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  Nos relations avec le monde
Ouverture et lucidité
     
 

Le Livre Blanc des Guides et Scouts d'EuropeUn mouvement de guidisme et de scoutisme a pour mission de s’ouvrir, avec enthousiasme, au monde. Cette tâche n’est pas aisée, dans un monde renfermé sur lui-même et peu accueillant.

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puce 4.1 Scoutisme et société

Le fondateur du scoutisme (1) a développé son mouvement précisément dans le but d’aider la jeunesse, et plus particulièrement celle qui était en difficulté. Si l’on se réfère directement à lui pour la méthode, il serait malhonnête de ne pas tenir compte de la finalité qui l’a motivé.

Notre mouvement a terminé son temps de fondation et de construction. Le voilà adulte et solide. Son objectif n’est pas seulement de maintenir et de sauvegarder la méthode scoute. Parce qu’il croit en sa richesse, en sa modernité, en sa pertinence, le mouvement a le devoir de proposer la méthode scoute aux jeunes d’aujourd’hui. Le scoutisme est une chance pour les jeunes. Le mouvement multipliera les contacts et les initiatives pour faire connaître sa proposition éducative spécifique.

Le mouvement considère qu’il peut aussi rendre service au-delà du strict domaine de sa mission éducative. Pas plus que nous ne revendiquons la tradition pour elle-même, nous ne devons nous orienter vers le tout social au nom du politiquement correct. Si nous nous ouvrons au monde environnant, c’est avec notre personnalité et avec la volonté d’aller vers l’Homme dans notre domaine de compétence. Notre vocation n’est pas de mettre en place des systèmes sociaux ou de proposer des projets alternatifs de société.

Baden-Powell définissait le scoutisme comme le « civisme à l’école des bois ». Par ses activités, le scoutisme apprend aux jeunes à devenir des citoyens de demain, à être capables de prendre des responsabilités. Dès l’enfance et l’adolescence, il éveille les jeunes aux besoins de la société et leur fait découvrir qu’ils peuvent y jouer un rôle concret et utile. C’est le sens des différents « services » organisés dans le cadre même des activités. En voici quelques exemples de réalisation : animation d’après-midi et de soirées dans des maisons de retraite, des hôpitaux d’enfants, quête pour les lépreux, participation à de grandes opérations caritatives ou humanitaires, nettoyage de rivières et de plages après une marée noire, déblaiement de dégâts causés par la tempête de décembre 1999, opérations de reboisement. Le service des autres est au cœur de la vie scoute.

En outre, nous avons décidé de proposer plus précisément nos services dans deux domaines particuliers :

  • l’opération Grand Large 
  • la proposition du scoutisme aux handicapés

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4.1.1 L’Opération Grand Large

Lancée en 1993 (2), l’Opération Grand Large s’oriente vers le « handicap social ». Il s’agit de proposer en périphérie du mouvement des activités éducatives inspirées de la méthode scoute à des jeunes en difficulté, dont l’intégration directe dans des unités classiques serait difficile, pour ne pas dire impossible.

Dès 1994, des chefs des Guides et Scouts d’Europe ont pu effectuer un Service National Ville au services des quartiers en difficultés, en lien avec le mouvement. En 1996, c’est déjà un millier de jeunes qui ont été accueillis dans les actions Grand Large. En 1998, nous faisions le constat que les résultats étaient en « demi-teinte » malgré nos efforts, à cause du désintérêt des pouvoirs publics aux efforts que nous soutenions dans ce domaine (3). Nous avons la conviction que le scoutisme, ou tout au moins certains éléments du scoutisme, pourront répondre aux difficultés rencontrées par certains jeunes. Aussi, cette mission reste un axe majeur que le mouvement se fixe :

  • Dynamiser cette opération Grand Large est une priorité pour les années 2000 et suivantes.

