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  La vraie joie      
 

« La société technique a pu multiplier les occasions de plaisir, mais elle a bien du mal à secréter la vraie joie. Car la joie vient d’ailleurs. Elle est spirituelle. » Paul IV, Exhortation apostolique sur la joie chrétienne, Gaudete in Domino.

Comme tout sentiment, la joie émerge en nous sans que nous y exercions notre volonté. Elle surgit de façon involontaire et peut disparaître aussi vite, éphémère. C’est un sentiment qui nous irradie tel une lumière ou une chaleur intérieure.

Il existe de nombreuses joies humaines : le constat du travail accompli, l’audition d’une belle musique, la contemplation de la nature, des retrouvailles amicales. Elles ne sont pas toutes sur le même plan mais ne sont jamais à dédaigner car c’est à partir d’elles, le repas par exemple, que Jésus a annoncé le Royaume de Dieu.

Comme le dit si bien le poème du Lézard, il y a deux joies, celle qui vient du dedans et celle qui vient du dehors.

« Si une seule devait t’appartenir,
Si pour toi je devais choisir,
Je choisirais la joie qui vient du dedans.
 » Le livre du Lézard, Les deux joies

Celle-là est la joie spirituelle, différente du plaisir, c’est la joie intérieure.

Où est la source de la joie ?

Comment ne pas avoir envie de connaître la joie et de se renouveler en elle, sentiment de douceur, de plénitude et de bien-être ? Et d’en découvrir la source ?

Dans les toutes premières lignes de la Bible, dans le récit de la Création, revient cette phrase « et Dieu vit que cela était bon », expression d’une satisfaction et de la joie devant la beauté, et la perfection de la chose créée.

Et quand Dieu crée l’être humain à son image, homme et femme, « Dieu vit tout ce qu’Il avait fait : cela était très bon. » Dieu qui est l’Esprit d’Amour est aussi Joie. Il se réjouit du bien de ce qu’Il a créé et veut le bonheur de l’humanité.

Il désire ardemment le bonheur et la réussite de sa création.

Dieu est Joie et source de joie

Ce terme est repris bien souvent dans l’Écriture. Quand l’ange Gabriel annonce à Marie qu’elle sera la mère du Sauveur, il lui dit : « Réjouis-toi, Marie, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. » (Luc 1,28)

Et à Noël, aube de la joie du salut qui se réalisera pleinement quand le Christ pascal sera victorieux du mal et de la mort : « L’ange dit aux bergers : Soyez sans crainte, car voici que je vous annonce une grande joie qui sera celle de tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur. » (Luc 2, 9-11)

Puisque Dieu est Joie et source de joie, toute l’histoire de l’humanité et la nôtre vont s’inscrire dans cette perspective : vivre selon sa volonté et éprouver la joie ou se couper de Lui et vivre dans les larmes, dans la morosité, la tristesse.

Pour avancer sur ce chemin de la Joie, deux premières pistes sont à explorer.

Redécouvrir la joie de s’émerveiller devant la création

Nous nous habituons à notre environnement. Nous ne voyons plus, nous ne goûtons plus les délices de la création qui sont autant de signes de Dieu dans notre vie quotidienne.

La nature bien sûr, les arbres, les fleurs, les légumes : contemplons la complexité de la nature, son extraordinaire capacité de régénérescence. Ecoutons le chant des oiseaux, d’ailleurs au passage donnons-nous la joie de constater que nous entendons des sons si divers et différents.

Humons l’air, les odeurs ; apprécions les souffles de la brise, du vent d’orage ou de tempête, les arcs-en-ciel de printemps. Emerveillons-nous de pouvoir le faire : nos sens sont aiguisés, notre corps est tout entier organisé pour contempler, découvrir, être en harmonie avec la création. Tout nous est donné à voir, à entendre et à contempler.

Rendons grâce à Dieu : rendons-lui hommage de sa gratuité. Nous avons si souvent envie de nous approprier la création et de ne pas reconnaître qu’elle ne nous est que confiée pour le bien de tous !

« Le scout voit dans la nature l’œuvre de Dieu » : cela rend joyeux.

(Re) découvrir la joie de s’émerveiller de ce que Dieu fait en nous et dans les autres

Dieu éprouve la joie de contempler sa créature : quand Il crée l’être humain à son image, qu’Il le fait homme et femme, Il voit que cela est très bon.

Notre ressemblance à Son image est cette extraordinaire capacité d’aimer de manière consciente et volontaire. Ce germe de vie de Dieu en nous, en chacun d’entre nous, même s’il semble quelquefois difficile de Le voir, c’est notre marque d’être humain, distinct en cela de tous les autres éléments de la création. C’est au cœur de l’homme que Dieu a placé sa ressemblance, ce grain de moutarde qui, en nous, ne demande qu’à grandir, la vie même de Dieu en nous. Puisque Dieu est Amour, c’est un germe d’amour. Il est laissé à notre soin de le nourrir (grâce à tous les autres talents, dons et charismes dont nous sommes dépositaires pour le bien commun), de l’arroser, de favoriser sa croissance telle une plante.

Reconnaître ce don gratuit inimaginable de Dieu, lui accorder toute son importance et en réaliser toute la responsabilité qui nous incombe, c’est à la fois la cause d’une grande joie et la source de tant d’autres !

Reconnaître les autres dons que Dieu a placés en nous, ces talents divers en nous et chez les autres. Chacun(e) est un reflet de Dieu, tout d’abord par sa capacité d’aimer et puis par les myriades de talents, de qualités qui sont données par Lui.

Chacun est un « écho » de Dieu ; il nous faut le reconnaître, nous en émerveiller et en tenir compte comme d’un œcuménisme naturel.

« Le scout est bon pour tous ».

Par le scoutisme, nous sommes appelés à vivre ensemble dans la nature, éveillons notre attention à ces joies et gardons-les précieusement telles un trésor à partager.

 
 Parution
 
Maîtrises n°126
 2001
 pages 4 à 6
 

 Auteur
 
Marie-Noëlle Coëvoët
 

 Le savais–tu ?
   
Cet article fait partie des lectures conseillées dans le cadre du programme de formation générale des chefs et cheftaines
 

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