|


3.1 L'organisation générale
Membre de l'Union Internationale des Guides et Scouts d'Europe
(U.I.G.S.E.), l'association française des Guides et Scouts
d'Europe est subdivisée en cinq échelons :
- National
- Province
- District
- Groupe
- Unité
Dans l'idéal, le groupe est composé de deux
unités : une troupe et une meute chez les garçons
ou une compagnie et une clairière chez les filles. Les unités
aînées (clan et feu d’équipier(e)s pilotes)
se regroupent généralement au niveau du district.
3.1.1 La hiérarchie
du mouvement, une hiérarchie de serviteurs
L'AGSE est un mouvement de jeunes, encadrés
par des adultes, dont le rôle est de laisser les jeunes jouer
en toute sécurité le jeu scout dans un espace de liberté.
Les cadres adultes déterminent les règles de fonctionnement
des unités, veillent au respect des règles pédagogiques
et de la réglementation en vigueur.
Placée au service des unités,
la hiérarchie fournit un cadre d'animation et de formation
qui stimule la réflexion pédagogique et favorise l'enrichissement
de la méthode scoute. Elle permet également la constitution
d'équipes spécialisées (scouts marins, nautiques,
alpins) et de haute technicité (expression, animation, secourisme,
froissartage, multimédia…) qui participent au rayonnement
du mouvement.
La hiérarchie structure le mouvement
et assure son homogénéité. Elle favorise ainsi
son unité dans un esprit fraternel par la constitution d'équipes
à tous les niveaux de responsabilité.
3.1.2 Principes d'action
Ce fonctionnement fraternel est basé
sur l'acceptation et la transmission d'instructions. Ce fonctionnement
est illustré par le « Toujours prêt »
qui marque l'acceptation de l'autorité, très différent
du « garde à vous » qui marque la soumission
à l'autorité.
Trois éléments doivent être
présents dans l'esprit des chefs et cheftaines responsables,
quel que soit leur niveau de responsabilité (du CP aux commissaires
généraux) :
- Le premier est que le système ne fonctionne que dans
la confiance, la loyauté et la charité : l'investiture
du chef ou de la cheftaine est l'expression solennelle de la confiance
échangée entre le mouvement et l'éducateur
acceptant la responsabilité qui lui est confiée.
- Le second est que soit utilisée pleinement et honnêtement
la pédagogie des conseils sans laquelle il ne peut y avoir
de pratique vraie du scoutisme.
À chaque échelon du mouvement (unité,
groupe, district, province, national), le chef responsable exerce
son autorité dans le cadre d'un conseil qui est la réunion
du chef et de ses subordonnés directs.
Ainsi le Conseil de groupe se compose du chef de groupe, du conseiller
religieux et des chefs d'unité ; il est courant, et naturel,
d'y inviter les assistants.
- Aucune décision importante concernant la vie de
l'échelon ne peut être prise en dehors du conseil.
- Le responsable du conseil porte la responsabilité
de la décision et de son application.
- La règle du conseil est la
loi scoute. Confiance, loyauté, fraternité
et joie scoute guident chaque intervention.
Le Conseil de groupe est le moyen privilégié
d'éducation des jeunes chefs à la réflexion
et à la décision dans le cadre de leur service.
Ce fonctionnement par « conseil » conduit
aussi la vie des unités. Il est le lieu privilégié
d'éducation des enfants :
- le Rocher du conseil ;
- le Conseil de patrouille et la Cour d'honneur ;
- le Conseil d'équipe, de clan ou de feu.
- Le troisième est que l'autorité conférée
doit être utilisée pour assumer ses responsabilités,
non pour se mettre en valeur et satisfaire son ego.
École de respect, le scoutisme pratique le principe
de subsidiarité. Il laisse donc au premier échelon
possible, dont le jeune lui-même, la responsabilité
des actions qu'il est capable d'assumer. En application de ce principe,
le scoutisme invite les responsables à « servir
les échelons subordonnés et en aucun cas à
se substituer à eux dans la tâche qui leur a été
confiée » (1).
