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Nouvelles d’ici et là — La
vie du mouvement
La vie du mouvement
Trop de réglementations
inquiètent le scoutisme
Nicolas Senèze relate que le décret
concernant la réglementation des centres de vacances et de
loisirs et mettant fin aux spécificités de la réglementation
du scoutisme par l’abrogation de l’arrêté
de 1998 inquiète considérablement les responsables
des différentes associations scoutes. Cette législation
semble être incompatible avec la pratique du scoutisme et
risque de faire peser beaucoup trop de poids sur les épaules
de jeunes chefs bénévoles.
Contrairement aux Scouts de France, les Scouts
d’Europe se mobilisent et organisent un véritable lobbying
pour demander au gouvernement d’intervenir en faveur d’un
assouplissement de la réglementation respectant les spécificités
éducatives du scoutisme. « À vouloir
se protéger de tout on ne fait plus rien »,
soulignent les Scouts d’Europe.
La Croix, 17 février 2003

Entre
scoutisme et centres de loisirs : les différences sont-elles
comprises ?
Inquiétude des responsables scouts, selon
Caroline Boüan, face aux nouvelles réglementations qui
devraient entrer en vigueur le 1er mai prochain et qui obligeraient
le scoutisme à se plier aux normes administratives des centres
de loisirs : surcharge administrative et réglementaire qui
conditionnerait la préparation des camps et les activités
jugées trop dangereuses ou trop peu encadrées, possibilité
d’intenter un procès au chef scout pour divers incidents
(disputes, blessure avec un outil).
Selon Bertrand Bouchend’homme, président
de l’AGSE, ces normes consacrent « la mise
en conserve des jeunes » et occultent le « rôle
éducatif du scoutisme, fondé sur la confiance qu’on
accorde à des jeunes responsables ». Les
discussions avec le Ministère de la Jeunesse et des Sports
se poursuivent, et les mouvements de scoutisme espèrent des
aménagements à ces réglementations — notamment
la reconnaissance des formations internes des chefs scouts — qui
leur permettraient de poursuivre leurs activités.
Dans le « Forum des Lecteurs »
de Famille Chrétienne n°1311, un ancien scout
remercie cet article de sensibilisation à la réglementation
excessive et incite à réagir en demandant l’adresse
directe de Monsieur Luc Ferry.
NDLR : Nous trouvons déplorable que le
scoutisme ne soit pas encouragé en tant que mouvement éducatif,
responsabilisant et équilibrant pour des jeunes qui ont plus
que jamais besoins de repères. Nous ne voulons pas d’un
scoutisme édulcoré et privé de toutes ses spécificités.
Famille Chrétienne n°1309,
15 au 21 février 2003
Famille Chrétienne n°1311, 1er au 7 mars 2003

Le
scoutisme absent des textes de loi
C’est sur ce point particulier qu’insiste
Aurélie Lemaître : en effet, si le scoutisme n’est
pas reconnu en tant que tel, il perd sa dimension éducative.
C’est pourquoi Pierre Lonchampt, commissaire général
des Guides et Scouts d’Europe rappelle que « le
scoutisme est une école de la liberté et de la responsabilisation
», ce qui se révèle être « contradictoire
avec une excessive réglementation ».
Les points sensibles seraient donc les «
explos », pendant lesquelles une patrouille de scouts est
autonome pendant plusieurs jours, ainsi que les normes en matière
d’hygiène alimentaire.
Le Monde, 22 février 2003

Mauvaise météo pour les scouts
Philippe Maxence, journaliste de L’Homme
Nouveau montre comment « la société
refuse la responsabilité à coup de réglementations
». Les décrets rédigés par Marie-Georges
Buffet, ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports, ont pour
conséquence directe la négation de la « mission
éducative » du scoutisme, qui « ne
se résume pas à une activité de loisirs
» .
Philippe Maxence parle même de « l’envahissement
de réglementations » et dénonce la défiance
générale face au scoutisme : « Être
scout, ce n’est pas encore un délit, c’est une
déviance tolérée ». Une analyse
hélas bien réaliste de la situation d’autant
plus que celle-ci contribue à creuser le fossé entre
les associations de scoutisme traditionnel de Baden-Powell et un
scoutisme réformateur et réformé.
L’Homme Nouveau n°1297,
2 mars 2003

