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Chef de clan, tu veux croire que tous ces jeunes routiers
que tu tâches de guider poursuivent le même idéal
que le tien et tu as raison car sans doute telle est leur volonté
première… Mais l’esprit est souvent faible et tôt
ou tard tu seras confronté à des problèmes auxquels
tu n’avais tout d’abord pas songé. Pas de faux-fuyants,
à la Route on parle de tout mais encore faut-il avoir les arguments
pour le faire.
Un sujet particulier à aborder est celui
de la drogue. Je suis convaincu que certains routiers s’adonnent,
régulièrement ou non, au « petit joint ».
Ce mal est de plus en plus commun dans notre société
et je crois qu’il faut être réaliste : pourquoi
y échapperions-nous ? Alors que faire lorsque l’on
s’aperçoit que l’un des jeunes routiers qui nous
est confié consomme du cannabis ? La première chose
dont il faut se convaincre c’est que le dialogue est toujours
nécessaire.
Comprendre
Que faire ?
Annexes
Comprendre
Il faut à la fois tâcher de comprendre
ce qui a poussé ce jeune à agir de la sorte et lui
prouver que le cannabis est aussi dangereux que n’importe
quel autre produit stupéfiant. Enfin il faut l’amener
à réaliser combien cette pratique est en contradiction
avec l’idéal qu’il a choisi de poursuivre en
venant à la Route. Tels sont les points que je vais tâcher
de développer.
Sur Internet, on peut trouver de nombreux sites
traitant de ce sujet et le minimum à savoir. [...]
D’aucuns, autour de nous, voudraient nous
faire croire que consommer de « l’herbe »
est sans conséquences. Cela n’est pas anodin. Mais
il ne suffit pas de convaincre de la toxicité d’un
produit pour que les consommateurs en abandonnent la consommation.
Il faut avant tout comprendre et les aider à comprendre les
raisons profondes de leur acte. Un long travail d’écoute
et de mise en confiance de l’autre est nécessaire mais
quelque part n’est-ce pas là l’essence même
de ton engagement de chef ?
Les causes de la consommation de drogue sont
nombreuses et mériteraient d’être toutes examinées
mais cela serait fastidieux. Quoiqu’il en soit il apparaît
qu’elles ont toutes un point commun : le manque de confiance
en soi.
L’absence du père, provoque également
une réelle difficulté à s’épanouir.
Cette absence ne signifie pas nécessairement que le père
n’est pas physiquement présent mais qu’il ne
joue pas son rôle de père qui est de fixer des règles.
Tout enfant, pour grandir en sagesse, a besoin de repères.
Il a besoin qu’on lui apprenne ce que oui et non signifient.
Il apprendra ainsi que toute société à des
règles qu’il faut apprendre à respecter pour
vivre en bonne harmonie avec ses contemporains. Comment évoluer
dans une société si on a jamais eu entre les mains
les règles du jeu ?
De la même façon un enfant trop couvé,
à qui l’on a jamais laissé l’occasion
de faire ses propres expériences peut se retrouver totalement
perdu lorsqu’il doit prendre sa destinée en main. Pour
s’épanouir et devenir adulte, il faut faire l’apprentissage
de l’échec et de la réussite. Un échec
n’est jamais une catastrophe quand on sait en tirer les leçons.
Il permet de faire le point et de repartir du bon pied. C’est
une étape nécessaire à tous mais certains parents
ne l’acceptent pas très facilement. Leurs enfants vivent
particulièrement mal la déception qu’ils peuvent
leur causer et peuvent se réfugier dans des « paradis
artificiels ».
Il y a plusieurs types de réactions à
ces vides provoqués par des éducations qui ont voulu
être les meilleures possibles mais qui n’en demeurent
pas moins imparfaites : l’enfermement sur soi ou l’adhésion
à la manière de faire d’un groupe (une bande)
où l’on a le sentiment de retrouver ce dont on a manqué
jusqu’à présent. Dans le cas de l’enfermement
sur soi qui peut se traduire par une timidité maladive ou
par une suractivité exacerbée, le mal est profond
et il faudra faire preuve de beaucoup de patience et de persuasion
pour aider celui qui en est victime. Dans le second cas, celui de
l’adhésion à une bande, on peut imaginer que
la rencontre avec des personnes sensées et attentives comme
on doit en trouver dans nos clans permettra au jeune de retrouver
le droit chemin.

