La joie, quel programme !
Tu es chef (ou cheftaine) depuis déjà quelques mois
ou même depuis plusieurs années, tu prépares
ton camp avec entrain pour les plus jeunes dont tu as la charge.
Tu sais ce qu’est la joie, et même tu repenses souvent
à cet article de la loi qui te demande de sourire et de
chanter. Mais ce huitième article débute par la
maîtrise de soi. Pas si facile que ça ! Et pourtant,
tu te dois d’être maître de toi si tu veux que
tes scouts (ou tes guides) acquièrent également
cette maîtrise. Le sourire et le chant sont pour toi des
moyens pour le devenir et pour transmettre cette maîtrise
aux plus jeunes.
Être maître de soi,
à quoi cela correspond-il exactement ? Il s’agit
en premier lieu d’être maître de ton corps,
qui permet aux autres de voir ce que tu éprouves ou même
ce que tu penses. C’est bien en étant maître
de ton corps dans les plus petites choses que tu deviendras cet
homme qui garde la tête haute dans la tempête. Mais
cette maîtrise du corps ne peut être sans une certaine
maîtrise de ta volonté. Avoir la volonté de
faire le bien, de continuer jusqu’au bout ce que tu as entrepris.
Et c’est par ta propre pensée que tu pourras guider
ta volonté et donc ton comportement. Quel chef n’a
pas connu « la journée catastrophe » de
milieu de camp, intendance mal faite, deux garçons (ou
filles) blessés ou malades, la panne de voiture…
c’est à ce moment précis que tes garçons
(tes filles) t’attendent comme exemple. À toi de
leur montrer, par ton comportement, que la sérénité
et le sourire peuvent arranger la plus grande part des choses.
Tu es responsable d’enfants
ou d’adolescents et tu es toi-même passé par
ces étapes. C’est aujourd’hui qu’ils
doivent apprendre à maîtriser leur corps qui change,
leurs passions qui naissent. C’est l’âge où
ils se construisent une personnalité et où ils apprennent
les principes de la vie. Souvent pleins d’énergie,
ils agissent plus facilement de manière impulsive. À
toi de bien diriger cet élan, en leur montrant le bienfait
de la maîtrise de soi. Ils doivent apprendre à se
contrôler et à réagir face aux événements
de manière réfléchie, à s’exprimer
ou à laisser s’exprimer les plus timides, et à
être joyeux sans être en perpétuelle effervescence.
Cet apprentissage de la maîtrise de soi dès l’âge
adolescent est un atout pour les futurs adultes qu’ils seront.
Il s’agit en effet de prendre les bonnes habitudes le plus
tôt possible.
C’est bien beau la maîtrise
de soi, mais que fait-on du reste de l’article : « sourit
et chante dans les difficultés » ? N’est-ce
pas là le meilleur moyen de se rendre maître de soi
et de communiquer cet état à ceux qui nous entourent ?
Le sourire et le chant sont effectivement
là pour t’aider à acquérir cette maîtrise
et à la transmettre aux plus jeunes. Sourire dans les difficultés
peut te paraître chose facile. A priori sourire ne consiste
qu’à tirer sur chaque coin de ses lèvres !
Non, ton sourire doit être un sourire franc, il doit venir
du fond de ton cœur pour pouvoir être véritablement
appelé par son nom. Et puis, penses-tu à sourire
quand tu es avec les scouts (même quand tu ne rencontres
pas de difficultés particulières) ? Quelle
joie et quel réconfort pour les plus jeunes, fatigués
par la marche sous la pluie, de voir leur chef sourire, avec un
sourire franc et naturel, témoignant à la fois de
sa compréhension et de sa joie à la vue des plus
jeunes donnant le meilleur d’eux-mêmes ! Ce sourire
est générateur d’une joie vraie, cela serait
dommage de s’en priver et d’en priver les autres !
En souriant, tu es porteur de joie pour toi comme pour ceux que
tu rencontres. Ne sois pas de ces gens avares de sourire qui,
peut-être, ne connaissent pas le bonheur que peut procurer
un tel geste.
Tu sais aussi combien le chant
est source de courage pour vaincre les obstacles jalonnant ta
route. Quel chef (ou cheftaine) n’a pas fait chanter ses
scouts (ses guides) pour réveiller sa troupe (sa compagnie)
endormie, ou au contraire pour calmer les foules excitées
après la veillée ? Le chant apprivoise le corps,
il permet de redonner du courage aux plus fatigués ou même
d’entraîner les plus réticents. Une unité
qui chante est une unité qui vit ! Les scouts et les
guides sont là, venant en camp, ils laissent derrière
eux leurs habitudes, leur confort ou leurs mondanités,
ils ont la chance de pouvoir goûter durant ce camp des moments
de joie saine et naturelle, d’amitiés partagées
à travers un chant, un regard, un sourire. Quelle guide,
quel scout, quelle cheftaine ou quel chef, ne repense pas avec
un pincement au cœur à cette veillée autour
du feu, durant laquelle il (elle) avait chanté avec ses
frères scouts (ses sœurs guides), après une
dure journée où tous avaient fait tant d’efforts.
Et pourtant : « Ce fut la veillée la plus
joyeuse du camp ! »
C’est en souriant et en
chantant que tu pourras donner aux scouts (ou aux guides) ce désir
d’être à leur tour dans la joie en étant
maîtres d’eux-mêmes. C’est en effet la
maîtrise de soi qui fait accéder à cette joie
simple et saine qui n’a pas besoin d’artifice, et
que pourtant si peu connaissent. C’est cette joie qui doit
être présente durant ton camp, la joie d’un
chrétien. « La joie doit être l’état
d’âme constant du chrétien puisqu’il
a trouvé le trésor caché, la perle précieuse,
le secret de la vie humaine ». Â toi de
faire découvrir véritablement ce secret aux scouts
(ou aux guides).