Conséquences de ces réglementations
On prévoit déjà la création
d’un groupe d’études parlementaires sur le scoutisme
vers la fin de l’année 2002 et présidé
par Pierre-Christophe Baguet, député UDF des Hauts-de–Seine.
Seulement, ce groupe d’études aurait pour but d’obtenir
une « labélisation » des termes
« scout » et « scoutisme
», une décision qui semble bien inquiétante.
Inquiétude reprise par François
Foucard sur Radio Notre-Dame. Le label scout exclurait
de fait toute référence religieuse et ne constitue
en aucun cas une solution. Est également dénoncée
ici la « société préservatif
» qui pousse les jeunes à « rester dans leurs
pantoufles ».
Chrétien dans la Cité
dénonce aussi cette « réglementation tatillonne
» qui dévoile des faits plus graves. Ainsi, partir
en camp serait impossible mais également passible de sanction,
les peines pouvant aller jusqu’à six mois de prison.
Les Scouts d’Europe ne sont pas neutres, et il est peut-être
envisagé d’aller camper en juillet sur le Champ-de-Mars.
Autre problème soulevé dans le
« Forum des Lecteurs » de Famille Chrétienne
n°1314 : « Les personnes bénévoles
qui jusque-là encadraient les camps scouts seront de moins
en moins enclines à continuer cette tâche, compte tenu
de la surcharge administrative à laquelle elles seraient
alors confrontées ».
Dans la revue du Réseau Baden Powell, ces
contraintes sont mentionnées : ainsi, le chef devra déclarer
deux mois à l’avance les activités qu’il
prévoit d’organiser, certains sports ou exercices devront
être encadrés par des moniteurs spécialisés,
les sanitaires en dur, la cuisine sur réchauds sont autant
de caractéristiques de cette réglementation. Les conséquences
néfastes d’une telle décision sont également
envisagées : la destruction du système des patrouilles,
de l’esprit d’initiative et de débrouillardise,
les scouts étant alors réduits « au rang
de consommateurs de loisirs ». On souligne aussi l’incohérence
des élus qui cherchent à renforcer l’esprit
de citoyenneté chez les jeunes mais qui, par ailleurs, paralysent
les mouvements scouts éducatifs.
Famille Chrétienne n°1314,
25 février 2003
Chronique de François Foucard sur Radio Notre-Dame,
3 mars 2003
Chrétiens dans la Cité, 15 mars 2003
Kim, revue du Réseau Baden Powell n°93, 1er
trimestre 2003

Pourquoi ?
Yves Portier nous interroge : « qui
veut la mort du scoutisme ? ». Celui-ci n’est
pas interdit en tant que tel mais il n’est pas reconnu légalement.
Pourtant il apparaît qu’il est profondément bénéfique
pour les jeunes, qu’il développe « une partie
importante des élites en France », qu’il
suscite un nombre important de vocations religieuses dans les Églises
françaises, qu’il « forme des citoyens exemplaires,
sains, heureux, utiles ».
Le Courrier Français, 29 mars
2003

Du côté du Sénat
Le scoutisme est abordé ici sous forme
de question orale. D’un côté, on souligne que
« les jeunes risquent d’être démobilisés
s’ils sont transformés en simples consommateurs de
loisirs » et on dénonce le « principe
de précaution » qui semble ici poussé à
l’extrême et empêche les jeunes de prendre des
initiatives. De l’autre, on répond que ces réglementations
sont là pour parfaire la fonction éducative des centres
de loisirs.
Compte-rendu de la séance du Sénat,
8 avril 2003

