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Introduction
Il est bon de soulever cette question, car elle
concerne le Routier et la Guide–aînée dans leur
formation humaine et chrétienne. Deux tâches sont possibles
: intervenir sur l’opinion publique et réparer en faisant
du caritatif. Pourtant, certains chrétiens désirent
aller plus loin dans leur engagement.
Nous gémissons de voir comment sont résolus
certains problèmes de notre société, ceux qui
engagent le plus gravement la morale (les enjeux de la bioéthique,
la destruction de la famille et la déstabilisation des enfants,
la manipulation des consciences par les médias de plus en
plus provocants, l’incitation au laxisme dans la vie sexuelle…),
mais que faisons–nous pour stopper ce massacre ? Bien sûr,
tout le monde n’a pas la vocation de devenir député
ou de diriger un grand service national. Alors, beaucoup se rabattent
sur les deux tâches qui sont possibles au plus grand nombre
: intervenir sur l’opinion publique et réparer la casse
en faisant du caritatif. Et c’est bien ainsi. Pourtant, certains
chrétiens, sans doute mieux formés ou prêts
à se laisser former davantage, désirent aller plus
loin dans leur engagement : ils veulent agir plus efficacement sur
les phénomènes et sur les personnes. Soigner, c’est
nécessaire, mais ne peut–on pas prévenir l’accident
? Certes, dit Jésus, « il y aura toujours des
pauvres parmi vous » (Mt 26, 11), mais ce n’est
pas une raison pour en prendre son parti. Bien sûr, à
chacun sa vocation : de travailler au Secours catholique ou d’améliorer
le fonctionnement de l’économie pour stopper le chômage,
deux grands moyens de réaliser ce qu’on appelle « l’option
préférentielle pour les pauvres ». Mais
quelle est ma vocation exacte ? Alors, réfléchissons
un peu.

Qu’est–ce au juste
qu’un laïc chrétien ?
- On a trop tendance à couper le laïc en morceaux
: d’un côté, le citoyen lambda qui fait comme
tout le monde ; de l’autre, le paroissien serviable qui
aide son curé. Or ce collage de deux moitiés disparates
est caricatural. C’est vrai, le laïc est membre de
l’Eglise : pas seulement un adhérent qui a le droit
de consommer tranquillement le « produit »,
mais un fidèle actif qui prend sa part dans la construction,
le fonctionnement et le rayonnement missionnaire de la communauté.
Mais, en participant à cette tâche, il ne doit pas
oublier qu’il est laïc et laisser sa vocation propre
à la porte de l’église, dans le seau à
parapluie. C’est comme tel qu’il s’inscrit dans
la famille chrétienne, avec sa compétence, ses responsabilités,
ses questions, ses besoins. Il apporte aux frères la richesse
de ce qu’il vit, la partageant avec ceux qui n’ont
pas la même expérience. Il présente ses soucis
à l’intercession de toute la communauté. Il
attend – jusqu’à un certain point du moins
– d’être aidé par les autres dans ses
problèmes et éclairé par la hiérarchie
de l’Eglise. Le concile Vatican II est formel 1
: le propre du laïc est son engagement dans la réalité
du monde, dans le séculier. C’est là qu’il
remplit son rôle majeur, là qu’il se sanctifie,
là qu’il est apôtre. Sauf appel particulier
(comme il en va pour certains membres du Renouveau soucieux d’une
action directe), il n’évangélise pas en grimpant
sur les réverbères, mais en imprégnant le
monde de l’esprit de l’Evangile et en corrigeant les
défectuosités de la vie sociale ; ce qui ne le dispense
pas d’annoncer le Christ à ses collègues,
à son voisinage, à ceux qu’il rencontre, de
la façon la plus pertinente qui soit.
- Or, de nos jours, cet idéal semble avoir régressé.
Autant, il y a 50 ans, les chrétiens se sont battus pour
qu’on ne les réduise pas à des auxiliaires
du clergé, mais qu’on les laisse s’engager
dans le monde avec les coudées franches, autant, aujourd’hui,
parfois du moins, les laïcs se ruent sur les fonctions d’Eglise
en rangs serrés. A ce phénomène de repli,
je vois plusieurs raisons. D’abord, le fait que trop d’anciens
militants se sont enlisés dans la politique et que leur
foi en a pris un coup : alors ça dissuade. Ensuite, la
raréfaction des prêtres, qui demande aux fidèles
d’assurer en priorité des fonctions de suppléance.
