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  Perig Géraud-Keraod :
un fondateur
     
 

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Préambule

Pierre (Perig) GÉRAUD-KERAOD est décédé le 21 octobre 1997 ; une très grande partie de son existence a été consacrée au scoutisme, et plus particulièrement à notre association des « Guides et Scouts d'Europe ». Il m'a semblé nécessaire pour l'histoire de notre Association de tenter de relater ici les grandes étapes de la vie de Perig, et plus particulièrement celles qui ont trait au scoutisme, car pendant près de 26 années la vie de Perig se confond avec l'histoire de notre Association, Perig et Lizig GÉRAUD-KERAOD doivent être considérés comme nos fondateurs.

Je dois en premier lieu remercier Lizig GÉRAUD-KERAOD qui m'a donné des renseignements forts intéressants pour rédiger cet article. Je me suis servi des archives en ma possession, mais aussi des renseignements concernant les publications de notre Association, que Perig m'avait données il y a quelques années. Et enfin, Maurice OLLIER a donné, lors du Conseil Fédéral de 1997, un exposé sur l'histoire de notre Fédération du Scoutisme Européen (UIGSE), qui apporte des renseignements complémentaires précis sur certaines périodes de notre histoire.

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La jeunesse

Perig GÉRAUD-KERAOD est né le 1er juillet 1917, il appartenait par sa mère à une vieille famille d'imprimeurs journalistes bretons. Son grand-père dirigeait le journal de Pontivy et ses grands-oncles dirigeaient ceux de Lannion, Guinguamp et Loudéac. C'est de là que Perig tenait sa passion pour le journalisme dont il a toujours fait preuve. Son père Pierre GÉRAUD créa sa propre imprimerie à Lorient vers la fin de la guerre de 1914, et ceci avec beaucoup de difficultés, sur le plan physique, car il avait été blessé et gazé au cours de la guerre, et lorsqu'il hérita de sa mère une propriété à Montauban, il partit avec sa famille s'installer dans cette ville.

C'est à l'âge de 12 ans que Perig (Petit Pierre, en breton) entra comme scout à la 1ère Montauban, où il fit sa promesse le 19 mai 1930. Après des études au collège Saint-Théodard à Montauban, il devint étudiant en droit à Toulouse, où il prépara une licence, puis un doctorat en droit. Passionné par les langues, il apprend seul le breton, l'occitan et travaille le gaulois. Passé à la Route, il devint en 1938 chef de troupe de la 4e Montauban, troupe nouvellement créée au collège Saint-Théodard. En 1939, lors de la déclaration de guerre, il part pour l'école militaire de Saint-Maixent d'où il sortira comme sous-lieutenant. En 1941, il épouse Lucienne (Lizig, en breton) SOURNAC, qui était cheftaine de louveteaux à la 4e Montauban. Ils eurent cinq filles.

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Les années Bleimor

Puis Perig rentre à l'école des chemins de fer d'Orléans, pour devenir inspecteur, il fait des stages. À la fin de la guerre, il se trouve sous-chef de gare à Étampes où il a failli être fusillé par les Allemands. Il entre, par la suite, au ministère de la reconstruction et part s'installer avec sa famille à Paris. Comme beaucoup de nouveaux venus dans la capitale, il ne connaît personne et entre alors dans un Cercle Celtique, où se retrouvent chaque semaine des nouveaux arrivant de Bretagne pour y danser et chanter ensemble. Parmi les membres de ce Cercle Celtique se trouvent beaucoup de scouts ou de guides. C'est alors que Perig et Lizig eurent l'idée de créer un « Centre Scout d'expression bretonne ». Ce Centre prit le nom de BLEIMOR (en français : loup de mer). « BLEIMOR » était le surnom du poète breton Jean-Pierre CALLOC'H, originaire de l'île de Groix, mort le 10 avril 1917 sur le front de la Somme. Ce « Centre Scout d'expression bretonne » fut donc créé dans le cadre de la province Saint-Denis des Scouts de France. Les activités de ce « Centre Scout d'expression bretonne » étaient au départ la formation à la danse bretonne, au chant et à l'art dramatique, et puis bien entendu le ressourcement en Bretagne. Un premier camp du « Centre Scout d'expression bretonne » eut lieu au cours de l'été 1946, à Plomelin, près de Quimper. Mais très vite Perig et Lizig prirent la décision de former avec les membres du « Centre Scout d'expression bretonne » un Clan de Routiers et un Feu de Guides-Aînées, car ils considéraient que le folklore ne pouvaient suffire à former en profondeur de véritables scouts et guides. Et début 1947, le Feu de Guides-Aînées est rattaché aux Guides de France. Ce Clan et ce Feu œuvrèrent pendant de nombreuses années dans le cadre de la « Mission bretonne de l'Ile-de-France ». Cette « Mission bretonne de l'Ile-de-France » avait été créée pour s'occuper des jeunes bretons émigrés en région parisienne afin de les aider à conserver une pratique religieuse qui était assidue en Bretagne, mais qu'ils avaient tendance à abandonner en région parisienne. L'activité « Service » du Clan et du Feu « BLEIMOR » consista donc à lancer des « pardons bretons » (c'est-à-dire des fêtes bretonnes) dans les paroisses de la région parisienne où étaient implantés de nombreux bretons « émigrés », avec messes, veillées, etc. La veille du pardon, les Routiers allaient distribuer des invitations dans les cours des immeubles, accompagnés de sonneurs de biniou et de bombarde. Aussi les compatriotes bretons se pressaient nombreux à ces fêtes et cela permettait aux curés des paroisses de faire connaissance de leurs nouveaux paroissien bretons. C'est ainsi que la formation à l'expression déboucha sur le « Service ». Par la suite des veillées pascales furent organisées en Beauce et en Brie.