Et qu’en disent les Scouts de France ?
Laurent Grzybowsky, journaliste de La Vie
semble s’accorder avec le commissaire général-adjoint
des Scouts de France, Étienne Pere pour affirmer que les
dispositions générales du 17 juillet 2001, qui devraient
être appliquées au scoutisme, permettent « d’améliorer
la sécurité des mineurs […] tout en préservant
la spécificité de notre pédagogie ».
« La réglementation
nous convient » explique Dominique Girard, président
de la Fédération du Scoutisme Français dans
Le Monde du 22 février 2003, « un bon
compromis a été trouvé » poursuit
Étienne Pere.
Dans un interview de Claude Morael rapporté
par Solenn de Royer, journaliste de La Croix, le commissaire
général des Scouts de France répond que la
loi de Marie–Georges Buffet ne constitue pas un réel
danger pour le scoutisme et assure au contraire une meilleure sécurité
dans les camps. Les dispositions les plus gênantes tel que
le décret faisant passer l’âge des responsables
de 19 ans à 21 ans ont été modifiées
pour cette année.
NDLR : En revanche, il nous semble que cette réglementation
sera moins garante d’une meilleure sécurité
qu’elle altérera les spécificités de
notre scoutisme. La position beaucoup plus ferme des Scouts d’Europe,
qui dénoncent l’incohérence d’un gouvernement
qui prône l’engagement des jeunes et les empêche
de s’investir dans le scoutisme, nous paraît donc tout
à fait appropriée.
La Vie, du 27
février au 5 mars 2003
Décryptage, 31 mars 2003
La Croix, 28 mars 2003
La Croix, 2 mai 2003

Le point sur la nouvelle réglementation
Les nouvelles dispositions qui doivent entrer
en vigueur suite à la loi de Marie-George Buffet, abrogeant
l’arrêté de 1998 qui préservait la spécificité
scoute, constituent nombre de contraintes pour le bon déroulement
des camps scouts.
Ainsi, Marie-Noëlle Coevoet, commissaire
générale des guides d’Europe, relate dans un
entretien avec l’Écho de l’Ouest que
la nouvelle loi reporte l’âge des chefs de camp de 19
à 21 ans et que la surcharge administrative oblige les chefs
scouts à déclarer leurs activités deux mois
avant, toute contravention à cette procédure pouvant
entraîner une peine de six mois de prison ou une amende de
3750 euros. Cela semble masquer une volonté du gouvernement
de se protéger face aux éventuels accidents qui pourraient
survenir, bien qu’il n’y en ait pas eu cet été.
De la même façon, Alexis Caille,
journaliste de l’Express montre que les chaînes
du froid et les normes d’hygiène drastiques des lieux
de camp devront être scrupuleusement respectées tandis
que l’animateur à l’équipe départementale
des Scouts de France interrogé par Ouest France
explique que cet excès risque de décourager les jeunes
chefs et de détruire le bénévolat.
Au-delà de cette réglementation,
cette situation nous amène à réfléchir
sur la philosophie du risque par rapport à la sécurité
comme l’expose Charles Rambaud dans Permanences.
Permanences 400, mars 2003
L’Express, 17 avril 2003
Ouest France, 7 mai 2003
L’Echo de l’Ouest, 16 mai 2003
Ouest France, 21 juillet 2003
Télé-Loisirs

Mais les spécificités scoutes sont revendiquées…
… tant par les mouvements eux-mêmes que par François
Goulard, député UMP du Morbihan qui montre que ces
« dispositions contreviennent à l’esprit
du scoutisme français », celui-ci étant
décrit comme « un mouvement éducatif à
part entière, fondé sur un projet original et épanouissant
».
Valeurs actuelles, 18 avril 2003
L’Homme Nouveau, 4 mai 2003