Surtout, la peur qu’ont trop de laïcs d’avoir
à prendre position dans la société face aux
problèmes moraux que posent certains secteurs, notamment
celui de la bio–éthique. De fait, il est plus facile
de lire une épître de saint Paul au micro durant
la messe que d’être conseiller municipal (bien que
l’un n’empêche pas l’autre !). Et puis,
certains adultes, hommes et femmes, en mal de promotion, convoitent
le gouvernement des paroisses par volonté de puissance.
Ce faisant, leur dit le Pape, ils oublient qu’ils ne seront
jamais des pasteurs véritables, et surtout ils se « cléricalisent »,
négligeant ainsi leur vocation propre 2.
Bien sûr, il y a plusieurs cas de figures. La maman chrétienne
s’emploiera sans doute à des tâches de catéchèse,
et le retraité offrira à son prêtre le service
de sa compétence, en gestion par exemple. Mais, s’il
a tant soit peu de discernement, le laïc « dans
les affaires » essaiera de ne pas engloutir tout son
loisir dans la direction d’une chorale ni dans l’entretien
des bâtiments paroissiaux : il se demandera ce que le Seigneur
attend de lui, compte tenu de ses responsabilités véritables.
Il cherchera le vrai terrain de sa mission.
- De par l’imbrication de l’humain et du chrétien,
le laïc n’est pas un homme en qui se juxtaposeraient
deux consciences : une moitié qui se fixerait des exigences,
et l’autre qui en ferait à sa guise. Le concile est
formel : « Le laïc, qui est tout ensemble membre
du Peuple de Dieu et de la cité des hommes, n’a qu’une
conscience chrétienne. Celle–ci doit le guider sans
cesse dans les deux domaines » 3.
Certes, la hiérarchie ne lui dicte pas le détail
de ce qu’il doit faire (comme banquier, comme juge, comme
officier…), mais elle l’éclaire au moyen de ce
qui s’appelle « la doctrine sociale de l’Eglise ».
- Certains tentent de faire coïncider leur compétence
professionnelle avec la tâche d’évangélisation
: par exemple un éditeur chrétien s’offrant
explicitement à la nouvelle évangélisation
en sortant des livres ou des affiches, ou bien encore les rédacteurs
d’un magazine religieux, etc. C’est évidemment
merveilleux, mais ce n’est pas donné à tout
le monde. Cela suppose d’ailleurs des capacités techniques
assurées par de solides études et sanctionnées
par des examens. N’y vois surtout pas une solution de facilité
: gentils bricoleurs, s’abstenir. On ne court–circuite
jamais la compétence.

Laïcat tous azimuts
- La famille – à commencer par leur famille –
est le premier souci des laïcs. On se plaît à
dire que l’Etat ne peut l’empêcher de se former,
de vivre, d’assumer ses responsabilités (surtout
l’éducation des enfants), de se donner les fils et
les filles qu’elle désire, de demeurer unie envers
et contre tout : il doit l’aider, mais sans jamais la supplanter.
Et il devient pervers lorsqu’il fait des lois qui encouragent
le divorce, la dénatalité, l’avortement, en
fournissant des avantages financiers à ceux qui vivent
en concubinage ou pratiquent l’IVG. Même si l’Etat
le mieux intentionné ne peut imposer toute l’étendue
morale avec les moyens de coercition qui sont les siens, il y
a quand même des limites à ne pas franchir, et vouloir
flatter l’électorat conduit à l’abîme.
Il est possible, quand on le veut, de redresser l’opinion,
avec l’aide des associations les plus courageuses.
La famille s’impose aussi à l’Eglise : au sein
de la communauté, elle ne se dilue pas, mais elle se présente
pour ce qu’elle est : non pas une simple association qui
devrait demander la permission d’exister et de fonctionner
(comme certains mouvements), mais une institution divine, dotée
de ses droits et de ses devoirs. La famille est la première
responsable de la formation chrétienne de ses enfants,
des moyens d’y faire face et des étapes à
ménager ; pour cela, elle collabore avec la paroisse, mais
elle ne peut accepter aucun cléricalisme. Par ailleurs,
elle n’est pas un vivier dans lequel le prêtre pourrait
pêcher n’importe comment ses collaborateurs apostoliques,
sans tenir compte de la réalité du foyer : les engagements
qu’acceptent les époux ne doivent pas les empêcher
de vivre leur amour et d’être présents à
leurs enfants. Réussir leur mariage et l’éducation
de leur progéniture est le premier devoir des laïcs.
