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Préambule
Pierre (Perig) GÉRAUD-KERAOD est décédé
le 21 octobre 1997 ; une très grande partie de son existence
a été consacrée au scoutisme, et plus particulièrement
à notre association des « Guides et Scouts d'Europe ».
Il m'a semblé nécessaire pour l'histoire
de notre Association de tenter de relater ici les grandes étapes
de la vie de Perig, et plus particulièrement celles qui ont
trait au scoutisme, car pendant près de 26 années
la vie de Perig se confond avec l'histoire de notre Association,
Perig et Lizig GÉRAUD-KERAOD doivent être considérés
comme nos fondateurs.
Je dois en premier lieu remercier Lizig GÉRAUD-KERAOD
qui m'a donné des renseignements forts intéressants
pour rédiger cet article. Je me suis servi des archives en
ma possession, mais aussi des renseignements concernant les publications
de notre Association, que Perig m'avait données il y
a quelques années. Et enfin, Maurice OLLIER a donné,
lors du Conseil Fédéral de 1997, un exposé
sur l'histoire de notre Fédération du Scoutisme
Européen (UIGSE), qui apporte des renseignements complémentaires
précis sur certaines périodes de notre histoire.

La jeunesse
Perig GÉRAUD-KERAOD est né le 1er juillet
1917, il appartenait par sa mère à une vieille famille
d'imprimeurs journalistes bretons. Son grand-père dirigeait
le journal de Pontivy et ses grands-oncles dirigeaient ceux de Lannion,
Guinguamp et Loudéac. C'est de là que Perig tenait
sa passion pour le journalisme dont il a toujours fait preuve. Son
père Pierre GÉRAUD créa sa propre imprimerie
à Lorient vers la fin de la guerre de 1914, et ceci avec
beaucoup de difficultés, sur le plan physique, car il avait
été blessé et gazé au cours de la guerre,
et lorsqu'il hérita de sa mère une propriété
à Montauban, il partit avec sa famille s'installer dans
cette ville.
C'est à l'âge de 12 ans que Perig
(Petit Pierre, en breton) entra comme scout à la 1ère
Montauban, où il fit sa promesse le 19 mai 1930. Après
des études au collège Saint-Théodard à
Montauban, il devint étudiant en droit à Toulouse,
où il prépara une licence, puis un doctorat en droit.
Passionné par les langues, il apprend seul le breton, l'occitan
et travaille le gaulois. Passé à la Route, il devint
en 1938 chef de troupe de la 4e Montauban, troupe nouvellement créée
au collège Saint-Théodard. En 1939, lors de la déclaration
de guerre, il part pour l'école militaire de Saint-Maixent
d'où il sortira comme sous-lieutenant. En 1941, il épouse
Lucienne (Lizig, en breton) SOURNAC, qui était cheftaine
de louveteaux à la 4e Montauban. Ils eurent cinq filles.

Les années Bleimor
Puis Perig rentre à l'école des chemins
de fer d'Orléans, pour devenir inspecteur, il fait des
stages. À la fin de la guerre, il se trouve sous-chef de
gare à Étampes où il a failli être fusillé
par les Allemands. Il entre, par la suite, au ministère de
la reconstruction et part s'installer avec sa famille à
Paris. Comme beaucoup de nouveaux venus dans la capitale, il ne
connaît personne et entre alors dans un Cercle Celtique, où
se retrouvent chaque semaine des nouveaux arrivant de Bretagne pour
y danser et chanter ensemble. Parmi les membres de ce Cercle Celtique
se trouvent beaucoup de scouts ou de guides. C'est alors que
Perig et Lizig eurent l'idée de créer un «
Centre Scout d'expression bretonne ». Ce
Centre prit le nom de BLEIMOR (en français : loup de mer).