Que faire ?
À tous ces jeunes blessés au cours
de leur enfance, même s’ils n’en ont pas toujours
conscience, la Route peut apporter une aide non négligeable.
La vie en plein air, la réalisation de
belles choses, ensemble, sont sans doute les meilleures thérapies
possibles. Si l’on ajoute à cela la possibilité
d’être écouté et non jugé, alors
tout devient possible. La Route est le lieu où l’on
exprime pleinement sa liberté.
Quand on a 20 ans et que l’on continue son parcours scout,
on fait preuve d’une belle indépendance d’esprit.
Qui peut dire qu’il n’a pas un jour hésité
à dire à des amis qu’il était toujours
scout, de peur que l’on se moque de lui ? Ce choix doit être
mis en avant et on doit montrer au jeune en difficulté combien
il a été courageux de faire cette démarche.
Alors pourquoi tout gâcher par une mauvaise habitude dont
on peut bien se passer même si la société semble
l’accepter ?
Mais ce choix initial ne suffit pas. Il faut le
mûrir et en accepter les implications. Les exigences de la
Route sont réelles et on ne peut pas faire abstraction de
ce qui nous gêne. La pureté exigée par la Route,
cela signifie aussi qu’elle n’est pas compatible avec
l’usage de produits stupéfiants qui font oublier le
monde réel. La Route est ancrée dans la réalité.
Le monde, ses beautés et ses horreurs, sont le quotidien
du routier qui sait s’émerveiller des premières
et qui fait tout ce qui est en son pouvoir pour atténuer
les secondes. Le monde entre par les pieds du routier. Chaque effort
est récompensé par la satisfaction qu’on ne
manque jamais de trouver quand on a accompli un effort gratuit.
On ne peut pas être routier et fuir dans des paradis artificiels.
La joie se trouve dans l’effort consenti gratuitement. Cette
découverte est totalement à l’opposé
des extases non naturelles que l’on recherche dans les produits
stupéfiants. L’effort est la meilleure médication
contre la timidité et la peur de ne pas trouver sa place
dans le monde surtout lorsque qu’il permet de mener à
bien un projet mûri en commun au sein du clan.
La prière est également une arme
puissante pour retrouver l’estime de soi. Aux yeux de Dieu
nous sommes tous uniques et nous méritons d’être
aimés pour nous même. L’abandon à l’Amour
de Dieu est le meilleur des remèdes au mal être et
à la peur de ne pas trouver sa place dans le monde. Nous
savons tous que Dieu à un projet pour nous. Prions-le, demandons-lui
d’éclairer notre route et apprenons à lui faire
totalement confiance. Il ne veut que notre bonheur et notre épanouissement.
Pas besoin de produits bizarres pour grandir, si nous nous confions
à lui il ne nous permettra pas de nous perdre.
En préparant ce petit topo, je me suis
rendu compte combien était dangereuse la démarche
de beaucoup de nos contemporains qui recherchant la facilité
veulent à tout prix nous faire croire que le cannabis ce
n’est pas pire qu’une cigarette. Notre monde produit
de plus en plus de jeunes gens mal dans leur peau et plutôt
que de prendre la peine de les aider à retrouver leur confiance
en eux on voudrait leur donner les moyens d’anesthésier
leur douleur. Refusons cet état de fait et si autour de nous
quelqu’un semble flancher, épaulons-le en lui offrant
toute notre attention et en lui ouvrant les portes de notre cœur.
Je crois que plus que de longs discours sur les méfaits physiques
de la drogue c’est la capacité d’écoute
qui importe. Que ce sujet ne soit pas tabou autour de nos feux.
Le silence peut parfois être destructeur !
Annexes
Historique
Suite à divers voyages du cannabis d’Inde
au Moyen-Orient on le retrouve en Égypte, qui connut une
importante consommation correspondant à une longue période
de déclin. Les effets du cannabis et de ses dérivés
impressionnèrent beaucoup Napoléon Bonaparte lors
de la campagne d’Égypte, qui dès lors interdit
à ses troupes la consommation de la substance. Le monde occidental
pris contact avec le cannabis vers 1840, lorsque Moreau de Tours
en décrivit assez précisément les effets. La
relance de sa consommation eut lieu dans les années 60. Cette
consommation s’est ensuite graduellement généralisée
à toute la planète depuis 1970, du fait notamment
de l’application par certains pays de régimes de tolérance
qui vont au-delà de la législation déjà
moins restrictive à l’égard du cannabis que
pour d’autres substances stupéfiantes.

