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  L’engagement du laïc chrétien
dans la cité
     
 

 

maîtrise 94 – L’engagement du laïc chrétien dans la cité – Introduction  Introduction

Il est bon de soulever cette question, car elle concerne le Routier et la Guide–aînée dans leur formation humaine et chrétienne. Deux tâches sont possibles : intervenir sur l’opinion publique et réparer en faisant du caritatif. Pourtant, certains chrétiens désirent aller plus loin dans leur engagement.

Nous gémissons de voir comment sont résolus certains problèmes de notre société, ceux qui engagent le plus gravement la morale (les enjeux de la bioéthique, la destruction de la famille et la déstabilisation des enfants, la manipulation des consciences par les médias de plus en plus provocants, l’incitation au laxisme dans la vie sexuelle…), mais que faisons–nous pour stopper ce massacre ? Bien sûr, tout le monde n’a pas la vocation de devenir député ou de diriger un grand service national. Alors, beaucoup se rabattent sur les deux tâches qui sont possibles au plus grand nombre : intervenir sur l’opinion publique et réparer la casse en faisant du caritatif. Et c’est bien ainsi. Pourtant, certains chrétiens, sans doute mieux formés ou prêts à se laisser former davantage, désirent aller plus loin dans leur engagement : ils veulent agir plus efficacement sur les phénomènes et sur les personnes. Soigner, c’est nécessaire, mais ne peut–on pas prévenir l’accident ? Certes, dit Jésus, « il y aura toujours des pauvres parmi vous » (Mt 26, 11), mais ce n’est pas une raison pour en prendre son parti. Bien sûr, à chacun sa vocation : de travailler au Secours catholique ou d’améliorer le fonctionnement de l’économie pour stopper le chômage, deux grands moyens de réaliser ce qu’on appelle « l’option préférentielle pour les pauvres ». Mais quelle est ma vocation exacte ? Alors, réfléchissons un peu.

maîtrise 94 – L’engagement  du laïc chrétien dans la cité – Qu’est-ce au juste qu’un laïc chrétien ?  Qu’est–ce au juste qu’un laïc chrétien ?

  1. On a trop tendance à couper le laïc en morceaux : d’un côté, le citoyen lambda qui fait comme tout le monde ; de l’autre, le paroissien serviable qui aide son curé. Or ce collage de deux moitiés disparates est caricatural. C’est vrai, le laïc est membre de l’Eglise : pas seulement un adhérent qui a le droit de consommer tranquillement le « produit », mais un fidèle actif qui prend sa part dans la construction, le fonctionnement et le rayonnement missionnaire de la communauté. Mais, en participant à cette tâche, il ne doit pas oublier qu’il est laïc et laisser sa vocation propre à la porte de l’église, dans le seau à parapluie. C’est comme tel qu’il s’inscrit dans la famille chrétienne, avec sa compétence, ses responsabilités, ses questions, ses besoins. Il apporte aux frères la richesse de ce qu’il vit, la partageant avec ceux qui n’ont pas la même expérience. Il présente ses soucis à l’intercession de toute la communauté. Il attend – jusqu’à un certain point du moins – d’être aidé par les autres dans ses problèmes et éclairé par la hiérarchie de l’Eglise. Le concile Vatican II est formel 1 : le propre du laïc est son engagement dans la réalité du monde, dans le séculier. C’est là qu’il remplit son rôle majeur, là qu’il se sanctifie, là qu’il est apôtre. Sauf appel particulier (comme il en va pour certains membres du Renouveau soucieux d’une action directe), il n’évangélise pas en grimpant sur les réverbères, mais en imprégnant le monde de l’esprit de l’Evangile et en corrigeant les défectuosités de la vie sociale ; ce qui ne le dispense pas d’annoncer le Christ à ses collègues, à son voisinage, à ceux qu’il rencontre, de la façon la plus pertinente qui soit.