« BLEIMOR » était le surnom du poète
breton Jean-Pierre CALLOC'H, originaire de l'île
de Groix, mort le 10 avril 1917 sur le front de la Somme. Ce « Centre
Scout d'expression bretonne » fut donc créé
dans le cadre de la province Saint-Denis des Scouts de France. Les
activités de ce « Centre Scout d'expression
bretonne » étaient au départ la formation
à la danse bretonne, au chant et à l'art dramatique,
et puis bien entendu le ressourcement en Bretagne. Un premier camp
du « Centre Scout d'expression bretonne »
eut lieu au cours de l'été 1946, à Plomelin,
près de Quimper. Mais très vite Perig et Lizig prirent
la décision de former avec les membres du « Centre
Scout d'expression bretonne » un Clan de Routiers
et un Feu de Guides-Aînées, car ils considéraient
que le folklore ne pouvaient suffire à former en profondeur
de véritables scouts et guides. Et début 1947, le
Feu de Guides-Aînées est rattaché aux Guides
de France. Ce Clan et ce Feu uvrèrent pendant de nombreuses
années dans le cadre de la « Mission bretonne
de l'Ile-de-France ». Cette « Mission
bretonne de l'Ile-de-France » avait été
créée pour s'occuper des jeunes bretons émigrés
en région parisienne afin de les aider à conserver
une pratique religieuse qui était assidue en Bretagne, mais
qu'ils avaient tendance à abandonner en région
parisienne. L'activité « Service »
du Clan et du Feu « BLEIMOR » consista donc
à lancer des « pardons bretons » (c'est-à-dire
des fêtes bretonnes) dans les paroisses de la région
parisienne où étaient implantés de nombreux
bretons « émigrés », avec messes,
veillées, etc. La veille du pardon, les Routiers allaient
distribuer des invitations dans les cours des immeubles, accompagnés
de sonneurs de biniou et de bombarde. Aussi les compatriotes bretons
se pressaient nombreux à ces fêtes et cela permettait
aux curés des paroisses de faire connaissance de leurs nouveaux
paroissien bretons. C'est ainsi que la formation à l'expression
déboucha sur le « Service ». Par la
suite des veillées pascales furent organisées en Beauce
et en Brie.
Le 4 janvier 1948, un premier arbre de Noël est lancé
pour 270 enfants dont les parents étaient originaires de
Bretagne. Certains parents étaient intéressés
par le scoutisme pour leurs enfants, deux unités furent lancées
: une ronde de jeannettes dirigées par Catherine PERISSE
(il s'agit de Catherine LEFEVRE, qui fut pendant de nombreuses
années, par le suite, commissaire de district du Rhône
pour les Guides d'Europe), et une troupe scoute dirigée
par Yann Le FLOC'H. Cet arbre de Noël sera organisé
pendant 24 ans, il sera complété par une sortie en
été dans la forêt de Meudon, pour les jeunes
enfants et leurs familles. Les unités de jeunes vont par
la suite se densifier pour devenir deux groupes complets de scouts
et de guides « BLEIMOR ». C'est unités
continuent aussi à faire de l'expression. La troupe
constituera un excellent « bagad BLEIMOR »
de sonneurs, comprenant binious, bombardes et tambours ; et la compagnie
a constitué le « Telen BLEIMOR », groupe
de jeunes harpistes (avec harpe celtique). Certains des membres
de ces deux groupes musicaux ont fait par la suite une grande carrière
musicale : Alain COCHEVELOU (Alan STIVELL), Marie-Annick LARCHANTEC,
Brigitte BARONNET, Gaël LOARER, entre autres. Il faut aussi
ajouter à tout cela le lancement des pèlerinages ;
celui de Saint-Pol-de-Léon, en 1950, regroupera 90 Routiers
et Guides-Aînées BLEIMOR, car des unités de
scouts et de guides avaient été lancées en
Bretagne, en plus des groupes parisiens.