La délégation de l'autorité à
des adjoints ou à des assistants doit être pratiquée
autant que possible par le responsable hiérarchique qui ne
se démet pas pour autant de sa responsabilité ; il
reste un recours éventuel pour ses subordonnés et
garde le droit et le devoir de contrôle.
En cas de carence, la fonction dépourvue de titulaire
est assurée d'office par l'échelon supérieur.

3.1.3 Organisation
Notre mouvement scout s’organisé ainsi :
Le National
- Le conseil d'administration, élu par l'assemblée
générale, conduit l'association. Il élit
les commissaires généraux et le président.
Le président représente l'association auprès
des autorités civiles, assure la conformité de la
vie du mouvement aux statuts et
au règlement intérieur, et contrôle sa gestion.
- Chaque section (scoute ou guide) est dirigée
par un(e) commissaire général(e), aidé(e)
de son équipe. Les commissaires généraux
conduisent les grandes orientations pédagogiques et les
choix essentiels du mouvement ; ils sont responsables de la formation.
- Par délégation des commissaires généraux,
les commissaires nationaux de branche (route ou feu, éclaireurs
ou éclaireuses, louvetisme) conduisent les orientations
définies, animent la pédagogie de la tranche d'âge
concernée et la formation dispensée dans les camps-écoles
(1er, 2e et 3e degrés).
La Province (une région)
Les commissaires de province scout et guide, aidés
par les assistants du commissaire de province ou ACPr (branche louvetisme,
éclaireur ou éclaireuse, route ou feu), assurent le
développement du mouvement et mettent en place les moyens
nécessaires pour assurer la formation des chefs et cheftaines ;
ils assurent au niveau régional la représentation
du mouvement auprès des autorités civiles et religieuses
(région, diocèse). Les commissaires de province sont
également aidés par une équipe administrative
(trésorier, secrétaire, délégué
régional…).
Chaque commissaire de province, scout ou guide, anime sa
propre section.
Le District (généralement un département)
- Les commissaires de district, scout et guide, aidés
par leurs équipes respectives, ont pour mission l'animation
et le suivi du scoutisme local vécu dans chaque groupe.
- Les assistants du commissaire de district (ACD) louvetisme,
éclaireur ou éclaireuse, par délégation
du commissaire de district et des chef(taine)s de groupe, conseille
et soutient les chef(taine)s d'unité dans l'application
de la méthode. C'est la compétence pédagogique
de proximité, particulièrement destinée à
aider les nouveaux chefs. Ils donnent leur avis pédagogique
sur les programmes d'année et de camp, sur les choix de
chef(taine)s d'unités. Les assistants du commissaire de
district doivent rendre compte aux chef(taine)s de groupe et aux
commissaires de district de leurs interventions auprès
des unités.
- Le chef de clan pilote ou la cheftaine de feu pilote
dirigent l'unité regroupant notre 3e tranche d'âge.
Cette unité est généralement constituée
au niveau du District.
- Les commissaires de district animent l’inter-maîtrises,
composé de tous les chefs et cheftaines de groupes, chefs
et cheftaines d'unités, assistants et assistantes.
- Comme pour la province, une équipe technique
(trésorier, secrétaire, délégué
départemental…) assure les tâches administratives.
À chacun de ces échelons, les assistants pédagogiques
sont choisis en concertation avec le commissaire national de la
branche concernée. On ne peut imposer ses assistants à
un responsable. À l'inverse, un responsable doit impérativement
s'entourer d'assistants dont la compétence doit être
certifiée par les commissaires nationaux.
Le Groupe (généralement une ville)
Interlocuteurs privilégiés des parents, le
Chef de Groupe et la Cheftaine de Groupe sont des éducateurs
; ils sont les garants de la méthode pratiquée par
les unités de leur groupe. Adultes les plus proches des jeunes,
ils doivent être pour eux l'image vivante de l'idéal
scout (2). Ils veillent
à la formation de leurs chef(taines)s d'unité. Ils
portent un regard d'adulte sur l'organisation des activités,
s'assurent de la sécurité morale et physique des enfants
et du respect de la réglementation.