« Grand Large » est conduit par des chefs expérimentés et disponibles, capable d’appréhender des situations complexes. En effet, un tel service ne peut pas généralement être assuré par des jeunes adultes déjà en charge d’une unité de scoutisme. Une grande maturité est requise pour encadrer de telles actions ; une culture religieuse étendue est nécessaire compte tenu de la diversité des choix religieux des familles et des enfants concernés.

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4.1.2 Scoutisme et handicap physique sont compatibles

Scoutisme et handicap physique sont compatibles. De nombreuses initiatives individuelles ou locales méritent d’être connues, reconnues et doivent être soutenues moralement et matériellement. Nous voulons particulièrement mentionner ici le formidable travail réalisé par les compagnies de guides « en fauteuil » de Versailles et de Paris.

Il est tout à fait possible de proposer le jeu scout à beaucoup de jeunes handicapés, moyennant quelques adaptations, et d’offrir ainsi à ces garçons ou à ces filles de participer eux aussi pleinement et à leur mesure à l’aventure. Ils y trouvent souvent un épanouissement considérable.

Si la générosité et l’enthousiasme sont nécessaires, ils ne sont pas suffisants. Le développement de l’accueil de jeunes handicapés nécessite des moyens appropriés, une information adaptée, et parfois une formation particulière. L’accueil de handicapés est toujours une occasion d’ouvrir le cœur et d’éduquer à la différence. Celui ou celle qui sont accueillis édifient le jeune qui, de lui-même n’oserait pas s’approcher, ne sachant pas comment aborder l’autre tout simplement. Ce qui semble de prime abord un fossé est rapidement franchi par le jeube encouragé dans cette démarche.

Oser faire cette proposition, de façon déterminée, est également une priorité pour les années 2000 et suivantes.

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puce 4.2 Relations avec les autres mouvements de scoutisme

4.2.1 Rappel de situation à ce jour

Il existe en France trois « classes » d’associations de scoutisme :

  • Les six associations qui constituent la Fédération du Scoutisme Français : les Scouts de France, les Guides de France, les Éclaireuses et Éclaireurs de France, les Éclaireuses et Éclaireurs Unionistes de France, les Éclaireuses et Éclaireurs Israélites de France, les Scouts Musulmans de France.
     
    La Fédération du Scoutisme Français adhère à l’Organisation Mondiale du Mouvement Scout (OMMS) ou à l’Association Mondiale des Guides et Éclaireuses (AMGE).
     
    Ces six associations sont agréées par le Ministère de la Jeunesse et des Sports ; elles bénéficient en outre de l’habilitation générale : la formation délivrée par ces associations de scoutisme donne lieu à la délivrance de diplômes d’état (BAFA/BAFD).
     
    Enfin, elles reçoivent des subventions de l’État. (4)
     
  • Les quatre autres associations agréées qui bénéficient d’un agrément du Ministère de la Jeunesse et Sports : les Éclaireurs Neutres de France, la Fédération des Éclaireuses et Éclaireurs, les Guides et Scouts d’Europe, les Scouts Unitaires de France.

    Ces quatre associations partagent une même méthode pédagogique et des valeurs communes, ce qui les a d’ailleurs conduites à adresser, le 17 septembre 1999, un message commun aux familles (5).

    L’agrément du ministère permet de bénéficier d’une réglementation dérogatoire spécifique aux associations de scoutisme agréées, et notamment de la possibilité de former elles-mêmes leurs chefs et leurs cheftaines ; cette formation est reconnue par le ministère et permet d’assurer l’encadrement des activités et des camps de séjour. Les diplômes obtenus ne sont valables qu’à l’intérieur même de l’association. En octobre 2001, l’association des Guides et Scouts d’Europe a déposé au ministère de la Jeunesse et des sports un dossier de demande d’habilutation générale de ses formations.

    En 1999, aucune de ces associations n’a bénéficié de subventions de l’État (6). En 2001, l’AGSE a bénéficié, à nouveau, de nouvelles aides, encore extrêmement limitées, mais porteuses de l’espoir d’une meilleure égalité.

