TAKALIR
n°
32
Le petit journal des grands rassemblements
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Les guides
hongroises sont arrivées à Zelazko pour l’Eurojam.
Comme leurs sœurs des autres pays, elles ont passé
les deux premiers jours à construire leurs installations.
Dimanche 3 août, le jamboree a commencé avec
la cérémonie où chaque enfant a apporté
un morceau de bois, dans une liesse commune. Tout le monde
a pu y ressentir l’esprit de communauté. Ensuite, les
guides hongroises ont exploré les alentours du camp
pendant l’Expeditio avec des Françaises. Elles
ont joué le Certamen et passé des soirées
avec des Italiennes, des Lituaniennes, des Suisses et des
Allemandes. Elles ont aussi partagé leurs savoir-faire
au cours de l’Artis, en apprenant des bases de reliure
et en enseignant comment faire des pots à crayons.
Elles ont enfin cuisiné des spécialités
pour ces mêmes Italiennes. Le pèlerinage à
Czestochowa a éprouvé leur forme physique, avec
des horaires matinaux et une chaleur étouffante. À
travers tout cela, elles ont vécu une expérience
fantastique, dont la sainte messe en latin devant la basilique
qui restera à jamais dans leur mémoire. En visitant
les autres coins de patrouilles, en échangeant cadeaux
et adresses pendant le Dies communionis, elles ont
établi des liens et se sont faites des amies parmi
les guides et les cheftaines d’autres nationalités.
Alors elles sont désormais armées pour prendre
part ensemble à la création d’une Europe pacifique
sur la route du scoutisme chrétien.
Agnès JANKONICS,
déléguée de la Commissaire générale
hongroise.
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Reportage
Non reçu.

Rencontre
Interview de Lizig Géraud-Keraod
Elle est là, elle s’assoit, et pour
nous elle raconte la création des Guides et Scouts d’Europe…
Lizig Géraud-Keraod est, avec son mari Perig, la figure fondatrice
de notre mouvement. C’est donc avec une grande joie que nous
avons reçu ses confidences ! À travers ses souvenirs,
toute une vie consacrée à la jeunesse se dessine.
Et c’est une grande dame qui se dévoile…
• Vous êtes une figure du scoutisme, avec
une vie hors du commun… Pouvez–vous vous présenter
rapidement pour ceux qui ne vous connaissent pas ?
Non, ce n’est pas possible… (rire)
Enfin, je vais essayer. Je suis la femme de Perig Géraud-Keraod,
l’ancien chef de mes frères. Il avait une propriété
dans le sud-ouest et a été résistant pendant
la guerre. Après la guerre, nous avons lancé le groupe
Bleimor (du nom du poète J.P. Calloc’h mort en 1914,
signifiant « loup de mer »). Il s’agissait
à l’époque d’un groupe de scouts bretons
qui cultivaient la danse, la musique et le folklore armoricains.
Alan Stivell, fameux chanteur breton, en a fait partie. En 1963,
nous comptions 380 scouts Bleimor en région parisienne.
Suite aux évolutions du scoutisme, mon
mari et moi avons pris notre indépendance vis-à-vis
des Scouts de France dont nous faisions partie. Nous avons adhéré
aux Scouts d’Europe après avoir pris contact avec une
équipe dirigeante de ce mouvement. Nous y sommes ensuite
entrés à plus de 400 alors que le mouvement comptait
cinquante membres, ce qui nous donnait du poids. Comme vous le savez,
le mouvement compte aujourd’hui 24 000 personnes. Nous
avons rédigé les chartes, le directoire religieux
et le cérémonial. En 1968, a eu lieu le premier camp
franco-allemand. Puis nous avons accueilli des Italiens, des Espagnols,
des Portugais, des Québécois et d’autres encore.
• D’où vous est venue cette passion
pour le scoutisme ?
À Montauban, les cheftaines des louveteaux
de mon groupe refusaient d’assurer le service de la meute
: une sorte de mini-grève. Le Père de la paroisse
m’a demandé de les remplacer temporairement, ce que
j’ai accepté ; j’ai fait de mon mieux pour être
à la hauteur. J’aimais beaucoup les jeux des garcons
donc cela me convenait. J’ai donc fait mon trou et je suis
restée comme cheftaine de louveteaux… à
14 ans et demi !
• Est-ce que vous avez encore une fonction dans
le mouvement ?
Rien du tout ! Pas à mon âge…
(sourire)
• À quoi occupez-vous vos journées
?
J’ai 18 petits-enfants et 9 arrières
petits-enfants. Je me suis aussi occupée avec la fille d’une
amie d’une partie de l’archivage du mouvement.
• Que pensez-vous d’un rassemblement comme
l’Eurojam ?