Quels résultats pour la Conférence Française
du Scoutisme ?
Le scoutisme a été reconnu à
travers une instruction du 23 janvier 2003 qui permet à nouveau
aux activités de se dérouler normalement, et à
travers l’arrêté du 21 mars 2003 qui abaisse
l’âge des encadrants de 21 à 19 ans. Monsieur
Luc Ferry, ministre de la Jeunesse, de l’Éducation
Nationale et de la Recherche a reçu le 24 avril les dix associations
de scoutisme agréées. Les camps d’été
sont donc assurés et la nouvelle réglementation aura
un rôle d’accompagnement et de cadre pour les activités
plutôt que d’en être une entrave, comme le souligne
Fabienne Van Wymeersch, journaliste de la République
du Centre. Les diplômes délivrés par les
associations agréées sont également reconnus
comme diplômes permettant d’exercer des fonctions d’animation.
Les mouvements scouts se sont déclarés
satisfaits par ces aménagements mais n’en déplorent
pas moins le vide juridique qui semble encore caractériser
la situation, selon l’analyse de Bénédicte Foucher,
journaliste de La Croix. C’est ainsi que la Revue
du Réseau Baden Powell souligne que les dérogations
figurent seulement sur une brochure intitulée « Activités
du scoutisme et protection des mineurs », ce qui ne constitue
en aucun cas un texte de loi. Elle nous amène aussi à
nous interroger sur le statut des associations non agréées
qui se comptent par dizaines.
À cela, Sandrine Chauvin, journaliste
de Pèlerin Magazine, répond qu’il ne
faut pas occulter la chute drastique des effectifs de tous les mouvements,
qui doit rester au centre des préoccupations des différentes
associations.
Communiqué de Presse du Ministère
de la Jeunesse, 24 avril 2003
Communiqué de Presse de la Conférence Française
du Scoutisme, 30 avril 2003
République du Centre, 5 mai 2003
Famille Chrétienne n°1321, du 10 au 16 mai 2003
Tourisme et Droit, mai 2003
KIM Revue du Réseau Baden Powell n°94, 2e trimestre
2003
La Croix, 29 juillet 2003
Le Journal des Professionnels de l’Enfance, juillet/août
2003
Pèlerin Magazine n° 6296, 1er août 2003
La Tribune, 20 août 2003
Le Progrès, 20 août 2003

Un groupe d’études sur le scoutisme poursuit son
travail
Monsieur Luc Ferry a été auditionné
le 30 avril par le Groupe d’études sur le scoutisme,
présidé par Pierre-Christophe Baguet, député
UDF des Hauts-de-Seine. Le ministre de la Jeunesse a reconnu que
le décret de mai 2002 « portait gravement atteinte
au scoutisme » et qu’il « n’a qu’un
caractère provisoire ». Il a alors proposé
une cellule de veille à son cabinet pendant l’été
pour assister les responsables scouts face à l’insuffisance
des textes juridiques sur le scoutisme.
Pierre-Christophe Baguet, interrogé par
Le Figaro, exprime son rejet de cette « bureaucratie
» et en particulier « des sanctions qui l’accompagnent
», il rappelle ainsi la nécessité de l’apprentissage
du risque dans la pédagogie éducative du scoutisme.
« Le scoutisme est une excellente école de responsabilité,
d’initiative, de générosité »
explique-t-il dans un entretien avec Philippe Maxence, journaliste
de L’Homme Nouveau, dénonçant par là-même
que cette hyper-réglementation, qui prétend prévenir
les risques masque en fait un manque de confiance profond, voire
une idéologie.
Le but du Groupe d’études est maintenant
de rédiger un nouveau décret en collaboration avec
le gouvernement et les différentes associations de scoutisme
pour le 31 décembre 2003. Celui-ci prendra en compte les
particularités des camps scouts afin de pallier au vide juridique
auquel s’expose le scoutisme. L’idée d’un
label scout reste toujours en suspens et ne satisfait pas la Conférence
Française de Scoutisme qui préférerait une
instance nationale représentant les associations agréées.
Démocratie Info n°79,
15 avril 2003
Le Figaro, 25 avril 2003
Audition de Monsieur Luc FERRY par le Groupe d’études
sur le scoutisme,
30 avril 2003
L’Homme Nouveau n°1302, 18 mai 2003
La Nef n°139, juin 2003
Revue de Presse de Famille Chrétienne, du 9 au 15
août 2003

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