  • Les autres associations (plusieurs dizaines) : elles ne sont ni agréées par le ministère, ni reconnues par l’OMMS . Elles ne bénéficient pas de la réglementation spécifique au scoutisme et sont contraintes à appliquer, en ce qui concerne les camps, la réglementation générale des camps et séjours de vacances, dite « réglementation des centres de vacances ».

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4.2.2 L’état d’esprit de l’AGSE vis à vis de ces mouvements

Trois grands principes orientent notre « politique » en la matière :

  • Volonté de maintenir et de respecter la diversité des associations, garante de la liberté du choix éducatif pour les parents.
     
  • Volonté de construire une réelle fraternité à partir de cette diversité.
     
  • Mais vigilance à l’encontre de deux dangers :
       
    • Tentation d’hégémonie d’un mouvement qui imposerait à tous sa manière de vivre le scoutisme que ce soit au nom de la puissance d’une organisation, d’un soutien de l’État ou d’un soutien international.
       
    • Activisme infiltrant des petites associations, généralement issues de dissidences, et qui en appellent à l’universalité de la fraternité scoute (le scout est le frère de tout autre scout…) pour abriter en fait leur individualisme profond, basé le plus souvent sur la présence d’un chef fondateur charismatique et vénéré, et non pas sur une exigence pédagogique.

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4.2.3 Les lignes d’action de l’AGSE

L’AGSE travaille à établir des relations entre les mouvements. Elle encourage aussi la rencontre de jeunes sur le terrain.

4.2.3.1 Relations entre les mouvements

Nous travaillons à :

  • dégager un certain nombre d’actions et de réflexions communes avec les trois autres associations signataires du Message aux familles (7) et qui, bien qu’ayant leur spécificité, ont à l’évidence des préoccupations communes. Une première étape significative de ce travail a été la promulgation du « Message aux familles » de septembre 1999, rédigé conjointement par ces quatre associations ;
     
  • favoriser la mise en place, en lien avec l’épiscopat, d’une « conférence du scoutisme catholique en France » ;
     
  • réactiver les structures de rencontre entre les responsables des associations de scoutisme ;
     
  • mais garder sa liberté d’action et ne pas interférer, « en court circuit », dans les affaires des autres : ni au niveau des états-majors, ni sur le terrain. Cette « politique » ne sera efficace que s’il y a réciprocité.

Dans la ligne de cette orientation, nous avons créé en 2000, avec les Éclaireurs Neutres de France (ENF) et la Fédération des Éclaireuses et Éclaireurs (FEE), la Conférence française de scoutisme (CFS) (8). La CFS est :

  • une association de moyens pour promouvoir et défendre la méthode scoute originelle, commune aux trois mouvements ;
     
  • un lieu de réflexion et d’échange ;
     
  • une instance de proposition et de représentation à l’égard des pouvoirs publics pour ce qui concerne la réglementation applicable au scoutisme.

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4.2.3.2 Relations entre les jeunes des différents mouvements

L’AGSE encourage l’idée que la rencontre de jeunes sur le terrain soit l’occasion d’une fête de fraternité : jeux, veillées, services, mais il faut que cela se déroule :

  • soit dans la spontanéité de la jeunesse et du hasard des rencontres,
     
  • soit, s’il s’agit d’une activité plus organisée, dans la loyauté réciproque entre les appareils des mouvements.

Dans ce dernier cas, il est souhaitable que l’activité soit décidée et se déroule à niveaux similaires (Unités- Groupes- Départements…) et que les hiérarchies des mouvements soient toutes prévenues et consentantes. Dans notre association, les chefs et commissaires ont autorité pour autoriser ou ne pas autoriser l’activité commune si certaines règles de convergence d’intérêt pédagogique, de respect mutuel, de bonne conduite et de sécurité ne sont pas garanties.