Propriétés physiopharmacologiques
Parmi les molécules identifiées
du cannabis ayant une activité biologique, l’on distingue
le D-9-THC composé psychoactif principal, ainsi que d’autres
composants psychoactifs très secondaire très peu actifs.
Le D-9-THC est à la fois un psychostimulant et un psychodépresseur
dont les effets se rapprochent de ceux des hallucinogènes.
Il perturbe le fonctionnement du système nerveux central
en provoquant une ébriété, en détériorant
la vigilance, la mémorisation, les capacités psychomotrices,
et la perception du temps. Il présente des interactions avec
d’autres produits tels que les amphétamines, l’alcool,
les barbituriques et les opiacés. C’est une substance
très lipophile, qui se stocke dans les graisses. Sa demi-vie
moyenne est de 96 heures (4 jours), ce qui signifie qu’une
utilisation périodique à une semaine d’intervalle
aboutit à une accumulation de la substance. Il faut plus
d’un mois pour éliminer complètement de l’organisme
toute trace de substance après une seule utilisation. Elle
peut être rapidement libérée des graisses en
cas de stress. La biodisponibilité par inhalation (fumée)
est de 20% et de 5 à 6% par ingestion (solide ou liquide).
Le D-9-THC entraîne tolérance et dépendance
comme l’ont prouvé divers travaux récents.

Toxicologie et effets adverses
La toxicité aiguë était considérée
jusqu’à maintenant comme faible, toutefois il semble
que la disponibilité de produits à haute teneur en
D-9-THC, suite aux sélections génétiques, entraîne
désormais des cas de psychoses aiguës graves (paranoïa)
dont certaines apparaissent difficilement réversibles. Le
D-9-THC entraîne tachycardie et toxicité cardiaque,
mais cette dernière n’est observée qu’à
dose élevée, sa toxicité pulmonaire est très
supérieure à celle du tabac, il perturbe les débits
sanguins et l’utilisation du glucose dans certaines zones
cérébrales, il déprime le système immunitaire,
amoindrissant les défenses de l’organisme, il favorise
l’apparition de certains types de cancers, de la langue, de
la mâchoire et du poumon rarement rencontrés chez les
sujets jeunes , il exerce sa toxicité sur le système
de reproduction en altérant la forme et le nombre de spermatozoïdes
chez l’homme et en provoquant des variations des taux d’hormones
sexuelles, entraînant une perturbation des cycles menstruels
chez la femme, il est foetotoxique et comme d’autres composés
du cannabis, il traverse la barrière foetoplacentaire, son
usage pendant la grossesse entraîne généralement
un poids corporel des nouveaux nés inférieur à
la moyenne, sa foetotoxicité pourrait d’ailleurs être
beaucoup plus grave que soupçonnée jusqu’à
maintenant, des actions sur le fonctionnement du génome ont
été décrites, leurs conséquences potentielles
pourraient être graves mais restent difficiles à apprécier
au vu des connaissances actuelles.

Considérations générales
La toxicité et les types de risques encourus
à la consommation du cannabis sont d’autant plus élevés
que les doses absorbées sont importantes et fréquentes.
La consommation régulière de cannabis n’entraîne
pas obligatoirement le passage vers la consommation de drogues plus
dangereuses, mais c’est un facteur favorisant dont il faut
tenir compte, particulièrement chez les adolescents. Le D-9-THC
freine l’activité du système sympathique (ce
qui signifie qu’il rend insensible à la douleur) et
peut être à ce titre considéré comme
un dopant en médecine sportive, comparable par exemple à
certains bêtabloquants ou à certaines benzodiazépines.
Au même titre et en considérant en plus tous les effets
connus de la substance, dont l’ébriété
et la distorsion spatio-temporelle, la consommation de cannabis
peut rendre inapte à certaines tâches : conduite automobile
ou d’autres véhicules ou machines nécessitant
une attention soutenue.

Conclusion
La consommation de cannabis entraîne tolérance
et dépendance, et peut avoir pour conséquences en
fonction des doses consommées et fréquences de consommation,
la simple ébriété passagère, le déclenchement
d’une psychose aiguë, ou le passage à une consommation
régulière (toxicomanie) avec à terme tous les
risques encourus décrits ci-dessus.

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