La famille ne va pas pour autant se fermer sur elle–même
: elle doit s’ouvrir à tout ce qui la concerne, à
la fois par la militance proprement dite (les AFC, associations
familiales catholiques par exemple) et par la participation à
diverses assemblées, celles de parents d’élèves
par exemple. Ne crois pas ceux qui disent que la militance familiale
est rétro. A condition, bien sûr, qu’elle tienne
compte de l’ensemble des problèmes sociaux, au lieu
de se braquer sur les siens seulement. Elle est le cas majeur
démontrant que tout a une dimension morale, que rien n’est
purement technique. Elle s’intéresse aussi à
ce qu’on appelle le caritatif : il lui arrive d’adopter
un ou plusieurs enfants, des bien portants comme des handicapés.
Et quand les parents ont engendré eux–mêmes
un bébé mal formé, un trisomique par exemple,
ils peuvent s’associer à d’autres qui font
face au même problème. Tu devines l’ampleur
de ce qu’il est possible de faire.
- La profession elle aussi est pour le laïc un point capital.
C’est d’abord l’importance du métier
comme tel, dans sa réalité technique et dans son
utilité sociale, sans oublier l’épanouissement
qu’il apporte au travailleur : tu sais le drame que constitue
le chômage, non seulement parce qu’il tarit les ressources
familiales mais aussi parce qu’il laisse « en
jachère » un homme tourmenté, parfois
humilié aux yeux de ses enfants. Bien sûr, tous ne
sont pas ingénieurs ni chercheurs ni comédiens ni
artistes, mais tous ont un rôle à jouer. Comme toutes
les réalités sociales, la profession a une dimension
morale : il faut que tous les jeunes puissent avoir une qualification,
sans qu’il se fasse une sélection injuste ; il faut
que les conditions de travail soient salubres, que le salaire
soit suffisant et même équitable, que les licenciements
ne se fassent pas n’importe comment, que les conflits soient
réglés d’une façon juste, que les affrontements
se fassent sans violence, que les grèves ne durent pas
indéfiniment, que la hiérarchie des revenus ne soit
pas scandaleuse… D’où l’existence du syndicalisme
et de toutes les chambres de métiers. Il existe pour le
chrétien divers mouvements qui lui permettent de réfléchir
son action, par exemple le MCC pour les cadres. Evidemment, les
problèmes particuliers de chaque profession entrent dans
le problème général de l’économie
du pays. Cette économie elle–même est indissociable
de tout ce qui touche le Tiers–Monde : non seulement pour
que soient consenties des aides ponctuelles en cas d’urgence,
mais pour que soit respectée la justice des prix dans les
marchés internationaux. Sans parler des immigrés
qui viennent travailler chez nous. C’est là un point
important de la doctrine sociale de l’Eglise. Chacun peut
défendre « son bout de gras », mais
sans myopie et sans égoïsme.
- La vie politique englobe tous ces problèmes, qui prennent
place dans la vie de toute une nation, avec la diversité
des opinions et les affrontements qui en résultent. Sans
ce qu’Aristote appelle « amitié politique »,
un pays éclate et tombe dans la guerre civile. Tous les
citoyens doivent prendre part à la vie de la nation mais,
bien sûr, chacun selon sa vocation propre. Le minimum, c’est
de s’intéresser à l’opinion et de savoir
prendre position quand il le faut, par exemple en adhérant
à un parti et en prenant part aux votes. D’autres
se font militants d’une façon plus active, voire
cherchent à se faire élire à l’un ou
l’autre des niveaux de la vie sociale, de la commune au
Parlement, pour des postes de commandement ou de gestion. A toi
de trouver ta place un jour. Evidemment, la vie politique n’échappe
pas à la morale, en ce qui concerne ses buts et ses moyens
: nous voyons trop comment les choses se sont dégradées
ces derniers temps. Il est possible que certains députés
chrétiens aient pour objectif explicite et prioritaire
la défense des valeurs (pense à Christine Boutin).