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4.2.4 Scoutisme international

4.2.4.1 État des lieux

L’AGSE ne fait pas partie du Scoutisme Français, celui-ci s’interdisant de fédérer deux associations de même confession religieuse. L’Organisation Mondiale du Mouvement Scout (OMMS) et l’Association Mondiale des Guides et Éclaireuses (AMGE) s’interdisent également de reconnaître plus d’une association ou fédération par pays c’est-à-dire, en France : la Fédération du Scoutisme Français.

En revanche l’AGSE est membre de l’Union Internationale des Guides et Scouts d’Europe (UIGSE). l’Union est présente dans une quinzaine de pays d’Europe. Au-delà des frontières, elle propose un même scoutisme. Différentes activités internationales sont organisées : échanges, jumelages, Eurocamps, Eurojam, etc.
L’UIGSE est reconnue comme Organisation Non Gouvernementale par le Conseil de l’Europe, avec statut consultatif ; elle participe activement par ses représentants aux travaux de cet organisme concernant la jeunesse ou la famille.

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4.2.4.2 Positions du mouvement

  • Notre association reconnaît l’importance de la dimension internationale du scoutisme.
     
  • Elle est profondément attachée à l’UIGSE par les liens fondamentaux d’une communauté d’idéal, de foi et de pédagogie.
     
  • Elle est en cohérence avec les principes fondamentaux du Scoutisme Mondial tels qu’ils sont définis par la constitution et le règlement additionnel de juillet 1983 (Chapitre 1, art. 1, 2 et 3) de l’Organisation Mondiale du Mouvement Scout (O.M.M.S.) , y compris par la méthode scoute « originelle » qu’elle utilise (éducation différenciée, trois tranches d’âge avec la mise en œuvre du système des patrouilles…).
     
  • La dimension spirituelle et le rattachement à une religion ne constituent pas des causes d’incompatibilité : elles font au contraire partie intégrante de la constitution de l’OMMS. Seule une vision déviante de la laïcité (considérée comme opposée ou indifférente à toute religion et non pas comme acceptant toutes les religions) permet de juger « incompatible » notre volonté de référence explicite à une dimension chrétienne du scoutisme.

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puce 4.3 L’AGSE dans l’Église.

4.3.1 Rappel de la situation actuelle

L’Église de France en tant qu’institution a montré pendant longtemps une attitude de grande prudence vis à vis des Guides et Scouts d’Europe. La volonté de fidélité à l’Église de notre association, sa filiale déférence envers le Souverain Pontife, les contacts confiants établis avec un nombre croissant d’évêques et de prêtres ont contribué à mieux nous faire connaître en vérité. Les Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) de Compostelle, de Czestochowa, et surtout les JMJ de Paris (1997), auxquelles les aînés du mouvement ont participé et ont été acceptés dans un esprit d’ouverture, ont marqué, nous semble-t-il, un tournant décisif et nous espérons définitif dans nos relations avec l’Église.

Actuellement l’association est définie comme mouvement éducatif et a été reconnu comme tel par Mgr Soubrier, alors président du Comité épiscopal enfance-jeunesse le 30 mai 2001. Un protocole a été signé entre le Comité épiscopal enfance-jeunesse et l’association.

Ainsi, comme mouvement déducation, l’AGSE est habilitée à être représentée dans diverses instances nationales dont l’Apostolat des laïcs. 

Un conseiller religieux des équipes nationales est nommé sur présentation des Guides et Scouts d’Europe par le Comité épiscopal enfance-jeunesse. Il participe aux rencontre des aumôniers nationaux des mouvements d’éducation.

L’association figure dans les Ordo (9) diocésains de la plupart des diocèses.