À chaque niveau de la structure décrite ci-dessus,
les équipes des sections scoute et guide travaillent en étroite
collaboration et ont un devoir de concertation l'une envers l'autre.
Chaque niveau de la hiérarchie détient l'autorité
pour organiser les activités à son échelon
(dans le cadre bien sûr des limites légales et pédagogiques).
Tous les chefs reçoivent leur mandat des commissaires
généraux, sur proposition des échelons intermédiaires.
L'harmonie dans ce système de responsabilité
est nécessaire. Elle dépend :
- de la bonne connaissance et du respect des rôles et des
responsabilités de chacun ;
- de la qualité du dialogue entre tous (pédagogie
des conseils - écoute bienveillante - loyauté et
confiance - bon sens) ;
- d'une juste vision commune de la mission d'éducateur
qui nous est confiée.

3.1.4 L'uniforme
Nous portons tous la même tenue, celle qui est décrite
dans le cérémonial officiel de notre mouvement. C'est
cette homogénéité vestimentaire qui permet
de parler de tenue uniforme ou plus simplement d'uniforme.
Le port d'un uniforme n'est pas spécifique aux Guides
et Scouts d'Europe. De nombreux corps constitués en sont
pourvus et de nombreuses associations ou organisations se revêtent
d'une tenue uniforme. D'autre mouvements scouts sont attachés
à cette pratique (notons le caractère « universel »
du foulard scout).
Ce recours à l'uniforme dans le scoutisme n'est
pas une démarche sans fondement, mais résulte d'un
certain nombre de considérations pédagogiques :
- Se reconnaître et se faire reconnaître comme
appartenant à une même communauté dont on
est fier et qui partage un même idéal : la communauté
de tous les scouts du monde, et plus spécifiquement celle
des Guides et Scouts d'Europe. L'effet de groupe, l'esprit de
corps ou d'équipe sont dans la nature humaine et constituent
l’un des attraits du scoutisme.
- S'identifier par le code officiel des insignes : région
- groupe ou localité - fonction - compétence.
- Aplanir les différences sociales (le scoutisme
est par essence un mouvement d'éducation populaire).
- Être adapté à la pratique du jeu
scout (solide - peu salissant - pas onéreux - discret).
Ces considérations ont pour conséquences :
- que l'uniforme étant la propriété de tous,
il doit être respecté par chacun. Si d'aucuns le
modifient (que se soit par retrait ou rajout) pour affirmer un
particularisme ou leur individualisme, ils trahissent la communauté.
Dans les institutions publiques, civiles ou militaires, un tel
travestissement est interdit et peut faire l'objet de sanctions.
Nous n'avons pas la même vocation qu'elles, et donc pas
d'arsenal de punitions. Notre seule arme contre cette déviance
est la confiance dans la loyauté de chacun, dans une discipline
librement acceptée, et le reproche fraternel quand cette
confiance n’a pas été honorée.
- que les Guides et Scouts d'Europe ne peuvent porter leur uniforme
que dans des activités organisées par le mouvement.
Cette règle de simple bon sens ne peut scandaliser que
ceux qui utiliseraient leur uniforme à des fins personnelles
(fins qui pourraient être honorables en elles-mêmes,
mais qui ne sont pas obligatoirement celles du mouvement). Une
telle attitude peut conduire à associer le mouvement à
des activités auxquelles il ne souhaite pas participer.
Trahir cette consigne est aussi du domaine de la déloyauté
et du manque de confiance. La hiérarchie serait coupable
si elle ne veillait pas à son strict respect.
- que, si le principe de l'uniforme doit être respecté
au fond, il ne faut pas pour autant s'en faire une idée
définitivement figée (imaginons le ridicule dans
lequel nous serions avec une telle attitude aujourd’hui, à
courir dans les bois avec nos perruques poudrées, s'il
y avait eu des scouts sous Louis XIV). Dans sa forme, il
a connu déjà des évolutions. De nouveaux
changements pourraient intervenir pour des raisons pédagogiques,
dans le respect des statuts de
l'association française et ceux de notre Union internationale,
non sous la pression médiatique ou pour céder aux
effets de mode.