Dès 1947 Perig lance une revue qui s'appelle
SKED (« Sevel Keltia Evit Doué »)
ce qui veut dire en français « Bâtir la
Celtie Pour Dieu », dix numéros de cette revue
paraîtront de 1947 à 1954. Le directeur de la revue
est P. KERAOD, pseudonyme littéraire de Perig GÉRAUD,
et de très nombreux articles sont signés KERAOD. Bien
entendu ces articles concernent en premier lieu la culture, l'histoire
de la Bretagne et la langue bretonne, mais aussi le scoutisme, avec
quelques articles tels que « scoutisme et celtisme »,
et « scoutisme et langue bretonne ».
Quels que soient ces articles et leur contenu, ils dénotent
en tous cas, de la part de Perig, une très grande culture
et une connaissance approfondie de la langue bretonne et même
de la langue des gaulois. Mais avant toute chose cette revue se
veut chrétienne, et comme l'écrivait un de ses
lecteurs : « votre revue est placée sur un
terrain spirituel qui lui attirera bien des coup de griffe… ».
À la suite de SKED, Perig et Lizig lanceront en janvier
1957 une autre revue qui s'appelle « STURIER »
(le Pilote, en français), cette dernière revue, destinée
plutôt aux jeunes scouts et guides « BLEIMOR »,
fusionnera par la suite avec le journal « Scout d'Europe ».
« STURIER » comportera au total 48 numéros,
et le dernier sortira pour Noël 1968.

Perig rejoint les Guides et Scouts d'Europe
Mais de grands changements commençaient à
s'amorcer dans le scoutisme. Ce n'est pas ici le lieu
de raconter la crise du scoutisme catholique, d'autres l'ont
déjà fait. Perig et Lizig étaient tout à
fait au courant des tension qui existaient au sein du Q.G. des Scouts
de France, entre la branche Éclaireur et la Route, mais aussi
des expérimentations en cours. Conscients de ces nouvelles
orientations, c'est le 31 août 1962 que les chefs et
les cheftaines de BLEIMOR, ainsi que leurs aumôniers, réunis
à Tréguier, ont pris à l'unanimité
la décision de quitter les Scouts de France et les Guides
de France. C'est par un parent de scout que Perig obtint l'adresse
d'une association dénommée « SCOUT
D'EUROPE », qui existait en France depuis novembre
1958, et qui faisait partie d'une organisation internationale
de scoutisme dite « FÉDÉRATION DU SCOUTISME
EUROPÉEN », née en 1956, et qui comprenait
à l'époque, outre l'association FRANÇAISE,
des associations ALLEMANDES, BELGES et BRITANNIQUES. Perig et Lizig
prennent contact, fin septembre 1962. Perig se rendit compte que
cette petite association des « SCOUTS D'EUROPE »,
avait des potentialités réelles. Aussi dès
la fin de décembre 1962, Perig et Lizig GÉRAUD-KERAOD,
s'appuyant sur des chefs de la 5e Paris, et de la 7e Paris
se jettent dans l'action pour développer cette association.
L'année 1963 marque un tournant décisif
et très important pour cette jeune association. Le contrat
fédéral de la « Fédération
du Scoutisme Européen (FSE) », qui deviendra
par la suite en 1976, l'« Union Internationale
des Guides et Scouts d'Europe - Fédération du
Scoutisme Européen, (U.I.G.S.E.) » est officialisé,
et il est signé en mars 1963 par les dirigeants de l'association
allemande « BUND EUROPAISCHER PFADFINDER »,
des groupes belges et anglais signeront également ce texte.
S'inspirant de la Charte du scoutisme catholique que le Saint-Siège
venait de promulguer en juillet 1962, mais aussi sur la base et
d'après les principes de l'ancien Directoire Religieux,
Perig élabore le texte du Directoire
Religieux qui fut officialisé en mars 1963, en accord
avec les associations belge (née en 1960) et allemande.