  2. Or, de nos jours, cet idéal semble avoir régressé. Autant, il y a 50 ans, les chrétiens se sont battus pour qu’on ne les réduise pas à des auxiliaires du clergé, mais qu’on les laisse s’engager dans le monde avec les coudées franches, autant, aujourd’hui, parfois du moins, les laïcs se ruent sur les fonctions d’Eglise en rangs serrés. A ce phénomène de repli, je vois plusieurs raisons. D’abord, le fait que trop d’anciens militants se sont enlisés dans la politique et que leur foi en a pris un coup : alors ça dissuade. Ensuite, la raréfaction des prêtres, qui demande aux fidèles d’assurer en priorité des fonctions de suppléance. Surtout, la peur qu’ont trop de laïcs d’avoir à prendre position dans la société face aux problèmes moraux que posent certains secteurs, notamment celui de la bio–éthique. De fait, il est plus facile de lire une épître de saint Paul au micro durant la messe que d’être conseiller municipal (bien que l’un n’empêche pas l’autre !). Et puis, certains adultes, hommes et femmes, en mal de promotion, convoitent le gouvernement des paroisses par volonté de puissance. Ce faisant, leur dit le Pape, ils oublient qu’ils ne seront jamais des pasteurs véritables, et surtout ils se « cléricalisent », négligeant ainsi leur vocation propre 2.
    Bien sûr, il y a plusieurs cas de figures. La maman chrétienne s’emploiera sans doute à des tâches de catéchèse, et le retraité offrira à son prêtre le service de sa compétence, en gestion par exemple. Mais, s’il a tant soit peu de discernement, le laïc « dans les affaires » essaiera de ne pas engloutir tout son loisir dans la direction d’une chorale ni dans l’entretien des bâtiments paroissiaux : il se demandera ce que le Seigneur attend de lui, compte tenu de ses responsabilités véritables. Il cherchera le vrai terrain de sa mission.

  3. De par l’imbrication de l’humain et du chrétien, le laïc n’est pas un homme en qui se juxtaposeraient deux consciences : une moitié qui se fixerait des exigences, et l’autre qui en ferait à sa guise. Le concile est formel : « Le laïc, qui est tout ensemble membre du Peuple de Dieu et de la cité des hommes, n’a qu’une conscience chrétienne. Celle–ci doit le guider sans cesse dans les deux domaines » 3. Certes, la hiérarchie ne lui dicte pas le détail de ce qu’il doit faire (comme banquier, comme juge, comme officier…), mais elle l’éclaire au moyen de ce qui s’appelle « la doctrine sociale de l’Eglise ».

  4. Certains tentent de faire coïncider leur compétence professionnelle avec la tâche d’évangélisation : par exemple un éditeur chrétien s’offrant explicitement à la nouvelle évangélisation en sortant des livres ou des affiches, ou bien encore les rédacteurs d’un magazine religieux, etc. C’est évidemment merveilleux, mais ce n’est pas donné à tout le monde. Cela suppose d’ailleurs des capacités techniques assurées par de solides études et sanctionnées par des examens. N’y vois surtout pas une solution de facilité : gentils bricoleurs, s’abstenir. On ne court–circuite jamais la compétence.

maîtrise 94 – L’engagement du laïc chrétien dans la cité – Laïcat tous azimuts Laïcat tous azimuts

