amour de la liturgie.
L’oraison du treizième dimanche du temps
ordinaire, issue de la liturgie milanaise, formule de
manière heureuse et concise ce qui doit être
notre vie de guide et de scout.
Tu as voulu, Seigneur, qu’en recevant ta
grâce nous devenions des fils de lumière
; ne permet pas que l’erreur nous plonge dans
la nuit mais accorde-nous d’être toujours
rayonnants de Ta Vérité. Par Ton Fils
Jésus Christ, notre Seigneur.
Qu’il en soit ainsi durant cet Eurojam. Que
Bénédicte-Thérèse de la
Croix et tous les saints nous y aident, eux qui rayonnent
le Christ.
Que Marie, Notre- Dame des Éclaireuses et Éclaireurs,
Notre- Dame de Jasna Gora la Montagne Claire, nous rende
resplendissants de la lumière qu’elle porte
en ses bras, le Christ Jésus.
Frère Yves-Henri Rivière o.p., Couvent
dominicain de Marseille
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| Le bon mot |
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Nous sommes ici pour quoi ? Pour donner une âme
à cette Europe des marchands !
Pierre LONCHAMPT, commissaire général
scout français, pendant son mot d’accueil
aux éclaireurs.
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| Le chiffre du jour |
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6,5 km C’est
la longueur de ficelle que l’Équipe technique
nationale froissartage et les routiers français
ont utilisée pour construire les PH de l’autel
central.
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| Le bêtisier |
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Scandale au mât central
Pendant la cérémonie d’ouverture,
observant de loin les « grands chefs »
européens rassemblés devant le mât
général, un routier s’exclame, horrifié
:
- Regardez ! Il y en a un qui fume dans la ligne
des commissaires fédéraux !
La rumeur circule deux minutes dans les rangs d’aînés
aussi ébahis que scandalisés, quand un
chef à l’œil de lynx rectifie :
- Mais non, c’est la torche pour allumer le
feu !…
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| À venir |
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Mardi 5 août.
Suite des échanges avec les patrouilles jumelles :
• Artis (atelier technique)
• Convivium (dîner-veillée)
• Expeditio (exploration)
• Certamen (grand jeu)
… selon les unités.
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| À savoir |
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