La situation de l'association française « Scouts
d'Europe - (Europa Scouts) de la Fédération du
Scoutisme Européen » était alors la
suivante : outre les « BLEIMOR », à
Paris et en Bretagne (Ploubazlanec, Quintin, Vannes, Quimper), soit
environ 240 membres, il restait les deux troupes parisiennes de
la 5e et 7e Paris, soit 60 membres, et un groupe à Strasbourg,
soit un total de 320 adhérents environ. Parmi les chefs de
la 5e Paris, il faut signaler Gérard MAGNE, qui sera par
la suite le premier Commissaire Fédéral français
et qui fut également président de l'association
française ; et parmi ceux de la 7e, Maurice OLLIER, qui fut
le fondateur de CARRICK, Secrétaire National pendant de nombreuses
années et également Commissaire Fédéral
de l'UIGSE après Perig.
Perig, comme secrétaire général de
l'association (dont il deviendra par la suite Commissaire Général,
puis président), devait assez rapidement, avec Lizig, prendre
en charge la rédaction du journal, qui s'appelait alors
« PASSAT » du nom d'un bâtiment
à voile de la marine allemande. Le nom de cette revue, s'il
avait une signification pour l'association allemande, n'en
avait aucune pour les Français aussi, dès mars 1965,
une nouvelle revue verra le jour : « SCOUT D'EUROPE »,
dont le premier numéro de mars 1965 porte le n°9. La
revue « STURIER » continue encore pendant
plusieurs années, jusqu'à Noël 1968.
Un camp international est réalisé à
Marburg, en août 1964 qui réunissait des Anglais, des
Belges, des Allemands et des Français. La délégation
française (guides et scouts), dirigée par Perig et
Lizig, se composait de 80 anciens « Bleimor »
et la troupe 7e Paris, et de la troupe de Strasbourg. Au cours de
cette année 1964, Perig et Lizig feront une mise au point
sur les grandes lignes du cérémonial.
À la Pentecôte 1964 avait lieu le grand rassemblement
à Jambville des pionniers Scouts de France, et des chefs
opposés à cette réforme s'intéressent
à ce jeune mouvement des « Scouts d'Europe ».
Une réflexion voit le jour sur les raisons qui ont pu amener
un tel changement chez les « Scouts de France »,
et sur les bases qui fondent la relation du scoutisme avec le monde
qui l'entoure. C'est à partir de ces réflexions
que Perig et Lizig pensent qu'il est nécessaire de donner
aux Scouts d'Europe des bases doctrinales solides. Et c'est
ainsi que Perig entreprend, dans le cadre « d'Information
jeunesse », avec l'aide de plusieurs autres personnes,
dont Marie-Claire GOUSSEAU, la rédaction de la « Charte
des principes naturels et chrétiens du scoutisme européen ».
Cette charte, qui doit beaucoup à la pensée philosophique
de Perig, sera officialisée le 15 juin 1965. C'est certainement
à partir de réflexions sur le « Directoire
Religieux » et sur la « Charte »
que Perig prendra pleinement conscience que le but initial des «
Bleimor » qui était de redonner une conscience
chrétienne et culturelle à la Bretagne était
très largement dépassé, car l'enjeu était
beaucoup plus important, il se situait au niveau de la France, de
l'Europe.
À partir de 1965, la section des « Guides
d'Europe » se met en place, car au début
il n'existait qu'une seule compagnie de Guides, celles
des « Bleimor ». Et en 1965, les Guides d'Europe,
en plein développement, adoptent la chemise bleu-ciel au
lieu de la chemise beige, pour bien montrer, par un signe visible,
l'existence de deux sections distinctes masculine et féminine.
En 1966, désireux de faire revivre chez les scouts
et les guides le goût des pèlerinages vers les haut-lieux
de la chrétienté, Perig et Lizig organisent pour les
branches éclaireurs et éclaireuses un camp de la Semaine
Saint qui se terminera par une route vers le Mont Saint-Michel à
travers les grèves et par une messe dans l'église
abbatiale. Plus de 700 scouts et guides traverseront ainsi la baie
derrière les « Baussant ». Le style
« scout d'Europe » est lancé.