Nous n’appartenons pas à la CICG ni à la CICS (Conférences Internationales Catholiques du Guidisme et du Scoutisme) cette appartenance étant liée statutairement (encore une fois) à l’appartenance à l’AMGE et à l’OMMS. Les Guides et Scouts d’Europe ont participé aux rencontres que la CICS et la CICG ont organisées lors des JMJ de Rome 2000.

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4.3.2 Position du mouvement

  • L’AGSE est une association dirigée par des laïcs responsables de l’ensemble de la pédagogie, y compris de la pédagogie de la foi.
     
  • Sa mission dans l’Église est de participer à l’éducation par la méthode scoute et dans une perspective chrétienne de jeunes qui seront aptes à assumer les missions d’évangélisation souhaitées par l’Église. Le nombre de vocations religieuses que l’Esprit-Saint a suscitées dans nos rangs témoigne de l’efficacité de notre mouvement pour la mission d’évangélisation.
     
  • L’AGSE se félicite du rapprochement entre le mouvement et l’Église. Elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour que ces liens durent et s’améliorent encore.
     
  • Ses choix liturgiques ne sont dictés que par des arguments pédagogiques et non sur des considérations liturgiques qui ne sont pas de son ressort. C’est pourquoi, elle a adopté en la matière les positions suivantes :
     
    • Elle déclare pratiquer et se référer au rite actuellement en usage dans l’Église catholique latine (messe dite de Paul VI - missel de 1969).
       
    • À titre dérogatoire, et dans un souci de communion ecclésiale, les commissaires généraux peuvent autoriser des unités à bénéficier du ministère de conseillers religieux célébrant selon le missel de 1962 (liturgie dite tridentine ou de saint Pie V), à condition, bien entendu, que les prêtres assurant les fonctions de conseillers religieux soient en communion avec l’évêque du lieu, à condition également que l’ensemble des parents des enfants présents dans ces unités aient été avertis.
       
    • Au-delà du groupe ou de l’unité (activité de District, de Province ou Nationale), c’est la liturgie commune (10) qui doit être utilisée. Les unités utilisant d’autres rites ainsi que leurs conseillers religieux doivent naturellement y participer.

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puce 4.4 Les Guides et Scouts d’Europe et les pouvoirs publics

4.4.1 Rappel de la situation actuelle

Relations avec le ministère de la Jeunesse et des Sports

L’association des Guides et Scouts d’Europe (AGSE) bénéficie depuis le 19 novembre 1970 de l’agrément du ministère de la Jeunesse et des Sports en tant qu’association nationale de jeunesse et d’éducation populaire.

Nos relations avec le ministère ont été en quelque sorte gelées pendant les deux années d’inspection générale. L’agrément ministériel a été maintenu à l’AGSE à l’issue de la dernière inspection générale du ministère de la Jeunesse et des Sports. Cette inspection dont le rapport final est daté d’avril 2000 a été clôturée en juin 2000.

L’AGSE est l’une des dix seules associations de scoutisme agréées au plan national par le ministère de la Jeunesse et des Sports autorisées à organiser leurs activités en se référant à la réglementation spécifique au scoutisme selon les dispositions de l’arrêté ministériel du 23 avril 1998. Nous pouvons ainsi former nous-mêmes notre encadrement, organiser et contrôler nos activités (sorties, camps…) (11).

Depuis l’été 2000, nous avons eu plusieurs réunions avec le ministère de la Jeunesse et des Sports. Nous rencontrons les deux directions concernées : la Direction de la jeunesse et de l’éducation populaire, et la Délégation à l’emploi et à la formation. Avec la première nous étudions tous les aspects de fonctionnement de l’association en tant qu’organisatrice de séjours, avec la seconde nous abordons tous les sujets relatifs à la qualification de nos cadres et aux formations que nous dispensons.

Selon les réunions, nous sommes reçus soit en tant que Guides et Scouts d’Europe seuls, soit avec les autres signataires du Message aux familles (12) ; nous pouvons aussi y être représentés par la Conférence Française de Scoutisme.