En attendant que prenne forme ta vie d’adulte, il serait
bon que tu prennes part à des cercles – chrétiens,
pourquoi pas ? – dans lesquels des jeunes cherchent
une formation à la vie politique, d’abord non–partisane.
Cela existe. Il y a aussi d’excellents livres sur cette
question, par exemple celui de Henri Hude, Ethique et politique.
- Reste le vaste domaine du caritatif, qui englobe des choses
bien différentes : soit des activités ponctuelles,
soit des engagements permanents, des engagements qui, pour certains,
peuvent tenir lieu de profession salariée (s’ils
sont permanents du Secours catholique ou des Conférences
de Saint–Vincent de Paul). Ne crie pas au gâchis :
la charité doit pouvoir s’organiser, pour ne pas
être prise de court ou réagir n’importe comment
; mais, bien sûr, un organisme ne doit pas manger, pour
son seul fonctionnement, 60% des dons qu’il reçoit
!… On ne fait pas du caritatif parce que ce domaine semble plus
pur que les autres : il en faut aussi qui s’emploient à
éviter le mal au lieu d’y porter remède après
coup ; l’abbé Pierre le répète souvent,
lui qui se soucie autant du comportement des hommes politiques
que des chiffonniers d’Emmaüs. Bien sûr, le caritatif
couvre des surfaces plus ou moins grandes : il s’occupe
de la « mémé » individuelle
comme aussi du Liban, de la Croatie et de la Bosnie. Tu le sais,
toi qui as fait de fréquentes incursions en Pologne ou
ailleurs.
- Je n’oublie pas le domaine culturel dans toute son étendue
: il en est que cette réalité peut tenter. Elle
suppose aussi une forte compétence, et elle revêt
toujours un aspect politique, ne serait–ce que par les subventions
qu’elle essaie de décrocher ! Pense aux sciences
et aux arts, mais aussi à tout ce qui relève de
la pédagogie, aux relations internationales, aux jumelages,
etc.

Y a–t–il un type
de société béni par l’église ?
C’est une question délicate. Je ne
pense pas que la hiérarchie de l’Eglise puisse bénir
explicitement une société donnée, une société
concrète, comme si elle réalisait exactement l’idéal
évangélique. Quand elle l’a fait (je n’ose
pas citer d’exemples…), cela n’a pas été
une réussite ! Bien sûr, l’Eglise peut exprimer
son soulagement à la fin d’une période terrible
(le nazisme ou le stalinisme) et donner son soutien à un
homme qui représente un espoir (je pense à Lech Walesa),
mais cette caution doit garder une certaine mesure et ne pas se
prolonger plus qu’il ne faut. Au Bénin, un évêque,
Mgr Isidore D’Souza, a même accepté de sortir
son pays du désastre dans lequel l’avait mis une révolution
marxiste (menée par des chrétiens !), mais il a passé
la main très rapidement à des laïcs. En France,
bien des gens reprochent à certains évêques
de pencher à gauche, mais ce ne serait pas mieux si c’était
en face : chez nous, on n’aime pas ces collusions, quelles
qu’elles soient, et l’on a raison. En d’autres
pays la sensibilité n’est pas la même, c’est
vrai, mais on ne peut pas dire que les « démocraties
chrétiennes » aient été un succès,
sûrement pas en Italie ! Ne mélangeons pas les choses.
Même si un parti politique ne regroupait que des catholiques,
il ne serait pas un parti d’Eglise.
Ceci dit, la doctrine sociale de l’Eglise
nous donne le portrait–robot d’une société
juste en rappelant les grands principes qui doivent l’animer
: une autorité légalement constituée et soucieuse
du bien commun, la participation de tous à la vie publique
et la liberté du jeu politique, un personnalisme qui exclut
à la fois le collectivisme et le libéralisme, un Etat
qui ne soit pas omnipotent mais laisse fonctionner les divers groupes
(ce qu’on appelle le principe de subsidiarité), le
primat des personnes sur les biens, la destination de ces biens
au service de tous, la solidarité internationale, la paix
par tous les moyens possibles.. Vaste programme !