C'est également en 1966 que Gérard MAGNE est
élu commissaire fédéral. Ce fut aussi la fondation
des première unités marines, le lancement du premier
camp-école Guide dirigé par Marie-Claire GOUSSEAU,
et le premier camp-école louvetisme dirigé par Lizig.
En 1967, Perig lance le revue pour les chefs et cheftaines
qui s'appelle « Maîtrises »,
cette revue prend la suite d'un petit bulletin qui s'appelait
« Sextant ». Depuis l'origine, l'association
est dirigée entièrement par des bénévoles,
Perig, pris toute la journée par ses occupations professionnelles,
n'a que les soirées pour écrire les articles
des revues, les week-end étant plutôt consacré
aux rencontres avec les chefs. En quatre ans, près de 80
groupes furent lancés. Le secrétariat du mouvement
se trouve dans une chambre de bonne, rue Copernic, et Maurice OLLIER
assure bénévolement ce secrétariat. Ce fut
une des périodes les plus intenses de la vie du mouvement,
puisque les effectifs augmentaient sans cesse et même doublaient
d'année en année (entre 1964 et 1968).
En 1968, Perig et Lizig organisent un camp international
regroupant des unités scoutes et guides, françaises
et allemandes, dans la région d'Elven, dans le Morbihan,
se terminant par un pèlerinage à Sainte-Anne d'Auray
; 24 unités regroupées par deux ou trois camperont
ensemble cet été-là. Cela permettra de constater
les progrès accomplis depuis le camp de Marburg en 1964,
et de mesurer les efforts à faire pour améliorer encore
la pédagogie et le style.

Les Guides et Scouts d'Europe prennent leur essor
Pendant toutes ces premières années de notre
association, il n'est pas inutile de préciser que la
hiérarchie de l'Église catholique n'était
pas particulièrement favorable à notre mouvement,
et que Perig et Lizig ont dû certainement en souffrir. En
1969, l'arrivée du chanoine Lanquetin comme conseiller
religieux des équipes nationales permet d'approfondir
la dimension spirituelle de notre pédagogie. En outre les
jeunes chefs et cheftaines éprouvant un besoin de document
et de livrets pédagogiques, le carnet d'épreuves
« Pistes » est mis en place avec l'aide
précieuse de Pierre-Yves LABBE, le CNE. Puis en novembre
1969, c'est la création du magasin « Carrick ».
En 1970, les effectifs de l'association se montent
à près de 10 000 membres et les besoins de formation
se font de plus en plus pressant, Perig et Pierre-Yve LABBE organisent
le premier camp national d'entraînement pour les chefs
de la branche éclaireurs, le CHAM F.S.E., qui deviendra quelques
années plus tard le MAC-LAREN. Ce premier CHAM F.S.E. permettra
de former des chefs brevetés qui organiseront par la suite
des camps de formation 1er et 2e degré dans les provinces.
Cette même année, notre association change de nom (le
20 juin 1970), elle s'appelle désormais : « Les
Guides et Scouts d'Europe de la Fédération du
Scoutisme Européen (FSE) » et est agrée
par le Secrétariat d'État à la Jeunesse
et aux Sports.
Le mouvement achète alors un modeste local au 6 de
la rue Pernety, pour y installer le secrétariat, mais les
revues continuent à être fabriquées au domicile
de Perig et de Lizig, à Clamart, Perig s'occupant plutôt
de la partie rédactionnelle et Lizig de la mise en page.
La revue est maintenant imprimée et Pierre Joubert accepte
de dessiner pour « Scout d'Europe ».