  1. La famille – à commencer par leur famille – est le premier souci des laïcs. On se plaît à dire que l’Etat ne peut l’empêcher de se former, de vivre, d’assumer ses responsabilités (surtout l’éducation des enfants), de se donner les fils et les filles qu’elle désire, de demeurer unie envers et contre tout : il doit l’aider, mais sans jamais la supplanter. Et il devient pervers lorsqu’il fait des lois qui encouragent le divorce, la dénatalité, l’avortement, en fournissant des avantages financiers à ceux qui vivent en concubinage ou pratiquent l’IVG. Même si l’Etat le mieux intentionné ne peut imposer toute l’étendue morale avec les moyens de coercition qui sont les siens, il y a quand même des limites à ne pas franchir, et vouloir flatter l’électorat conduit à l’abîme. Il est possible, quand on le veut, de redresser l’opinion, avec l’aide des associations les plus courageuses.
    La famille s’impose aussi à l’Eglise : au sein de la communauté, elle ne se dilue pas, mais elle se présente pour ce qu’elle est : non pas une simple association qui devrait demander la permission d’exister et de fonctionner (comme certains mouvements), mais une institution divine, dotée de ses droits et de ses devoirs. La famille est la première responsable de la formation chrétienne de ses enfants, des moyens d’y faire face et des étapes à ménager ; pour cela, elle collabore avec la paroisse, mais elle ne peut accepter aucun cléricalisme. Par ailleurs, elle n’est pas un vivier dans lequel le prêtre pourrait pêcher n’importe comment ses collaborateurs apostoliques, sans tenir compte de la réalité du foyer : les engagements qu’acceptent les époux ne doivent pas les empêcher de vivre leur amour et d’être présents à leurs enfants. Réussir leur mariage et l’éducation de leur progéniture est le premier devoir des laïcs.
    La famille ne va pas pour autant se fermer sur elle–même : elle doit s’ouvrir à tout ce qui la concerne, à la fois par la militance proprement dite (les AFC, associations familiales catholiques par exemple) et par la participation à diverses assemblées, celles de parents d’élèves par exemple. Ne crois pas ceux qui disent que la militance familiale est rétro. A condition, bien sûr, qu’elle tienne compte de l’ensemble des problèmes sociaux, au lieu de se braquer sur les siens seulement. Elle est le cas majeur démontrant que tout a une dimension morale, que rien n’est purement technique. Elle s’intéresse aussi à ce qu’on appelle le caritatif : il lui arrive d’adopter un ou plusieurs enfants, des bien portants comme des handicapés. Et quand les parents ont engendré eux–mêmes un bébé mal formé, un trisomique par exemple, ils peuvent s’associer à d’autres qui font face au même problème. Tu devines l’ampleur de ce qu’il est possible de faire.

  2. La profession elle aussi est pour le laïc un point capital. C’est d’abord l’importance du métier comme tel, dans sa réalité technique et dans son utilité sociale, sans oublier l’épanouissement qu’il apporte au travailleur : tu sais le drame que constitue le chômage, non seulement parce qu’il tarit les ressources familiales mais aussi parce qu’il laisse « en jachère » un homme tourmenté, parfois humilié aux yeux de ses enfants. Bien sûr, tous ne sont pas ingénieurs ni chercheurs ni comédiens ni artistes, mais tous ont un rôle à jouer. Comme toutes les réalités sociales, la profession a une dimension morale : il faut que tous les jeunes puissent avoir une qualification, sans qu’il se fasse une sélection injuste ; il faut que les conditions de travail soient salubres, que le salaire soit suffisant et même équitable, que les licenciements ne se fassent pas n’importe comment, que les conflits soient réglés d’une façon juste, que les affrontements se fassent sans violence, que les grèves ne durent pas indéfiniment, que la hiérarchie des revenus ne soit pas scandaleuse… D’où l’existence du syndicalisme et de toutes les chambres de métiers. Il existe pour le chrétien divers mouvements qui lui permettent de réfléchir son action, par exemple le MCC pour les cadres. Evidemment, les problèmes particuliers de chaque profession entrent dans le problème général de l’économie du pays. Cette économie elle–même est indissociable de tout ce qui touche le Tiers–Monde : non seulement pour que soient consenties des aides ponctuelles en cas d’urgence, mais pour que soit respectée la justice des prix dans les marchés internationaux. Sans parler des immigrés qui viennent travailler chez nous. C’est là un point important de la doctrine sociale de l’Eglise. Chacun peut défendre « son bout de gras », mais sans myopie et sans égoïsme.

  3. La vie politique englobe tous ces problèmes, qui prennent place dans la vie de toute une nation, avec la diversité des opinions et les affrontements qui en résultent. Sans ce qu’Aristote appelle « amitié politique », un pays éclate et tombe dans la guerre civile. Tous les citoyens doivent prendre part à la vie de la nation mais, bien sûr, chacun selon sa vocation propre. Le minimum, c’est de s’intéresser à l’opinion et de savoir prendre position quand il le faut, par exemple en adhérant à un parti et en prenant part aux votes. D’autres se font militants d’une façon plus active, voire cherchent à se faire élire à l’un ou l’autre des niveaux de la vie sociale, de la commune au Parlement, pour des postes de commandement ou de gestion. A toi de trouver ta place un jour. Evidemment, la vie politique n’échappe pas à la morale, en ce qui concerne ses buts et ses moyens : nous voyons trop comment les choses se sont dégradées ces derniers temps. Il est possible que certains députés chrétiens aient pour objectif explicite et prioritaire la défense des valeurs (pense à Christine Boutin). En attendant que prenne forme ta vie d’adulte, il serait bon que tu prennes part à des cercles – chrétiens, pourquoi pas ? – dans lesquels des jeunes cherchent une formation à la vie politique, d’abord non–partisane. Cela existe. Il y a aussi d’excellents livres sur cette question, par exemple celui de Henri Hude, Ethique et politique.