Sincèrement, je trouve cela extraordinaire
! J’en ai pleuré de joie… Pensez juste qu’il
y a quelques années de ça, voir des Russes à
l’Eurojam aurait été tout simplement inconcevable.
Les deux blocs se retrouvent, c’est vraiment l’Eurojam
de la réconciliation et c’est de très bon augure
pour la suite du scoutisme européen. Je pense qu’il
est très agréable pour les jeunes guides et scouts
de pouvoir échanger entre eux - ce qui se faisait beaucoup
moins facilement avant il me semble.
• Quel est votre plus grand souvenir de rassemblement
scout ?
C’est Lourdes qui m’a le plus marquée
: un pèlerinage avec des chefs d’Allemagne, de Belgique,
d’Italie et de France. Nous étions plusieurs milliers
et rarement une telle intensité a été atteinte.
Je me rappelle également très bien des premiers pèlerinages
de guides-aînées au Mont-Saint-Michel : c’était
extraordinaire !
• Quelle est votre impression sur le scoutisme actuel
et son évolution ?
Je ne connais pas bien son évolution…
À vrai dire, je n’en sais rien puisque je ne reçois
pas toutes les revues des différents mouvements scouts. Et
je me tiens informée de l’actualité scoute d’assez
loin. Mais je constate qu’il y a pas mal de difficultés
en ce moment au niveau des réglementations avec l’Etat,
même si ce n’est pas la première fois ni la dernière
fois qu’on a des problèmes à ce niveau. A l’époque,
Perig envoyait de temps en temps des lettres à tous les députés
pour protester contre les éventuelles réformes. Cependant,
je suis très contente des Guides et Scouts d’Europe,
je pense que leur évolution est bonne et qu’ils sont
entre de bonnes mains.
• Pensez-vous que la reconnaissance du mouvement
par le Saint-Siège puisse apporter un nouveau souffle aux
GSE ?
Je l’espère sincèrement,
car l’Église est malheureusement trop divisée.
• Pensez-vous que les Guides et Scouts d’Europe
aient un rôle à jouer dans la nouvelle évangélisation
voulue par Jean Paul II ?
Oh oui, et c’est très important
! Les scouts doivent y jouer un très grand rôle en
se développant, en développant leurs unités
et surtout en allant vers les milieux les plus modestes. Car depuis
qu’il n’y a plus de patronnage, les milieux les plus
humbles sont complètememt livrés à eux mêmes.
N’oublions pas que le scoutisme a été concu
à l’origine pour les plus modestes d’entre nous…
• Qu’avez-vous envie de dire aux jeunes générations
du scoutisme qui sont ici aujourd’hui ?
Continuez, allez vers les autres et surtout ouvrez
vous ! Je ne voudrais pas que le scoutisme se referme sur lui…
En service
En service... médical à Czestochowa
Un rassemblement comme l’Eurojam ne
peut avoir lieu sans un soutien médical important. Des petits
bobos aux accidents plus sérieux, certains aînés
ont choisi de servir en veillant sur la santé des jeunes
confiés au mouvement. Pour eux, le pèlerinage à
Czestochowa s’est révélé particulièrement
éprouvant.
Si les scouts et les guides ont eu la chance de
parcourir les quatre kilomètres séparant les cars
du sanctuaire avec les cheveux au vent et le sac léger, d’autres
n’ont pas eu ce loisir. Car c’est avec plus de 25 kilos de
matériel que les huit guides-aînées de l’équipe
médicale du sous-camp français ont dû marcher
longuement avant de trouver un endroit propice à l’installation
de leur antenne.
Pour le pèlerinage de la Vierge Noire à
Czestochowa, les cinq postes médicaux présents à
Zelazko s’étaient en effet déplacés. Sur place,
on pouvait donc dépasser différentes antennes de secours,
respectivement recommandées aux guides et scouts en fonction
de leur nationalité. Si les tiques et les blessure légères
représentent la très grosse majorité des cas
traités à Zelasko, il en était bien différemment
à Czestochowa : le soleil polonais a fait tourner la tête
à plus d’une guide ! Un médecin de l’équipe
présente pour les filles a déclaré pendant
la messe célébrée le matin en plein air: « Les
guides tombent toutes comme des mouches, nous n’avons même
plus de place pour les allonger ! ». De fait, le
soleil de plomb a fait défiler plus de 150 guides françaises
au quartier général de l’équipe, complètement
débordée et épuisée le soir venu. Toutefois,
on ne déplore rien de grave durant cette journée,
seulement des petits malaises sans conséquences.
Selon toute logique, sept des huit guides-aînées
de l’antenne médicale du sous-camp français
des filles travaillent dans les métiers de la santé
ou étudient dans ce domaine. L’équipe est composée
de trois médecins, deux infirmières et deux élèves-infirmières,
auxquelles il faut ajouter un professeur d’histoire qui met
son temps et sa bonne volonté à leur service.

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