Depuis 1968, Perig a demandé à Henri GIRE,
chef de chorale et compositeur, de prendre en charge l'expression
et les chants, car il s'est rendu compte au camp-Étoile
du Morbihan du faible niveau des veillées. Perig était
tout à fait conscient qu'il était nécessaire,
pour renforcer l'unité du mouvement, d'avoir un
fond commun à tous au niveau des chants, surtout au moment
des grands rassemblements. Le travail qu'Henri GIRE a fait
dans ce domaine est énorme. Mais Perig a aussi pris sa part
dans ce travail musical, grâce à ses dons de poête,
car nous lui devons le chant fédéral « Sur
la route », mais aussi les paroles de plusieurs autres
chants : « En avant », « Nous
aimons l'orage », « La chanson
du départ », etc.
Avec l'aide de Geneviève Brechenmacher, une
nouvelle revue, pour les louveteaux, voit le jour, il s'agit
de « Mowgli » qui est inséré
dans le « Scout d'Europe ».
En 1972, Perig surchargé de travail, obtient d'être
mis en disponibilité par le Ministère de l'Urbanisme
où il travaille. Heureusement, car en plus de son activité
comme Commissaire Général, il s'occupe aussi
beaucoup de l'International. Cette même année,
en se servant des nombreux articles parus dans « Scout
d'Europe » Perig et Lizig font éditer
le premier album « Scoutorama ». En
juillet et octobre 1972, dans deux articles de « Maîtrises »
(n°19 et 20), Perig lance les grands axes de ce que devra être
la Route des Scouts d'Europe. Il existait déjà
quelques clans ou équipes de Routiers, et il y avait déjà
même plusieurs CNR successifs, mais Perig pensant que les
formes anciennes de la Route et ce dans tous les pays étaient
périmées, il fallait donc bâtir du neuf. C'est
ainsi qu'il lance les trois branches de la Route : la
Route Pilote, la Route Inter-maîtrises, la Route Civique,
qui deviendra par la suite la Route de la Mission.
En 1973, Perig et Lizig organisent et dirigent la première
Session Nationale des Maîtrises et des Commissaires, le SENAMCO.
Il eut lieu au château de la Chesnoye.
En 1974 est lancé le Clan et le Feu Notre-Dame de
Lourdes, 160 chefs et cheftaines français et belges se sont
retrouvés à Lourdes du 11 au 18 août pour prier
et se mettre au service des malades.
Puis c'est l'Année Sainte, plus de 500
chefs et cheftaines partent en pèlerinage vers Rome, où
ils sont accueillis par des chefs et cheftaines italiens (dont Atillio
GRIECO actuel président de l'UIGSE), qui seront l'année
suivante les fondateurs de l'Association italienne des Guides
et Scouts d'Europe. De ce pèlerinage, il faut retentir
trois choses, d'abord un superbe jeu scénique d'Henri
GIRE sur la vie de saint François d'Assise, avec le
« Cantique des créatures »,
hymne magnifique qui fut pendant de nombreuses années le
chant favori de tous les groupes. Puis à Saint-Paul-hors-les-murs,
la Route des Scouts d'Europe prends un nouveau départ
avec l'investiture, par Perig, de Jean-Charles de COLIGNY comme
Commissaire National Route. Et enfin l'audience pontificale,
au cours de laquelle le pape Paul VI s'adressa à nous
en ces termes : « Guides et Scouts d'Europe,
sachez que vous serez toujours des amis pour nous. Nous avons une
grande confiance dans votre présence, dans votre travail,
dans votre association et dans l'esprit du scoutisme. Soyez
bénis ! Rapportez du souvenir du Jubilé, auquel vous
avez participé, le sens de la fermeté et de la fidélité
au Christ et à son enseignement ».
En 1975, les locaux du 6 rue Pernety devenant trop petits,
un pavillon est acheté à Clamart pour y installer
le secrétariat, la comptabilité, et les autres permanents
qu'il fallut embaucher, Carrick reste rue Pernety.