Il n’empêche que, dans la complexité
des problèmes, la communauté chrétienne internationale
se trouve divisée au plan de certains choix politiques. On
l’a vu quand Jean–Paul II, qui ne cachait pas sa préférence
pour la paix, a réuni à Rome les évêques
concernés par la guerre du Golfe. Les Chaldéens soutenaient
Saddam Hussein comme bienfaiteur de leur Eglise. Les Libanais aussi,
mais par dépit, souhaitant une cuisante défaite aux
Américains, qui n’avaient pas bougé le petit
doigt pour les aider… Mais les chrétiens vivant au contact
de la communauté juive en Israël n’avaient aucune
sympathie pour les « skud » qui arrivaient
sur la tête de leurs amis. Pourtant, dans le même pays,
les Palestiniens, de rite latin ou grec, devaient avoir une autre
opinion… Et que pensaient les catholiques de France ou des USA ?…
Ainsi se vérifie ce que dit Vatican II : que les chrétiens
peuvent avoir la même vision évangélique globale
sans pour autant choisir les mêmes solutions 4,
sauf conjoncture grave où s’imposerait l’évidence.
Par contre, dans notre Eglise, il est possible de faire se rencontrer
des hommes aussi divergents, de les faire échanger et prier,
de les faire tomber d’accord sur la recherche d’un même
but : une paix juste. Ce n’est pas rien !

Quel est le rapport entre la
cité terrestre et celle du ciel ?
C’est, bien sûr, la question de fond.
Elle rejoint l’une des demandes du Notre Père : « Que
ton Règne vienne sur la terre comme au ciel ».
Sur ce point, Vatican II nous a donné de précieux
éclaircissements. Il n’a pas dit, bien sûr, qu’on
pouvait créer le paradis sur terre, le fameux Grand Soir
des marxistes et le Progrès des positivistes, mais il a montré
le lien qui unissait notre monde à l’éternité
: « Le corps de la nouvelle famille humaine y grandit,
qui offre déjà quelque ébauche du siècle
à venir » 5.
Et si l’Esprit « appelle certains à témoigner
ouvertement du désir de la demeure céleste, il appelle
les autres à se vouer au service terrestre des hommes, préparant
par ce ministère la matière du monde à venir »
6. C’est ce
que Jean–Paul II appelle la civilisation de l’amour,
l’amour étant le point commun entre la terre et le
ciel, et comme un acompte de l’éternité, dit
souvent saint Paul. Quand on aime, on bâtit toujours du définitif
; même si on ne peut pas imaginer comment fonctionnera exactement
la résurrection finale, on sait que le Royaume des cieux
sera essentiellement une grande et intense communion. Autant la
commencer tout de suite, non pas en l’air, non pas seulement
entre nous, chrétiens, mais à tous les niveaux de
la vie sociale. A chacun son secteur et sa manière.
Bref, au match de l’histoire, ne te contente
pas de rester assis sur les gradins du stade pour compter les corners
et les penalties des autres, et soigner les entorses à l’infirmerie
: descends sur le gazon pour taper dans le ballon !

Références
- — Lumen gentium n°
31, repris par Christifideles laïci n° 15.
- — Christifideles laïci
n° 23. Le laïc… se demandera ce que le Seigneur
attend de lui, compte tenu de ses responsabilités véritables.
Il cherchera le vrai terrain de sa mission.
- — Apostolat des laïcs
n° 5. Les engagements qu’acceptent les époux
ne doivent pas les empêcher de vivre leur amour et d’être
présents à leurs enfants. Réussir leur mariage
et l’éducation de leur progéniture est le
premier devoir des laïcs.
Comme toutes les réalités sociales, la profession
a une dimension morale.
- — Eglise dans le monde
n° 43 § 3. Si l’Esprit « appelle
certains à témoigner ouvertement du désir
de la demeure céleste, il appelle les autres à se
vouer au service terrestre des hommes, préparant par ce
ministère la matière du monde à venir ».
- — Eglise dans
le monde n° 39 § 2.
- — Eglise dans le monde
n° 38 § 1.

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| Parution |
Maîtrises n°94
1993
page 2
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| Auteur |
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Père Manaranche
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| Le savais–tu ? |
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Cet article fait partie des lectures conseillées
dans le cadre du programme de formation
générale des chefs et cheftaines
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