Nous ne bénéficions pas de l’habilitation générale qui permet de délivrer des Brevets d’aptitude aux fonctions d’animateur (BAFA) et de directeur (BAFD). Seconde association scoute en France en terme d’effectifs, nous disposons d’un remarquable système de formation (13).

Nous avons déposé en octobre 2001 au ministère de la Jeunesse et des Sports un dossier de demande d’habilitation générale afin que nos formations puissent donner lieu à la délivrance de BAFA et de BAFD. Comprenant toujours toutes nos sessions particulières au scoutisme, nos stages incluraient aussi les modules des programmes BAFA et BAFD. Le ministère se prononcera sur cette demande d’habilitation courant 2002.

Relations avec d’autres institutions ou pouvoirs publics

Les Guides et Scouts d’Europe affectionnent particulièrement les grands espaces et recherchent le calme des forêts. Ils sont toutefois fort présents dans la vie de la cité. Ils participent à de nombreuses actions, souvent fort discrètement, comme le nettoyage des bois communaux. Ils se sont mobilisés lors des grandes catastrophes (les tempêtes de Noël 2000, la marée noire de l’Erika ou l’explosion de l’usine chimique de Toulouse en 2001) pour porter aide et réconfort.

Les Guides et Scouts d’Europe sont agréés par l’Office National des Forêts (ONF).

De nombreuses communes aident les unités locales et leur apportent un soutien matériel et moral. Nous remercions tous les élus qui soutiennent notre action éducative.

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4.4.2 Position du mouvement

Nous entendons que le travail que nous réalisons avec toutes les institutions et les pouvoirs publics, particulièrement avec l’administration, se poursuive et nous souhaitons devenir un interlocuteur plus présent dans la proposition et le contrôle des règlements administratifs dont le ministère a la charge. Il est très souhaitable que cette « présence » des Guides et Scouts d’Europe se fasse sentir auprès d’autres administrations et à d’autres niveaux que celui du ministère. Une structure de délégués administratifs qui comprend les délégués départementaux sous la direction d’un délégué national est mise en place dans notre association.

Une telle « politique » nous permet de faire entendre l’association sur quelques points essentiels.
 
Parmi ceux-ci :

  • Veiller à ce que les règlements administratifs ne tuent pas le jeu scout sous prétexte de sécurité, par un encadrement excessif et stérilisant. Ceci sous-entend qu’il faut faire admettre une tournure d’esprit qui ne soit pas dictée par l’illusion du risque nul, mais par la juste évaluation du risque réel inhérent au scoutisme (comme à toute autre activité humaine). On ne prend de mesure de sécurité qu’à partir de la connaissance des risques. Le sérieux des règlements internes que nous mettons à la disposition de nos chefs fait de nous des interlocuteurs compétents en la matière.
     
  • Nous sommes favorables à la mise en place d’un Conseil national technique du scoutisme, sorte de commission permanente chargée de la réflexion sur la réglementation, et nous voulons y tenir notre place.
     
  • Percevoir, en tant qu’association d’éducation populaire, des subventions à la hauteur des résultats de la mission que nous assumons auprès de la jeunesse de notre pays : dans un état réellement laïc, le fait qu’une association pratique une religion ne saurait être un argument utilisable pour ne pas accorder une aide financière. Les parents de nos jeunes sont des citoyens à part entière qui payent l’impôt. Notre association a un projet éducatif pertinent (14), des effectifs importants (15) et un encadrement compétent (16).

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puce 4.5 Les Guides et Scouts d’Europe et la politique

Si on définit la politique comme la participation à la vie de la cité, il est bien certain qu’un mouvement d’éducation comme le nôtre a une dimension politique. En revanche, l’AGSE s’interdit toute implication dans la vie politique partisane. Elle l’a fait savoir avec beaucoup de clarté en de nombreuses occasions. Elle rappelle à ses adhérents qu’ils ont sur ce sujet des obligations de réserve.