Le 4 janvier 1948, un premier arbre de Noël est lancé pour 270 enfants dont les parents étaient originaires de Bretagne. Certains parents étaient intéressés par le scoutisme pour leurs enfants, deux unités furent lancées : une ronde de jeannettes dirigées par Catherine PERISSE (il s'agit de Catherine LEFEVRE, qui fut pendant de nombreuses années, par le suite, commissaire de district du Rhône pour les Guides d'Europe), et une troupe scoute dirigée par Yann Le FLOC'H. Cet arbre de Noël sera organisé pendant 24 ans, il sera complété par une sortie en été dans la forêt de Meudon, pour les jeunes enfants et leurs familles. Les unités de jeunes vont par la suite se densifier pour devenir deux groupes complets de scouts et de guides « BLEIMOR ». C'est unités continuent aussi à faire de l'expression. La troupe constituera un excellent « bagad BLEIMOR » de sonneurs, comprenant binious, bombardes et tambours ; et la compagnie a constitué le « Telen BLEIMOR », groupe de jeunes harpistes (avec harpe celtique). Certains des membres de ces deux groupes musicaux ont fait par la suite une grande carrière musicale : Alain COCHEVELOU (Alan STIVELL), Marie-Annick LARCHANTEC, Brigitte BARONNET, Gaël LOARER, entre autres. Il faut aussi ajouter à tout cela le lancement des pèlerinages ; celui de Saint-Pol-de-Léon, en 1950, regroupera 90 Routiers et Guides-Aînées BLEIMOR, car des unités de scouts et de guides avaient été lancées en Bretagne, en plus des groupes parisiens.

Dès 1947 Perig lance une revue qui s'appelle SKED (« Sevel Keltia Evit Doué ») ce qui veut dire en français « Bâtir la Celtie Pour Dieu », dix numéros de cette revue paraîtront de 1947 à 1954. Le directeur de la revue est P. KERAOD, pseudonyme littéraire de Perig GÉRAUD, et de très nombreux articles sont signés KERAOD. Bien entendu ces articles concernent en premier lieu la culture, l'histoire de la Bretagne et la langue bretonne, mais aussi le scoutisme, avec quelques articles tels que « scoutisme et celtisme », et « scoutisme et langue bretonne ». Quels que soient ces articles et leur contenu, ils dénotent en tous cas, de la part de Perig, une très grande culture et une connaissance approfondie de la langue bretonne et même de la langue des gaulois. Mais avant toute chose cette revue se veut chrétienne, et comme l'écrivait un de ses lecteurs : « votre revue est placée sur un terrain spirituel qui lui attirera bien des coup de griffe… ».

À la suite de SKED, Perig et Lizig lanceront en janvier 1957 une autre revue qui s'appelle « STURIER » (le Pilote, en français), cette dernière revue, destinée plutôt aux jeunes scouts et guides « BLEIMOR », fusionnera par la suite avec le journal « Scout d'Europe ». « STURIER » comportera au total 48 numéros, et le dernier sortira pour Noël 1968.