3.1.5 Le cérémonial
Comme l'uniforme, c'est un élément important
qui cimente notre unité. Il doit donc être connu, appliqué
et respecté, d'autant qu'il est simple et beau.
Le cérémonial est un moyen éducatif
et non une fin en soi. Il a d'abord été conçu
pour les jeunes dont les structures mentales ne sont pas encore
fixées. Le cérémonial rythme les étapes
importantes de la vie scoute de l'enfant qui a souvent des difficultés
à se positionner dans un monde qui manque de repères
clairs,à sa mesure. Un petit livret regroupe tous nos usages
et fixe le déroulement de nos cérémonies. Il
est important pour la compréhension de l'enfant que ce rythme
et ces repères ne soient pas modifiés au gré
des interprétations de chacun.
Se soustraire à cette règle de stricte observance
ou la contourner est aussi du domaine de la déloyauté.
Les cérémonies organisées avec désinvolture,
ou avec une rigueur provocatrice, sont autant d'attitudes qui déconsidèrent
le mouvement ou le ridiculisent. Ces excès trahissent nos
traditions et sont autant de contresens éducatifs. Les chefs
et les commissaires doivent exercer leur autorité en cas
de « fantaisies » et intervenir « cérémonial
en main » dans une démarche qui se doit d'être
fraternelle et pédagogique, mais ferme.

3.1.6 La sécurité
La sécurité que nous devons garantir aux parents
est une des préoccupations principales des responsables du
mouvement. Mais il faut être lucide : comme toute activité
humaine le scoutisme comporte des risques qu'il faut connaître
pour mieux en minimiser les effets.
Ces risques sont liés à deux facteurs incontournables
dans la mesure où ils font partie intégrante de notre
méthode scoute :
- la vie dans la nature en condition précaire,
- les responsabilités, certes contrôlées,
mais réelles et directes données à des jeunes.
Pour minimiser ces risques en les réduisant à
l'imprévisible il faut :
- Connaître les règlements en vigueur et les règles
de sécurité
- Avoir des chefs et cheftaines bien formés
- Exercer un contrôle précis et rigoureux sur les
activités
- Les activités pendant l’année
- Le grand camp
- Le déroulement des activités
Connaître les règlements en vigueur et les règles
de sécurité
Nous les avons réunis dans un « livret
de sécurité » de plus de cinquante pages
largement diffusé dans le mouvement.
Avoir des cheftaines et des chefs bien formés
Cette formation est assurée sur le plan de l'esprit
scout, de la méthode et de la technique par des camps-écoles
que notre association organise directement. Le sérieux avec
lequel notre mouvement adresse ce sujet de la formation est incontestable.
Ces camps-écoles propres à chaque branche comportent
trois niveaux de progression :
- le premier degré vise à former les assistant(e)s
d'unité,
- le second degré les chef(taine)s d'unités,
- le troisième degré les formateurs et les responsables
pédagogiques.
Les camps-écoles sont dirigés par des
responsables portant le titre de Mestres de camp, tous titulaires
du troisième degré de formation.
Cette formation spécifique est organisée par
notre association, au titre de l'agrément du ministère
de la Jeunesse et des Sports (3)
dont nous bénéficions. Cet agrément nous permet
de former nos cadres et d'organiser les séjours (camps) selon
les règles dérogatoires au scoutisme pour les associations
agréées (4).
Nous délivrons ainsi nos propres diplômes de formation
sous notre responsabilité ; ceux-ci permettent l'encadrement
d'enfants et de jeunes à l'intérieur de notre association
(5).
En 2001, notre association a assuré la formation
de 1 007 stagiaires, ce qui représente, uniquement dans le
cadre de ces camps-écoles, près de 8 000 journées
de formation organisées par des chefs issus du mouvement,
tous bénévoles. (6)
Les chefs qui organisent des activités spécifiques
(mer, rivière, montagne) doivent être titulaires des
qualifications prévues par la réglementation en vigueur.