Le texte ci-dessous précise sa position :

Les Guides et les Scouts d’Europe ont le droit et le devoir, en tant que chrétiens et citoyens, de s’intéresser à la vie politique. Toutefois, en tant que mouvement d’éducation, l’AGSE ne peut être inféodée à aucun parti politique et doit veiller à l’intégrité de son indépendance absolue.

À cet effet, l’association a donné de strictes consignes à l’ensemble de la hiérarchie pour assurer la protection de ses listes locales d’adhérents et s’interdit de communiquer à quiconque, et pour quelque motif que ce soit, les noms et adresses de ses adhérents, de ses abonnés aux revues, de ses abonnés au site Internet de l’association. Ce dernier a été déclaré conformément à la réglementation en vigueur (CNIL, Procureur de la République), et toutes les dispositions prévues par la réglementation ont été mises en application.

De ce fait, ses membres, en particulier ceux qui exercent une responsabilité à quelque niveau que ce soit, doivent éviter tout ce qui pourrait laisser croire qu’ils engagent l’association sur le plan politique.

Compte tenu de ces considérations, nous estimons prudent de poser comme principe qu’une personne exerçant une activité dans l’association :

  1. ne doit pas accepter de responsabilités politiques ni dans les structures d’un parti, ni dans un mandat électif couvert par l’aval d’un parti.
     
  2. ne doit pas s’engager dans une campagne électorale partisane.
     
  3. ne doit pas utiliser le mouvement dans le débat politique, par exemple comme élément de profession de foi dans le cadre d’une campagne, ni a fortiori utiliser des membres et des structures du mouvement. (Ceci s’applique même à nos anciens adhérents au titre de la loyauté scoute)
     
  4. doit, s’il a exercé antérieurement à son adhésion à l’association des responsabilités politiques, en informer sa hiérarchie.

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puce 4.5 Les Guides et Scouts d’Europe et la presse

Association formée de citoyens soucieux d’une information claire et vraie, l’AGSE désire entretenir des liens réguliers avec la presse et donner au public le plus large possible des informations en toute transparence. C’est pourquoi, un directeur de la communication, travaillant en lien étroit avec les président et commissaires généraux, assure les contacts avec les journalistes. Dans chaque département, un Assistant des commissaires de district, un « ACD Com » assure ce même service auprès des journalistes régionaux.

Notre site Internet www.scouts-europe.org diffuse renseignements et informations. Il permet aussi de communiquer directement avec les secrétariats du mouvement pour répondre à des demandes personnalisées.

Cependant, l’association n’hésite pas à faire appel à la justice :

  • en cas de diffamation,
  • ou d’information particulièrement erronée ayant pour but, ou pour conséquence, de lui nuire,

et ceci, non pas tant par souci de son image, mais surtout pour que les jeunes scouts, guides et chefs ne pâtissent pas dans les cours de récréations et à la fac de propos les présentant comme des « infréquentables » (17).

 
 Parution
 
Le Livre Blanc

des Guides et Scouts d’Europe
2e édition
31 août 2002
 

 Développements
   
Sommaire
Préambule
Orientations
Fonctionnement
flèche Relations
Conclusion
Annexe 1
Annexe 2
Annexe 3
Annexe 4
 

 Développements

 
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 Notes
   
(1) B.P. : Robert Stephenson Smyth-Baden-Powell, Lord of Gilwell (22-02-1857 - 08-01-1941)

(2) Lancée par Jean-Michel Permingeat, alors Commissaire national éclaireur, l’animation de l’Opération Grand Large a été confiée à Gérard Taponat (revue  « Maîtrises » n°94 - décembre 1993) puis à Daniel Levis (Relais de Poste n°78)