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Perig rejoint les Guides et Scouts d'Europe

Mais de grands changements commençaient à s'amorcer dans le scoutisme. Ce n'est pas ici le lieu de raconter la crise du scoutisme catholique, d'autres l'ont déjà fait. Perig et Lizig étaient tout à fait au courant des tensions qui existaient au sein du Q.G. des Scouts de France, entre la branche Éclaireur et la Route, mais aussi des expérimentations en cours. Conscients de ces nouvelles orientations, c'est le 31 août 1962 que les chefs et les cheftaines de BLEIMOR, ainsi que leurs aumôniers, réunis à Tréguier, ont pris à l'unanimité la décision de quitter les Scouts de France et les Guides de France. C'est par un parent de scout que Perig obtint l'adresse d'une association dénommée « SCOUT D'EUROPE », qui existait en France depuis novembre 1958, et qui faisait partie d'une organisation internationale de scoutisme dite « FÉDÉRATION DU SCOUTISME EUROPÉEN », née en 1956, et qui comprenait à l'époque, outre l'association FRANÇAISE, des associations ALLEMANDES, BELGES et BRITANNIQUES. Perig et Lizig prennent contact, fin septembre 1962. Perig se rendit compte que cette petite association des « SCOUTS D'EUROPE », avait des potentialités réelles. Aussi dès la fin de décembre 1962, Perig et Lizig GÉRAUD-KERAOD, s'appuyant sur des chefs de la 5e Paris, et de la 7e Paris se jettent dans l'action pour développer cette association.

L'année 1963 marque un tournant décisif et très important pour cette jeune association. Le contrat fédéral de la « Fédération du Scoutisme Européen (FSE) », qui deviendra par la suite en 1976, l'« Union Internationale des Guides et Scouts d'Europe - Fédération du Scoutisme Européen, (U.I.G.S.E.) » est officialisé, et il est signé en mars 1963 par les dirigeants de l'association allemande « BUND EUROPAISCHER PFADFINDER », des groupes belges et anglais signeront également ce texte. S'inspirant de la Charte du scoutisme catholique que le Saint-Siège venait de promulguer en juillet 1962, mais aussi sur la base et d'après les principes de l'ancien Directoire Religieux, Perig élabore le texte du Directoire Religieux qui fut officialisé en mars 1963, en accord avec les associations belge (née en 1960) et allemande.

La situation de l'association française « Scouts d'Europe - (Europa Scouts) de la Fédération du Scoutisme Européen » était alors la suivante : outre les « BLEIMOR », à Paris et en Bretagne (Ploubazlanec, Quintin, Vannes, Quimper), soit environ 240 membres, il restait les deux troupes parisiennes de la 5e et 7e Paris, soit 60 membres, et un groupe à Strasbourg, soit un total de 320 adhérents environ. Parmi les chefs de la 5e Paris, il faut signaler Gérard MAGNE, qui sera par la suite le premier Commissaire Fédéral français et qui fut également président de l'association française ; et parmi ceux de la 7e, Maurice OLLIER, qui fut le fondateur de CARRICK, Secrétaire National pendant de nombreuses années et également Commissaire Fédéral de l'UIGSE après Perig.

Perig, comme secrétaire général de l'association (dont il deviendra par la suite Commissaire Général, puis président), devait assez rapidement, avec Lizig, prendre en charge la rédaction du journal, qui s'appelait alors « PASSAT » du nom d'un bâtiment à voile de la marine allemande. Le nom de cette revue, s'il avait une signification pour l'association allemande, n'en avait aucune pour les Français aussi, dès mars 1965, une nouvelle revue verra le jour : « SCOUT D'EUROPE », dont le premier numéro de mars 1965 porte le n°9. La revue « STURIER » continue encore pendant plusieurs années, jusqu'à Noël 1968.

Un camp international est réalisé à Marburg, en août 1964 qui réunissait des Anglais, des Belges, des Allemands et des Français. La délégation française (guides et scouts), dirigée par Perig et Lizig, se composait de 80 anciens « Bleimor » et la troupe 7e Paris, et de la troupe de Strasbourg. Au cours de cette année 1964, Perig et Lizig feront une mise au point sur les grandes lignes du cérémonial.