Toutefois, nous défendons la position qui consiste à
dire que les qualifications uniquement sportives ne sont pas adaptées
à la pédagogie scoute et à la pratique des
scoutismes spécialisés, et qu'elles peuvent même
être dangereuses si elles ne prennent pas en compte la spécificité
du scoutisme. Il faut également conduire nos jeunes responsables
d'unités à une maturité adulte, puisque les
responsabilités qu'ils prennent face à Dieu et aux
hommes sont indiscutablement celles d'adultes.
L'inter-maîtrises (réunion de tous les chefs
et cheftaines d'une unité, d'un district ou d'une province)
est le cadre où doivent s'effectuer cette formation et cette
prise de conscience. Il faut que les responsables adultes (chefs
de groupes et commissaires) considèrent cet aspect de leur
mission comme prioritaire. En cas d'inadaptation du chef à
sa tâche, il est de leur responsabilité d’apprécier
la situation, non pas en fonction de l'amitié fraternelle
qu'ils portent à leurs jeunes maîtrises, mais en fonction
des responsabilités qu'ils leur confient et de leur capacité
à les assumer.
La formation des responsables adultes est également
nécessaire. La bonne connaissance du jeune, des problèmes
du jeune dans la société, de l'apport de la pédagogie
scoute, du rôle de l'adulte dans cette pédagogie et
bien entendu des règlements en vigueur sont absolument nécessaires.
La bonne volonté de « parents dévoués »
ne suffit pas. Il est obligatoire que tous participent aux sessions
de formation qui sont proposées : Stage d'Entraînement
National des hautes Maîtrises et des COmmissaires (SENAMCO).
Le premier degré s'adresse aux chefs de groupe, le second
degré aux commissaires.
Exercer un contrôle précis et rigoureux sur
les activités.
Les activités des unités sont organisées
par les chefs d'unité. Mais elles doivent être contrôlées
par les chefs de groupe et les commissaires qui engagent leur responsabilité
morale, mais aussi juridique.
- Les activités pendant l'année :
Ce contrôle de proximité doit s'exercer pour
toutes les activités en cours d'année, plus particulièrement
sur les week-ends et petits camps non soumis à déclaration,
sur les explorations, sur les raids (Longues Pistes et Raids de
Classe). Le contrôle de ces activités est important
car il est le seul qui sera exercé. Il s'agit bien entendu
de ne pas troubler le jeu par une présence intempestive,
mais de connaître et surveiller son déroulement dans
ses différentes étapes : conception, préparation,
exécution et, enfin, analyse et conclusion.
- Le grand camp
Il constitue l'aboutissement de l'année scoute.
La préparation
Pour chacune des tranches d’âge concernées,
la préparation du camp est effectuée par le chef de
camp (chef d’unité) et ses assistants. À l'âge
éclaireur, les chefs de patrouille sont associés à
cette préparation. Elle est matérialisée par
un document (dossier de camp). Ce document comporte un volet signalétique
et un volet pédagogique. Il est contrôlé par
l'autorité hiérarchique et pédagogique qui
apporte ses conseils et ses recommandations et, lorsque c'est nécessaire,
prononce une interdiction partielle ou totale de l'activité.
Les déclarations
Deux déclarations doivent être faites : l'une
auprès de l'association des Guides et Scouts d'Europe, l'autre
auprès de la Direction Départementale de la Jeunesse
et des Sports.
- L'organisateur (directeur ou chef de camp) est le chef d'unité.
- Le responsable (déclarant) est le chef de groupe.
La qualité de chef de camp est attestée par
la licence de chef de camp délivrée par les commissaires
généraux, qui prennent avis de la hiérarchie
(appréciation générale : maturité, moralité,
capacité, esprit scout), se fondent sur le contrôle
continu et l'assiduité à la formation, et l’avis des
commissaires nationaux concernés (appréciation pédagogique
essentiellement, tenant compte de l'avis des mestres de camps-écoles).
