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Responsables, avec les familles, de l’éducation
des jeunes qui nous sont confiés, nous nous devons d’aborder
avec eux un certain nombre de sujets afin de bien placer les repères
nécessaires à une vie épanouie.
Il arrive que certains de nos chefs, cheftaines,
routiers ou guides-aînées, anciens scouts ou guides,
« fêtent Pâques avant les Rameaux »,
se retrouvent parfois en situation difficile de responsabilité
paternelle ou maternelle sans pour autant être mariés,
vivant pour quelques-uns en « cohabitation juvénile »,
terme délicat pour désigner le concubinage. Ceci doit
être considéré comme un échec pour notre
mouvement d’éducation qui n’a pas su faire passer
le message de l’importance du maintien de la virginité,
homme ou femme, jusqu’au mariage. Responsabilité collective
du mouvement qui ne diminue en rien la responsabilité individuelle
des jeunes concernés.
Peut-être n’avons-nous pas su trouver
les mots, le moment, la force de faire passer ce message en temps
opportun. C’est pourquoi il est nécessaire d’y
revenir, à temps et à contre-temps, comme pour la
Bonne Nouvelle, selon une pédagogie adaptée
aux individus, aux circonstances, en étant attentif aux attentes,
aux moindres occasions offertes, provoquées parfois par les
intéressés eux-mêmes, toujours avec une grande
délicatesse mais sans concession. Qu’aucun ne puisse
dire, refusant sa responsabilité personnelle : « je
ne savais pas, mes éducateurs (formateurs, chefs) ont failli
à leurs tâches ».
La
liberté d’une attitude responsable
Il est bien connu qu’il suffit d’interdire
quelque chose pour donner envie de transgresser cet interdit. Cela
est particulièrement vrai des relations sexuelles avant le
mariage, dans l’environnement débridé qui est
le nôtre. C’est pourquoi il ne s’agit pas de souligner
l’interdit, mais les avantages, la liberté qu’on
peut retirer d’une attitude responsable, adulte, contrôlée,
chaste, avant le mariage. Autrement dit, faire comprendre le pourquoi
de « l’interdit » qui, si le genre humain
était sage, pourrait n’être que des orientations.
Sauf à répondre à une vocation
particulière, l’homme et la femme sont faits pour s’unir,
et dans la perspective que nous développons dans notre mouvement
chrétien, s’unir par le mariage, jusqu’à
la mort et dans la fidélité mutuelle.
Cette union jusqu’à la mort, de
par l’évolution de l’espèce, devient
de plus en plus longue et, par conséquent, de plus en plus
difficile
à maintenir. Il en est de même de la fidélité,
du fait de l’évolution des mœurs, du laxisme
qui nous entoure. La grâce du sacrement du mariage y pourvoit.
Mais il vaut mieux que les hommes et les femmes sur lesquelles
elle est dispensée
y soient suffisamment préparés.

S’entraîner
à la fidélité
On s’entraîne à la fidélité,
comme on s’entraîne au tennis ou au foot. C’est
un exercice quotidien, dont il faut rechercher des applications
pratiques ou spirituelles : douche, repas (régularité,
eh oui !), prière. En principe, deux jeunes qui se destinent
au mariage se font confiance, mais l’apport d’une preuve
de sa fidélité potentielle pour le restant de ses
jours constitue un plus : et quelle meilleure preuve de constance
peut-on donner que celle d’avoir su résister aux pulsions,
aux modes et de présenter ainsi un corps vierge ? Cela constitue
tout de même, en soi, et encore plus comparativement, une
sacrée garantie pour l’avenir. Si on a su tenir jusque
là, c’est qu’on a développé une
capacité de résistance qui pourra être bien
utile par la suite. De plus, conscient que cette preuve de constance
que constitue la virginité jusqu’au mariage ne peut,
par définition, se donner qu’une fois, on ne sera pas
enclin à la donner au premier (à la première)
venu(e). C’est un signe d’amour irréversible.

Ne
pas sacrifier l’avenir pour une satisfaction immédiate
L’apprentissage en commun des gestes d’amour
contribue à renforcer cette capacité de fidélité.
En effet, ne pas être fidèle, c’est rejeter tout
ce qui a été fait ensemble avant. Or les gestes d’amour
liés à la sexualité marquent tellement l’individu
qu’on ne peut se défaire des circonstances ou de la
personne avec laquelle on les a appris. Cet apprentissage en commun
contribue bien à renforcer l’attachement de l’un
pour l’autre. En outre, les apprendre hors mariage, c’est
risquer de voir s’immiscer entre les époux l’image
de celle ou de celui, avec lesquels on les a appris… Brassens
le chantait déjà : « La première
femme qu’on a tenue dans ses bras… ».
Ainsi, des gestes d’amour effectués avant mariage (même
si on est décidé, à l’instant donné,
d’avancer jusqu’à l’union « devant
Dieu et devant les hommes »), voire banalisés,
ne peuvent que contribuer à fragiliser la fidélité
dans le mariage à venir. C’est souvent sacrifier l’avenir
pour une satisfaction immédiate.
En conclusion, il est bien évident que
nos scouts et guides qui n’auraient pas perçu tous
les avantages de conserver une attitude chaste avant de recevoir
le sacrement de mariage, et se trouveraient dans une telle situation,
doivent continuer à être l’objet de nos soins
attentifs ; pas forcément au milieu de nous, car leur exemple
ne serait pas le meilleur vis-à-vis des plus jeunes dont
nous avons la charge. Mais nous devons continuer à les entourer
et à les aimer, pour les aider à faire face à
cette responsabilité et surtout à ce qu’ils
ne commettent pas le pire que serait la destruction du fruit éventuel
de leur union, autrement dit l’avortement. Qu’ils sachent
qu’ils ne seront jamais lâchés par leurs frères
dans le scoutisme et qu’il existe par ailleurs des associations
qui ont pour vocation cet accompagnement : Tom Pouce, Mère
de Miséricorde, s’ils en arrivaient à cette
situation peu souhaitable pour leur épanouissement. Qu’ils
assument avec courage ce qu’ils auront réalisé
et qu’ils ne perdent pas confiance !
Quant à ceux et celles qui respecteront
une approche du mariage conforme à leur engagement scout,
ils seront probablement considérés comme des dinosaures
(vous savez ces gentilles bêtes qu’on ne voit plus que
dans les musées !). Mais ils seront aussi les héros
de leur siècle, les vrais porteurs de beauté et d’espérance !
Extrait de Familiaris Consortio § 11,
exhortation apostolique de Jean-Paul II, 1981 : « La
sexualité, par laquelle l’homme et la femme se donnent
l’un à l’autre par les actes propres et exclusifs
des époux, n’est pas quelque chose de purement biologique,
mais concerne la personne humaine dans ce qu’elle a de plus
intime. Elle ne se réalise de façon véritablement
humaine que si elle est partie intégrante de l’amour
dans lequel l’homme et la femme s’engagent entièrement
l’un vis-à-vis de l’autre jusqu’à
la mort. La donation physique totale serait un mensonge si elle
n’était pas le signe et le fruit d’une donation
personnelle totale, dans laquelle toute la personne, jusqu’en
sa dimension temporelle, est présente. Si on se réserve
quoique ce soit, ou la possibilité d’en décider
autrement pour l’avenir, cela cesse d’être un
don total. »

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