À la Pentecôte 1964 avait lieu le grand rassemblement à Jambville des pionniers Scouts de France, et des chefs opposés à cette réforme s'intéressent à ce jeune mouvement des « Scouts d'Europe ». Une réflexion voit le jour sur les raisons qui ont pu amener un tel changement chez les « Scouts de France », et sur les bases qui fondent la relation du scoutisme avec le monde qui l'entoure. C'est à partir de ces réflexions que Perig et Lizig pensent qu'il est nécessaire de donner aux Scouts d'Europe des bases doctrinales solides. Et c'est ainsi que Perig entreprend, dans le cadre « d'Information jeunesse », avec l'aide de plusieurs autres personnes, dont Marie-Claire GOUSSEAU, la rédaction de la « Charte des principes naturels et chrétiens du scoutisme européen ». Cette charte, qui doit beaucoup à la pensée philosophique de Perig, sera officialisée le 15 juin 1965. C'est certainement à partir de réflexions sur le « Directoire Religieux » et sur la « Charte » que Perig prendra pleinement conscience que le but initial des « Bleimor » qui était de redonner une conscience chrétienne et culturelle à la Bretagne était très largement dépassé, car l'enjeu était beaucoup plus important, il se situait au niveau de la France, de l'Europe.

À partir de 1965, la section des « Guides d'Europe » se met en place, car au début il n'existait qu'une seule compagnie de Guides, celles des « Bleimor ». Et en 1965, les Guides d'Europe, en plein développement, adoptent la chemise bleu-ciel au lieu de la chemise beige, pour bien montrer, par un signe visible, l'existence de deux sections distinctes masculine et féminine.

En 1966, désireux de faire revivre chez les scouts et les guides le goût des pèlerinages vers les haut-lieux de la chrétienté, Perig et Lizig organisent pour les branches éclaireurs et éclaireuses un camp de la Semaine Sainte qui se terminera par une route vers le Mont Saint-Michel à travers les grèves et par une messe dans l'église abbatiale. Plus de 700 scouts et guides traverseront ainsi la baie derrière les « Baussant ». Le style « scout d'Europe » est lancé. C'est également en 1966 que Gérard MAGNE est élu commissaire fédéral. Ce fut aussi la fondation des première unités marines, le lancement du premier camp-école Guide dirigé par Marie-Claire GOUSSEAU, et le premier camp-école louvetisme dirigé par Lizig.

En 1967, Perig lance le revue pour les chefs et cheftaines qui s'appelle « Maîtrises », cette revue prend la suite d'un petit bulletin qui s'appelait « Sextant ». Depuis l'origine, l'association est dirigée entièrement par des bénévoles, Perig, pris toute la journée par ses occupations professionnelles, n'a que les soirées pour écrire les articles des revues, les week-end étant plutôt consacré aux rencontres avec les chefs. En quatre ans, près de 80 groupes furent lancés. Le secrétariat du mouvement se trouve dans une chambre de bonne, rue Copernic, et Maurice OLLIER assure bénévolement ce secrétariat. Ce fut une des périodes les plus intenses de la vie du mouvement, puisque les effectifs augmentaient sans cesse et même doublaient d'année en année (entre 1964 et 1968).

En 1968, Perig et Lizig organisent un camp international regroupant des unités scoutes et guides, françaises et allemandes, dans la région d'Elven, dans le Morbihan, se terminant par un pèlerinage à Sainte-Anne d'Auray ; 24 unités regroupées par deux ou trois camperont ensemble cet été-là. Cela permettra de constater les progrès accomplis depuis le camp de Marburg en 1964, et de mesurer les efforts à faire pour améliorer encore la pédagogie et le style.

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Les Guides et Scouts d'Europe prennent leur essor

Pendant toutes ces premières années de notre association, il n'est pas inutile de préciser que la hiérarchie de l'Église catholique n'était pas particulièrement favorable à notre mouvement, et que Perig et Lizig ont dû certainement en souffrir. En 1969, l'arrivée du chanoine Lanquetin comme conseiller religieux des équipes nationales permet d'approfondir la dimension spirituelle de notre pédagogie. En outre les jeunes chefs et cheftaines éprouvant un besoin de document et de livrets pédagogiques, le carnet d'épreuves « Pistes » est mis en place avec l'aide précieuse de Pierre-Yves LABBE, le CNE. Puis en novembre 1969, c'est la création du magasin « Carrick ».