C'est aussi en 1976, à la Toussaint, qu'eut
lieu le premier rassemblement des Routiers pilotes et chefs à
Vézelay. Les Guides-Aînées devaient, par la
suite, lancer un rassemblement annuel à la même date,
le premier ayant eu lieu en 1978 à l'abbaye de Chantelle.
En 1977 eut lieu le premier camp de formation éclaireurs
franco/allemand, le camp « Charlemagne ».
L'année précédente, Jean-Charles de COLLIGNY
avait lancé les Routiers sur la route de Saint-Jacques de
Compostelle.
Puis en 1978, c'est le pèlerinage international
à Lourdes où se retrouvent 1 300 chefs, cheftaines,
routiers et guides-aînées, dont 650 Français
(plus dea Allemands, des Italiens et des Belges), qui prononceront
l'acte de consécration de l'Union International
des Guides et Scouts d'Europe à Marie, et pour la première
fois, Perig lance le cri fédéral « Ad Mariam…
Europa ».
Il était fastidieux de mentionner ici toutes les
activités ou toutes les initiatives que Perig et Lizig ont
pu avoir, avec l'aide de leurs Commissaires Nationaux de Branche.
Il y eu bien sûr les journées nationales internationales
d'Orléans en 1980, de Troyes en 1983 et d'Arc-et-Senans
en 1986, le lancement des réseaux de patrouilles libres de
l'Araignée et de l'Alauda. Sans oublier l'Eurojam
de 1984 qui rassembla 5 000 scouts et guides.
En 1981, le Centre National de Clamart est devenu trop petit,
compte tenu de l'augmentation, des effectifs des adhérents
et bien sûr des permanents ; il nous faut trouver aussi un
lieu pour tenir des réunions de chefs ou pour faire des camp
de formation. Après plusieurs mois de recherche, le choix
est porté sur une propriété située à
90km de Paris, car nous n'avons pas les moyens financiers pour
être plus près de la capitale. C'est l'acquisition
du Relais de Poste à Château-Landon. Perig et Lizig
vont eux aussi quitter Clamart pour s'installer à proximité
du nouveau Centre National.
En septembre 1982, une menace pèse sur notre Association,
nous sommes avisés par le Ministre de la Jeunesse et Sports
que la commission des agréments a décidé de
nous retirer l'agrément dont notre association bénéficie,
comme association de scoutisme, depuis plus de dix ans. Ce qui revient
à dire que nos unités ne pourraient plus camper selon
les règles propres au mouvement de scoutisme. Perig organise
une véritable campagne d'information auprès des
parlementaires et des médias, il informe les cadres du mouvement
et les familles de cette menace et leur demande de se mobiliser
pour le défense du scoutisme libre, des comités de
soutien sont créés. Ce fut un travail intense pour
Perig, pendant plusieurs mois. Une inspection générale
du Ministère de la Jeunesse et Sport eut lieu. Ce fut une
grande joie, en août 1983, d'apprendre que notre agrément
national était finalement maintenu.
En 1983, Perig avait 66 ans, il pensait qu'il était
temps de trouver un successeur et de passer la main. Lors de l'Assemblée
Générale de 1983, il cesse donc ses fonctions de Commissaire
Général Scout et est élu président de
l'Association des Guides et Scouts d'Europe, service qu'il
conserva jusqu'en 1986, et il conserva au niveau international
les fonctions de Commissaire Fédéral de l'UIGSE
; quand à Lizig elle restera Commissaire Générale
Guide jusqu'en 1986.
Perig et Lizig GÉRAUD-KERAOD, nos fondateurs, ont
droit à notre reconnaissance pour tout ce qu'il ont
fait pour notre Association des « Guides et Scouts
d'Europe ». Ils s'étaient engagés,
le jour de leur promesse, à « Servir ».
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| Parution |
Maîtrises n°112
février 1998
pages 1-3
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| Auteur |
F. de PORTZAMPARC
Président de l'AGSE
de 1992 à 1999
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