Les autorisations de camper de l'AGSE sont délivrées
par les commissaires de district nommés, après avis
pédagogique de leurs assistants ou d'un expert désigné
par les commissaires nationaux. Par leur décision, ils engagent
leur responsabilité.
L'autorisation Jeunesse et Sports est indépendante
et complémentaire de la précédente. Elle est
demandée lorsque l'autorisation AGSE a été
obtenue. Cette procédure a comme fondement légal l'agrément
qui nous est donné par l'autorité de tutelle (responsabilité
de former nous-mêmes nos cadres et d'encadrer nos activités),
et comme fondement encore plus impératif : la loyauté.
- Le contrôle du déroulement des activités
Les camps peuvent faire l'objet de visites par un membre
habilité de la hiérarchie locale (ou nationale, si
nécessaire), qui fera les remarques nécessaires sur
la tenue du camp et rédigera un rapport adressé à
la hiérarchie. L'organisation de ces visites de camp est
placée sous la responsabilité du commissaire de la
province d'accueil.
En outre, tout camp peut être contrôlé
par les autorités administratives (Inspecteurs de la Jeunesse
et Sports, de la DDASS…) et nul ne peut se soustraire à
ces contrôles.

3.1.7 Les pratiques inadmissibles
Si le scoutisme est une école de caractère
et un espace de liberté, il ne peut devenir le lieu où
s'expriment tous les individualismes au mépris des règles
communes et des consignes données. Or, il pourrait exister,
à l'intérieur de notre association, le désir
d’introduire, d’exercer ou de restaurer des pratiques marginales
que nous interdisons au nom de la prudence, qui sont contraires
à la raison pédagogique ou aux obligations légales.
Nous réitérons ici très solennellement ces
interdictions. Il en est ainsi en particulier :
De la pratique de « cérémonies »
de totémisation et du bizutage.
Compte tenu des risques de dérives des « cérémonies »
de totémisation (brutalité - vexation - paganisme
- secret) et même si les pratiques extrêmes sont rares,
le mouvement les a interdites depuis de nombreuses années.
À tous ceux, fussent-ils adultes, qui défendent ces
pratiques au nom d'une tradition, il faut rappeler que ce « jeu »
n'est pas fondamentalement essentiel à la pratique de notre
pédagogie ; par plusieurs de ses aspects, il est en contradiction
avec les valeurs de notre scoutisme. Il a par ailleurs des potentialités
de dangerosité physique et morale suffisamment importantes
pour qu'on ne l'autorise pas, aussi bien pour protéger les
« totémisés » que les « totémisateurs »,
qui peuvent désormais faire l'objet de sanctions pénales.
Il est important que les adultes prennent conscience de ce problème,
y compris les parents, qui soutiendraient ces pratiques.
De la constitution de réseaux occultes.
Les associations de scoutisme sont sillonnées
par certains réseaux, plus ou moins secrets, qui voudraient
s'y développer en se ramifiant souvent d'un mouvement à
l'autre. Sous le prétexte du jeu, du secret, du romantisme,
d'affirmation d'une conviction, de défense exacerbée
d'une tradition, ils expriment surtout une faiblesse de caractère
et un manque de discernement. Ce phénomène peut s'amplifier
naturellement en période de crise. Nous avons ainsi cru pouvoir
détecter :
- Un « réseau de totémisation »
;
- Les « foulards de sang » ;
- Les « clans de France »,… et certainement
d'autres…
Bien que ces phénomènes atypiques et limités
soient, Dieu merci, très marginaux, nous ne pouvons pas en
tant que responsables de jeunes, les tolérer. Ce sont autant
de portes ouvertes non contrôlées qui peuvent servir
d'entrée à des dérives graves ou sectaires.
Qu'il soit clairement entendu qu'appartenir à, et à
fortiori animer, de tels réseaux ne peut être considéré
que comme une déloyauté majeure et contraire à
la méthode originale de Baden-Powell, sa pratique et son
esprit.