En 1970, les effectifs de l'association se montent à près de 10 000 membres et les besoins de formation se font de plus en plus pressant, Perig et Pierre-Yve LABBE organisent le premier camp national d'entraînement pour les chefs de la branche éclaireurs, le CHAM F.S.E., qui deviendra quelques années plus tard le MAC-LAREN. Ce premier CHAM F.S.E. permettra de former des chefs brevetés qui organiseront par la suite des camps de formation 1er et 2e degré dans les provinces. Cette même année, notre association change de nom (le 20 juin 1970), elle s'appelle désormais : « Les Guides et Scouts d'Europe de la Fédération du Scoutisme Européen (FSE) » et est agrée par le Secrétariat d'État à la Jeunesse et aux Sports.

Le mouvement achète alors un modeste local au 6 de la rue Pernety, pour y installer le secrétariat, mais les revues continuent à être fabriquées au domicile de Perig et de Lizig, à Clamart, Perig s'occupant plutôt de la partie rédactionnelle et Lizig de la mise en page. La revue est maintenant imprimée et Pierre Joubert accepte de dessiner pour « Scout d'Europe ».

Depuis 1968, Perig a demandé à Henri GIRE, chef de chorale et compositeur, de prendre en charge l'expression et les chants, car il s'est rendu compte au camp-Étoile du Morbihan du faible niveau des veillées. Perig était tout à fait conscient qu'il était nécessaire, pour renforcer l'unité du mouvement, d'avoir un fond commun à tous au niveau des chants, surtout au moment des grands rassemblements. Le travail qu'Henri GIRE a fait dans ce domaine est énorme. Mais Perig a aussi pris sa part dans ce travail musical, grâce à ses dons de poète, car nous lui devons le chant fédéral « Sur la route », mais aussi les paroles de plusieurs autres chants : « En avant », « Nous aimons l'orage », « La chanson du départ », etc.

Avec l'aide de Geneviève Brechenmacher, une nouvelle revue, pour les louveteaux, voit le jour, il s'agit de « Mowgli » qui est inséré dans le « Scout d'Europe ».

En 1972, Perig surchargé de travail, obtient d'être mis en disponibilité par le Ministère de l'Urbanisme où il travaille. Heureusement, car en plus de son activité comme Commissaire Général, il s'occupe aussi beaucoup de l'International. Cette même année, en se servant des nombreux articles parus dans « Scout d'Europe » Perig et Lizig font éditer le premier album « Scoutorama ». En juillet et octobre 1972, dans deux articles de « Maîtrises » (n°19 et 20), Perig lance les grands axes de ce que devra être la Route des Scouts d'Europe. Il existait déjà quelques clans ou équipes de Routiers, et il y avait déjà même plusieurs CNR successifs, mais Perig pensant que les formes anciennes de la Route et ce dans tous les pays étaient périmées, il fallait donc bâtir du neuf. C'est ainsi qu'il lance les trois branches de la Route : la Route Pilote, la Route Inter-maîtrises, la Route Civique, qui deviendra par la suite la Route de la Mission.

En 1973, Perig et Lizig organisent et dirigent la première Session Nationale des Maîtrises et des Commissaires, le SENAMCO. Il eut lieu au château de la Chesnoye.

En 1974 est lancé le Clan et le Feu Notre-Dame de Lourdes, 160 chefs et cheftaines français et belges se sont retrouvés à Lourdes du 11 au 18 août pour prier et se mettre au service des malades.

Puis c'est l'Année Sainte, plus de 500 chefs et cheftaines partent en pèlerinage vers Rome, où ils sont accueillis par des chefs et cheftaines italiens (dont Atillio GRIECO actuel président de l'UIGSE), qui seront l'année suivante les fondateurs de l'Association italienne des Guides et Scouts d'Europe. De ce pèlerinage, il faut retentir trois choses, d'abord un superbe jeu scénique d'Henri GIRE sur la vie de saint François d'Assise, avec le « Cantique des créatures », hymne magnifique qui fut pendant de nombreuses années le chant favori de tous les groupes. Puis à Saint-Paul-hors-les-murs, la Route des Scouts d'Europe prend un nouveau départ avec l'investiture, par Perig, de Jean-Charles de COLIGNY comme Commissaire National Route. Et enfin l'audience pontificale, au cours de laquelle le pape Paul VI s'adressa à nous en ces termes : « Guides et Scouts d'Europe, sachez que vous serez toujours des amis pour nous. Nous avons une grande confiance dans votre présence, dans votre travail, dans votre association et dans l'esprit du scoutisme. Soyez bénis ! Rapportez du souvenir du Jubilé, auquel vous avez participé, le sens de la fermeté et de la fidélité au Christ et à son enseignement ».