  4. Reste le vaste domaine du caritatif, qui englobe des choses bien différentes : soit des activités ponctuelles, soit des engagements permanents, des engagements qui, pour certains, peuvent tenir lieu de profession salariée (s’ils sont permanents du Secours catholique ou des Conférences de Saint–Vincent de Paul). Ne crie pas au gâchis : la charité doit pouvoir s’organiser, pour ne pas être prise de court ou réagir n’importe comment ; mais, bien sûr, un organisme ne doit pas manger, pour son seul fonctionnement, 60% des dons qu’il reçoit !… On ne fait pas du caritatif parce que ce domaine semble plus pur que les autres : il en faut aussi qui s’emploient à éviter le mal au lieu d’y porter remède après coup ; l’abbé Pierre le répète souvent, lui qui se soucie autant du comportement des hommes politiques que des chiffonniers d’Emmaüs. Bien sûr, le caritatif couvre des surfaces plus ou moins grandes : il s’occupe de la « mémé » individuelle comme aussi du Liban, de la Croatie et de la Bosnie. Tu le sais, toi qui as fait de fréquentes incursions en Pologne ou ailleurs.

  5. Je n’oublie pas le domaine culturel dans toute son étendue : il en est que cette réalité peut tenter. Elle suppose aussi une forte compétence, et elle revêt toujours un aspect politique, ne serait–ce que par les subventions qu’elle essaie de décrocher ! Pense aux sciences et aux arts, mais aussi à tout ce qui relève de la pédagogie, aux relations internationales, aux jumelages, etc.

maîtrise 94 – L’engagement du laïc chrétien dans la cité – Y a-t-il un type de société béni par l’église ? Y a–t–il un type de société béni par l’église ?

C’est une question délicate. Je ne pense pas que la hiérarchie de l’Eglise puisse bénir explicitement une société donnée, une société concrète, comme si elle réalisait exactement l’idéal évangélique. Quand elle l’a fait (je n’ose pas citer d’exemples…), cela n’a pas été une réussite ! Bien sûr, l’Eglise peut exprimer son soulagement à la fin d’une période terrible (le nazisme ou le stalinisme) et donner son soutien à un homme qui représente un espoir (je pense à Lech Walesa), mais cette caution doit garder une certaine mesure et ne pas se prolonger plus qu’il ne faut. Au Bénin, un évêque, Mgr Isidore D’Souza, a même accepté de sortir son pays du désastre dans lequel l’avait mis une révolution marxiste (menée par des chrétiens !), mais il a passé la main très rapidement à des laïcs. En France, bien des gens reprochent à certains évêques de pencher à gauche, mais ce ne serait pas mieux si c’était en face : chez nous, on n’aime pas ces collusions, quelles qu’elles soient, et l’on a raison. En d’autres pays la sensibilité n’est pas la même, c’est vrai, mais on ne peut pas dire que les « démocraties chrétiennes » aient été un succès, sûrement pas en Italie ! Ne mélangeons pas les choses. Même si un parti politique ne regroupait que des catholiques, il ne serait pas un parti d’Eglise.

Ceci dit, la doctrine sociale de l’Eglise nous donne le portrait–robot d’une société juste en rappelant les grands principes qui doivent l’animer : une autorité légalement constituée et soucieuse du bien commun, la participation de tous à la vie publique et la liberté du jeu politique, un personnalisme qui exclut à la fois le collectivisme et le libéralisme, un Etat qui ne soit pas omnipotent mais laisse fonctionner les divers groupes (ce qu’on appelle le principe de subsidiarité), le primat des personnes sur les biens, la destination de ces biens au service de tous, la solidarité internationale, la paix par tous les moyens possibles.. Vaste programme !