Le jeu scout est suffisamment riche pour qui veut le jouer
à fond, pour qu'il ne soit pas nécessaire d'y ajouter
ces pratiques douteuses.

3.1.8 Agressions, pédophilie, malversations.
Ces situations se réfèrent au domaine de la
morale humaine et de l'honnêteté.
Positions du mouvement :
- Dans les situations de ce type (si les faits sont avérés),
la chose est claire : le mouvement ne peut pas tolérer
de tels agissements. La difficulté n'est donc pas dans
la décision, mais dans l'action, toujours désagréable,
de signifier aux gens qu'ils ont failli à l'honneur et
porté atteinte à la sécurité morale
et/ou physique d'autrui.
- En ce qui concerne plus précisément les
cas de maltraitance ou d'agression sexuelle dont sont victimes
les mineurs, ils doivent être signalés à la
justice. L'appréciation de ces situations rares est souvent
délicate et nécessite de s'appuyer sur l'avis et
le conseil des responsables hiérarchiques. Les cadres du
mouvement, comme les parents, doivent contacter le Centre National
qui les mettra en rapport avec les personnes qui peuvent les conseiller.
Les parents doivent être informés des démarches
effectuées.
3.1.9 Les situations délicates
Elles se réfèrent à des situations
de vie en désaccord avec les préceptes de l'Église
: désordres matrimoniaux - concubinage.
Sur le terrain, les responsables adultes sont rarement
confrontés à des situations difficiles. Mais si cela
survennait, ils doivent intervenir en tant qu'éducateurs,
même si cela leur coûte beaucoup. Il ne s'agit pas de
donner des protocoles généraux d'action. Chaque cas
doit être abordé de façon particulière.
Pour aider ces chefs, il semble cependant utile de donner les positions
de principe du mouvement et quelques règles générales
de conduite.
Positions du mouvement
- Dans cette situation, c'est au niveau de la décision
concernant les personnes faisant partie du mouvement que l'affaire
est délicate. Le mouvement, puisqu'il est catholique, prend
bien entendu pour principes de base ceux de l'Église et,
comme elle, nous devons tenir compte des situations particulières
(7).
- Ceci étant dit, si chacun doit pouvoir aider
selon les besoins, selon ses disponibilités et selon ses
compétences, les responsabilités pédagogiques
ne sauraient être confiées qu'à des hommes
et des femmes dont la situation de vie est, et reste, en accord
avec les préceptes de l'Église (8).

3.1.10 Quelques règles générales
- Bien vérifier les sources d'information, tout
en restant « discret » dans l'enquête.
Il faut savoir garder son sang-froid et son libre arbitre. Refuser
de rentrer dans le jeu des ragots.
- Se faire aider dans sa réflexion et ses prises
de décisions par quelques autres, pas forcément
scouts, mais réputés pour leur sagesse et leur discrétion
(penser en particulier aux prêtres qui de par leur ministère
ont une bonne expérience de ces cas difficiles).
- Avoir une véritable démarche de charité
: nous ne sommes ni juges ni encore moins bourreaux.
- Se placer sous l'angle de l'éducateur en essayant
d'apprécier l'impact de la situation sur les enfants et
les jeunes qui nous sont confiés.
- Ne pas laisser « pourrir » une
situation.
- Être ferme dans la décision, direct et
franc (ce qui ne veut pas dire brutal) dans sa transmission.

3.2
La place des parents dans notre mouvement de
scoutisme.
Les parents font confiance au mouvement en lui confiant
leur enfant ; mais le mouvement a besoin de leur soutien et de leur
présence tout au long de la vie scoute.
3.2.1 Les parents et la vie des unités
Les parents doivent être régulièrement
associés à la vie des unités dans lesquelles
sont inscrits leurs enfants : les réunions régulières
de parents permettent de connaître les chefs et cheftaines,
d'être informés des projets d'activités, mais
aussi de faire connaître leur point de vue sur le fonctionnement
de l'unité et de proposer leurs services sur le plan matériel
et logistique, en fonction de leurs disponibilités.