En 1975, les locaux du 6 rue Pernety devenant trop petits, un pavillon est acheté à Clamart pour y installer le secrétariat, la comptabilité, et les autres permanents qu'il fallut embaucher, Carrick reste rue Pernety.

C'est aussi en 1976, à la Toussaint, qu'eut lieu le premier rassemblement des Routiers pilotes et chefs à Vézelay. Les Guides-Aînées devaient, par la suite, lancer un rassemblement annuel à la même date, le premier ayant eu lieu en 1978 à l'abbaye de Chantelle.

En 1977 eut lieu le premier camp de formation éclaireurs franco/allemand, le camp « Charlemagne ». L'année précédente, Jean-Charles de COLIGNY avait lancé les Routiers sur la route de Saint-Jacques de Compostelle.

Puis en 1978, c'est le pèlerinage international à Lourdes où se retrouvent 1 300 chefs, cheftaines, routiers et guides-aînées, dont 650 Français (plus des Allemands, des Italiens et des Belges), qui prononceront l'acte de consécration de l'Union International des Guides et Scouts d'Europe à Marie, et pour la première fois, Perig lance le cri fédéral « Ad Mariam… Europa ».

Il était fastidieux de mentionner ici toutes les activités ou toutes les initiatives que Perig et Lizig ont pu avoir, avec l'aide de leurs Commissaires Nationaux de Branche. Il y eu bien sûr les journées nationales internationales d'Orléans en 1980, de Troyes en 1983 et d'Arc-et-Senans en 1986, le lancement des réseaux de patrouilles libres de l'Araignée et de l'Alauda. Sans oublier l'Eurojam de 1984 qui rassembla 5 000 scouts et guides.

En 1981, le Centre National de Clamart est devenu trop petit, compte tenu de l'augmentation, des effectifs des adhérents et bien sûr des permanents ; il nous faut trouver aussi un lieu pour tenir des réunions de chefs ou pour faire des camp de formation. Après plusieurs mois de recherche, le choix est porté sur une propriété située à 90km de Paris, car nous n'avons pas les moyens financiers pour être plus près de la capitale. C'est l'acquisition du Relais de Poste à Château-Landon. Perig et Lizig vont eux aussi quitter Clamart pour s'installer à proximité du nouveau Centre National.

En septembre 1982, une menace pèse sur notre Association, nous sommes avisés par le Ministre de la Jeunesse et Sports que la commission des agréments a décidé de nous retirer l'agrément dont notre association bénéficie, comme association de scoutisme, depuis plus de dix ans. Ce qui revient à dire que nos unités ne pourraient plus camper selon les règles propres au mouvement de scoutisme. Perig organise une véritable campagne d'information auprès des parlementaires et des médias, il informe les cadres du mouvement et les familles de cette menace et leur demande de se mobiliser pour le défense du scoutisme libre, des comités de soutien sont créés. Ce fut un travail intense pour Perig, pendant plusieurs mois. Une inspection générale du Ministère de la Jeunesse et Sport eut lieu. Ce fut une grande joie, en août 1983, d'apprendre que notre agrément national était finalement maintenu.

En 1983, Perig avait 66 ans, il pensait qu'il était temps de trouver un successeur et de passer la main. Lors de l'Assemblée Générale de 1983, il cesse donc ses fonctions de Commissaire Général Scout et est élu président de l'Association des Guides et Scouts d'Europe, service qu'il conserva jusqu'en 1986, et il conserva au niveau international les fonctions de Commissaire Fédéral de l'UIGSE ; quand à Lizig elle restera Commissaire Générale Guide jusqu'en 1986.

Perig et Lizig GÉRAUD-KERAOD, nos fondateurs, ont droit à notre reconnaissance pour tout ce qu'il ont fait pour notre Association des « Guides et Scouts d'Europe ». Ils s'étaient engagés, le jour de leur promesse, à « Servir ».

 
 Parution
 
Maîtrises n°112
février 1998
pages 1-3
 

 Auteur
 
F. de PORTZAMPARC
Président de l'AGSE
de 1992 à 1999
 

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