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Un océan nous sépare et ses eaux
troubles nous obligent parfois à composer non seulement avec
la distance, mais également avec des cultures, des mœurs
différentes et bien d’autres traits qui nous caractérisent
et font de nous ce que nous sommes respectivement.
Que ce soit ici au Québec, au moment d’accueillir
un membre européen de l’Union internationale ou lors
d’un passage par chez vous, chaque occasion vécue a
toujours été pour moi marquée par l’accueil
et le respect. Qu’il s’agisse de gestes officiels ou
fraternels, de conseils fédéraux ou de bavardages,
de célébrations eucharistiques, de veillées
ou de soupers chaleureusement partagés, c’est à
chaque fois une occasion renouvelée de faire connaissance
et de retrouver des frères et des sœurs dans le scoutisme
et le guidisme. Certes, il y a les distinctions entre nous, mais
il y a aussi et surtout les similitudes. À chaque fois, je
suis charmée par notre idéal commun. J’aime
découvrir l’unité dans l’expression diversifiée
de ce que nous sommes respectivement.
Pour moi, vous communiquer la joie vécue
au chapitre international, c’est nécessairement faire
appel à des souvenirs et à des émotions. Avec
une certaine fébrilité, laissez-moi vous raconter
un peu…
La joie de l’unité internationale,
ce sont les premiers contacts facilement établis avec des
femmes et des hommes inconnus, mais qui pourtant nous ressemblent
si étrangement. Contrairement aux habitudes fréquentes,
une complicité se tisse rapidement. Les assises à
ces relations sont solides. Bien sûr, il y a la Loi. Il y
a la promesse. Il y a l’expérience unique de vie que
nous offrent le scoutisme et le guidisme traditionnels de l’Union
Internationale. Rapidement, on en vient à découvrir
que nous parlons bien le même langage et que nous avons en
commun les mêmes préoccupations pour les jeunes qui
nous sont confiés et pour les associations que nous servons.
La joie de l’unité internationale,
c’est être accueilli à Senlis par une cheftaine
de groupe. C’est visiter et découvrir avec elle son
coin de pays. C’est parler un langage commun en marchant sur
les lieux d’une veillée d’armes unique. Puis,
c’est jeter un regard attentif sur son album photo guide.
C’est réaliser alors simplement comment le même
cérémonial traduit bien le même engagement de
vie qui balise notre route.
La joie de l’unité internationale,
c’est la solidarité exprimée par l’équipe
du commissariat fédéral à mon endroit et à
l’endroit de l’équipe canadienne. C’est
ce regard chaleureux et compréhensif. C’est cette confiance
exprimée au moment de l’investiture. C’est la
patience. Cette main tendue, cette parole opportune en période
de doute. Un réconfort qui m’aide à « sourire
et à chanter… »
La joie de l’unité internationale,
c’est recevoir des nouvelles de la Belgique. C’est le
plaisir de lire les bons coups, les belles réalisations,
les bons moments et les expériences vécues. C’est
partager généreusement toute notre passion, nos projets
et parfois même nos préoccupations et déceptions.
Puis, c’est un texte de réflexion, un extrait de revue
qui m’est transmis par internet et qui exprime bien la solidarité
dans notre action commune.
La joie de l’unité internationale,
c’est le plaisir de puiser à même les expériences
de l’autre. C’est s’ouvrir sur de nouveaux horizons.
C’est être riche en présence de tant de possibilités.
C’est confronter nos habitudes. C’est découvrir.
C’est s’inspirer. C’est donner généreusement
et recevoir et recevoir encore… C’est à Château-Landon,
cette présentation qu’on m’a offerte spontanément
sur le guidisme-aîné. Ce sont les trucs offerts, les
réflexions, les opinions, les émotions.
La joie de l’unité internationale,
c’est la prière. C’est participer à une
célébration eucharistique qui nous unit cette fois
autour de la Sainte Table. C’est découvrir une autre
forme d’expression de la foi. C’est apprendre à
prier en latin. C’est trouver la paix et rendre grâce
dans la joie.
La joie de l’unité internationale,
c’est rire et chanter. C’est vivre à la scoute
et à la guide une veillée comme on en connaît
chez nous comme chez vous. C’est le jeu. C’est le chant.
C’est un tourbillon de cultures, de langues et de folklores.
La joie de l’unité internationale,
c’est aussi une certaine naïveté que j’espère
conserver. C’est elle qui me permet de demeurer franche et
dépourvue d’artifices. C’est elle qui me permet
de croire en l’avenir et de profiter pleinement des moments
de joie présents.
La joie de l’unité internationale,
c’est tout ça et encore plus.
Enfin, la joie de l’unité internationale,
c’est parmi tous les moments heureux vécus, cet après-midi
d’automne où, par hasard, en touriste, j’ai rencontré
à la sortie du château de Versailles des CP et SP guides
de la FSE qui préparaient un jeu pour leur patrouille. De
l’autre côté de l’Atlantique, je retrouvais
des guides tellement semblables à celles que je côtoyais
toutes les semaines à Montréal. Une poignée
de main, quelques mots, un sourire… La joie. Dans l’excitation,
nous avons pris une photo pour immortaliser notre rencontre heureuse,
beaucoup trop brève… Quelle joie de retrouver si loin
de chez soi des gens si près de nous !
Merci pour toutes ces joies.

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