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Guide puis guide-aînée à Paris, sœur Claire a fait sa promesse guide-aînée (son engagement) à Saint-Damien à Assise, dans le cloître de Sainte-Claire. C’est de là que vient son nom de religieuse.
Elle est maintenant prieure des Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire à Saint-Jean de Braye.
Par cette simple phrase, saint Benoît nous montre le fondement de l’autorité, qu’elle soit parentale ou fraternelle. L’amour n’est-il pas d’ailleurs la source de tout bien ? Si je veux que mon autorité soit un bien pour qui m’est confié, j’aurai d’abord à l’aimer. Car à quoi sert l’autorité si ce n’est à aider à la construction, à l’épanouissement des personnes ? Or nous savons d’expérience que seul l’amour est constructif et épanouissant pour la personne humaine quelle qu’elle soit !
Le fondement et l’exercice de l’autorité je les trouverai donc dans l’amour et l’amour tel que le Christ l’a vécu et désire le vivre en moi. C’est l’Évangile : « Ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi » (Jn 13,15) et « sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15,5).
Dans la vie bénédictine l’Abbé (l’Abbesse ou la Prieure) est regardé comme tenant la place du Christ. « On croit fermement en effet qu’Il tient la place du Christ » (Règle de saint Benoît 2,2). Si l’Abbé est regardé comme tenant la place du Christ, on attendra qu’il ait les sentiments et les comportements même du Christ envers les frères qui lui sont confiés. C’est pourquoi saint Benoît demande-t-il à l’Abbé :
« De ne rien enseigner, établir ou commander qui s’écarte des préceptes du Seigneur mais que ses ordres et son enseignement se répandent dans l’esprit de ses disciples comme un levain de la divine justice […] montrant tout ce qui est bon et saint par des actes plus encore que par des paroles » (RB 2,4.5.12).
« De tempérer tellement toutes choses que les forts désirent faire davantage et que les faibles ne se dérobent pas » (RB 64,19).
« De toujours préférer la miséricorde à la justice » (RB 64,10) sans néanmoins « fermer les yeux sur les péchés des délinquants, mais qu’il les retranche autant qu’il le pourra » (RB 2,26). Mais « il aura toujours devant les yeux sa propre faiblesse, et se souviendra qu’il ne faut pas broyer le roseau déjà éclaté. Par là nous n’entendons pas qu’il puisse laisser les vices se fortifier, mais qu’il les détruise avec prudence et charité, en adaptant les moyens à chaque caractère » (RB 64,13,13-14). « Qu’il haïsse les vices, mais qu’il aime les frères » (RB 64,11). Et toujours au nom du Christ dont il tient la place dans le monastère comme nous l’avons déjà dit.
Personnellement je ne conçois pas mon autorité de Prieure hors du Christ. Saint Paul n’a-t-il pas dit : « Pour moi vivre, c’est le Christ ! » Si le Christ est ma vie et si j’ai à « tenir sa place » au sein de ma Communauté, il est clair que je ne puis qu’en Lui recevoir et exercer l’autorité.
« Je suis responsable de ma rose », disait le Petit Prince. Guide-aînée, ayant eu à jouer le rôle du Petit Prince lors d’une fête de groupe, je me suis souvent référée à cette parole dans les différentes responsabilités qui m’ont été confiées et méditant cette parole à la lumière du chapitre 17 de Saint-Jean, j’ai compris qu’être responsable de quelqu’un en tant que chrétien c’est en fin de compte avoir une part de responsabilité de son Salut !
« Et pour eux je me consacre moi-même […] Père, je veux que là où je suis, ceux que tu m’as donnés soient eux aussi avec moi » (Jn 17,19.24).
Saint Benoît l’a bien compris lorsqu’il rappelle à l’Abbé que « ce sont des âmes qu’il a reçues à conduire » (RB 2,37). Mais on ne force jamais personne à accueillir le Salut, à embrasser le bien, la liberté étant la grandeur de l’homme.
« Si tu veux être parfait… » (Mt 19,21).
Par contre, on peut toujours et l’on doit éduquer la conscience humaine à se laisser façonner par l’Esprit d’amour et de vérité qui habite notre cœur profond. Et cette éducation, elle se commence dès l’enfance. C’est là, me semble-t-il, le rôle, la finalité de toute autorité.
Puissions-nous, parents, responsables de communauté, chefs et cheftaines aider ceux qui nous sont confiés à vivre en conformité avec l’Esprit qui les habite en mettant notre autorité à leur service. Service d’amour qui leur procurera de progresser dans le bien en toute liberté et respect de leur personne.

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