(3) Rapport de l’Assemblée générale de 1998

(4) En 1999, le ministère de la Jeunesse et des Sports attribuait un total de 42 postes « Fonjep » et 3.220.000 F de subventions à 5 des 6 associations composant le Scoutisme Français (Scouts de France, Guides de France, Éclaireuses et Éclaireurs de France, Éclaireuses et Éclaireurs Unionistes de France et Scouts Musulmans de France) (réf. : Journal Officiel du 10 Janvier 2000). En 2001, le ministère leur attribuait 100 postes « Fonjep »

(5) Voir en Annexe n°3 : le Message aux Familles

(6) En 1999, un seul poste « Fonjep » a été accordé à l’association des Guides et Scouts d’Europe. Aucun poste n’a été attribué à l’AGSE en 2001. Les subventions nationales du ministère de la Jeunesse et des Sports évoluent
 (94/95 = 60 000 F,
 95/96 = 80 000 F,
 96/97 = 60 000 F,
 97/98= 0 F,
 98/99 = 0 F,
 99/2000 = 0 F
2000/2001 = 35 250 F). En 2001, trois postes « Emploi Jeune » ont été accordés à l’AGSE

(7) Les Éclaireurs Neutres de France, la Fédération des Éclaireuses et Éclaireurs, les Scouts Unitaires de France - Voir en Annexe n°3 :
le Message aux Familles

(8) Voir le site Internet www.scoutisme.org pour plus d’information sur la C.F.S.

(9) Annuaire officiel d’un évêché

(10) Liturgie commune : messe dite de Paul VI - missel de 1969

(11) Le Bulletin officiel n°8 du 31 août 2001 du ministère de la Jeunesse et des Sports démontre, s’il en est besoin, la normalité des relations entre l’AGSE et son ministère de tutelle. Il est précisé en page 4 : « Instruction n° 01-141 JS du 26 juillet 2001 (…) Les Guides et Scouts d’Europe ont sollicité une expertise de la formation conduisant aux brevets de chef de quart et de chef de flottille qu’ils délivrent. Au vu du rapport remis par les experts, j’ai décidé de faire figurer ces brevets parmi les qualifications attestant de la compétence de chef de bord conformément à l’annexe voile de l’arrêté cité en objet. (…) »

(12) Voir annexe n°3 : « Message aux familles »

(13) Extraits du rapport d’Inspection générale – MJS 2000 : 
 
• « Ces formations se caractérisent, en outre, par le souci de concilier les exigences administratives et réglementaires concernant la protection des mineurs en CVL (camp de vacances et de loisirs) et celles plus spécifiques à l’organisation des activités de scoutisme, en conformité avec les dispositions de l’arrêté du 23 avril 1998. » 
 
• « [L’encadrement des Guides et Scouts d’Europe se caractérise par]… un contrôle interne important et rigoureux tant des formations dispensées que des activités encadrées »
 
• et par « l’intégration systématique des Conseillers religieux au sein des équipes pour témoigner de la fidélité des G.S.E. aux finalités éducatives de l’association : assurer l’éducation humaine et chrétienne des garçons et des filles qui lui sont confiés. »

(14) 240 000 jeunes nous ont été confiés par leurs parents depuis l’origine du mouvement.

(15) 23 855 adhérents en 2001

(16) 1 007 chefs et cheftaines formés dans nos 54 stages (1er et 2e degrés), organisés pendant l’année 2000/2001

(17) À titre d’exemple, Le Nouvel Observateur publiait en août 1998 : « En juillet, quatre groupes de Scouts d’Europe – “des jeunesses hitlériennes”, comme l’indique un Aurillacois – ont planté leurs tentes dans un coin… ». Le directeur et le journaliste ont été déclarés coupables d’injures publiques et ont été condamnés. Ce jugement du Tribunal de grande instance de Paris a été confirmé par la Cour d’appel de Paris le 22 février 2001, condamnant définitivement les coupables à 15 000 F d’amende, à 30 000 F de dommages et intérêts, et à la publication de la condamnation dans leurs colonnes.
 

 
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