Il n’empêche que, dans la complexité des problèmes, la communauté chrétienne internationale se trouve divisée au plan de certains choix politiques. On l’a vu quand Jean–Paul II, qui ne cachait pas sa préférence pour la paix, a réuni à Rome les évêques concernés par la guerre du Golfe. Les Chaldéens soutenaient Saddam Hussein comme bienfaiteur de leur Eglise. Les Libanais aussi, mais par dépit, souhaitant une cuisante défaite aux Américains, qui n’avaient pas bougé le petit doigt pour les aider… Mais les chrétiens vivant au contact de la communauté juive en Israël n’avaient aucune sympathie pour les « skud » qui arrivaient sur la tête de leurs amis. Pourtant, dans le même pays, les Palestiniens, de rite latin ou grec, devaient avoir une autre opinion… Et que pensaient les catholiques de France ou des USA ?… Ainsi se vérifie ce que dit Vatican II : que les chrétiens peuvent avoir la même vision évangélique globale sans pour autant choisir les mêmes solutions 4, sauf conjoncture grave où s’imposerait l’évidence. Par contre, dans notre Eglise, il est possible de faire se rencontrer des hommes aussi divergents, de les faire échanger et prier, de les faire tomber d’accord sur la recherche d’un même but : une paix juste. Ce n’est pas rien !

maîtrise 94 – L’engagement 
            du laïc chrétien dans la cité – Quel est le rapport entre la cité terrestre et celle du ciel ? Quel est le rapport entre la cité terrestre et celle du ciel ?

C’est, bien sûr, la question de fond. Elle rejoint l’une des demandes du Notre Père : « Que ton Règne vienne sur la terre comme au ciel ». Sur ce point, Vatican II nous a donné de précieux éclaircissements. Il n’a pas dit, bien sûr, qu’on pouvait créer le paradis sur terre, le fameux Grand Soir des marxistes et le Progrès des positivistes, mais il a montré le lien qui unissait notre monde à l’éternité : « Le corps de la nouvelle famille humaine y grandit, qui offre déjà quelque ébauche du siècle à venir » 5. Et si l’Esprit « appelle certains à témoigner ouvertement du désir de la demeure céleste, il appelle les autres à se vouer au service terrestre des hommes, préparant par ce ministère la matière du monde à venir » 6. C’est ce que Jean–Paul II appelle la civilisation de l’amour, l’amour étant le point commun entre la terre et le ciel, et comme un acompte de l’éternité, dit souvent saint Paul. Quand on aime, on bâtit toujours du définitif ; même si on ne peut pas imaginer comment fonctionnera exactement la résurrection finale, on sait que le Royaume des cieux sera essentiellement une grande et intense communion. Autant la commencer tout de suite, non pas en l’air, non pas seulement entre nous, chrétiens, mais à tous les niveaux de la vie sociale. A chacun son secteur et sa manière.

Bref, au match de l’histoire, ne te contente pas de rester assis sur les gradins du stade pour compter les corners et les penalties des autres, et soigner les entorses à l’infirmerie : descends sur le gazon pour taper dans le ballon !

 

maîtrise 94 – L’engagement 
du laïc chrétien dans la cité – Références Références

  1. Lumen gentium n° 31, repris par Christifideles laïci n° 15.
  2. Christifideles laïci n° 23. Le laïc… se demandera ce que le Seigneur attend de lui, compte tenu de ses responsabilités véritables. Il cherchera le vrai terrain de sa mission.
  3. Apostolat des laïcs n° 5. Les engagements qu’acceptent les époux ne doivent pas les empêcher de vivre leur amour et d’être présents à leurs enfants. Réussir leur mariage et l’éducation de leur progéniture est le premier devoir des laïcs.
    Comme toutes les réalités sociales, la profession a une dimension morale.
  4. Eglise dans le monde n° 43 § 3. Si l’Esprit « appelle certains à témoigner ouvertement du désir de la demeure céleste, il appelle les autres à se vouer au service terrestre des hommes, préparant par ce ministère la matière du monde à venir ».
  5. Eglise dans le monde n° 39 § 2.
  6. Eglise dans le monde n° 38 § 1.

 

 
 Parution
 
Maîtrises n°94
1993
page 2
 

 Auteur
 

 
Père Manaranche
 


 Le savais–tu ?
   
Cet article fait partie des lectures conseillées dans le cadre du programme de formation générale des chefs et cheftaines
 

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