Cette aide est précieuse en tant que telle, mais
aussi en tant que signe d'adhésion au mouvement et d'amitié
pour les chefs. Ils doivent se garder toutefois de toute ingérence
dans le fonctionnement pédagogique des unités.
Les fêtes de groupe sont des moments de rencontre
et contribuent à créer un climat d'amitié entre
les chef(taine)s et les parents, entre les parents eux-mêmes.
Dans beaucoup de groupes ont été créées
des « Associations de parents et amis du scoutisme européen ».
Bien que ces associations soient indépendantes du mouvement,
leur existence ne se justifie que pour soutenir le mouvement à
l'échelon local.
Elles fonctionnent selon des statuts-types définis
au niveau national. Ceux-ci prévoient notamment que :
- l'association a pour but d'apporter un soutien matériel
et moral aux Guides et Scouts d'Europe d'un groupe ou d'une ville
;
- les parents ou amis membres sont nécessairement en plein
accord avec la proposition éducative et les textes fondamentaux
du mouvement ;
- l'association s'engage de façon formelle à n'intervenir
en aucun cas et sous aucune forme que ce soit dans le fonctionnement
des unités ou des groupes ; elle ne peut être considérée
comme le porte-parole du mouvement et ne possède aucune
prérogative pour le représenter en quelque occasion
que ce soit ;
- le chef/la cheftaine de groupe ou le/la commissaire de district
en est le/la vice-président(e) de plein droit ; les chef(taine)s,
assistant(e)s et conseillers religieux en activité, sont
également membres de droit.

3.2.2 Les parents et la progression des
enfants
Des contacts individuels entre les chefs et les parents
sont nécessaires pour faire le point de la progression de
chaque enfant. Une bonne communication est indispensable pour que
le scoutisme produise pleinement ses fruits dans la vie de chaque
jeune. Il arrive souvent, notamment à l'adolescence, que
le jeune s'épanouisse dans sa patrouille alors qu'il se trouve
en difficulté dans sa famille. Les parents doivent s'appuyer
complètement sur le scoutisme, comme lieu d'épanouissement
de leur enfant. Ils doivent notamment faciliter sa participation
aux activités.

3.3 La place des clercs dans notre mouvement de
scoutisme
L'AGSE est une association de laïcs ayant pour finalité
l'éducation humaine et chrétienne de garçons
et de filles. Il lui est indispensable, pour atteindre cet objectif,
de bénéficier du ministère de prêtres
ou de pasteurs pour animer, en collaboration avec les chefs, la
vie spirituelle et liturgique des unités.
Les conseillers religieux (CR) sont les prêtres et
pasteurs qui acceptent un tel ministère auprès des
unités et des équipes de chefs. Ils font partie intégrante
de la maîtrise et sont invités à toutes les
réunions de celle-ci ; le programme d'activités est
établi en commun avec eux, pour faciliter leur participation.
Le conseiller religieux est choisi par le/la chef(taine) de groupe
en accord avec le/la commissaire de district. Seul peut être
choisi un prêtre en communion avec l'évêque du
lieu et autorisé par lui.
Les conseillers religieux doivent s'efforcer de connaître
les textes fondamentaux, le cérémonial et d'approfondir
leur connaissance de la méthode scoute, de façon à
tenir compte, dans leur pastorale, des spécificités
du scoutisme pratiqué par les Guides et Scouts d'Europe.
Ils doivent veiller à ne pas se substituer aux chefs laïcs.
Ce qui importe avant tout, c'est qu'une véritable relation
de confiance et une collaboration fraternelle s'instaurent entre
le conseiller religieux et la maîtrise de l'unité.
Les conseillers religieux exercent leur ministère
auprès d'une maîtrise d'unité ou de l'équipe
d'un échelon territorial, sans aucune subordination hiérarchique
entre eux. L'implantation des groupes dans les paroisses est toujours
souhaitable. Dans ce cas, il est recommandé, chaque fois
que c'est possible, de demander au curé de la paroisse ou
à l'un de ses vicaires d'exercer ce ministère.
|