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Constat
Dès les début de
sa proposition Michel Menu a écrit que « le raid
laisse une trace ».
On le sait, les raids sont des
aventures exaltantes et très formatrices pour les garçons
et il est vrai qu’elles présentent des risques…
mais laisser cinq à huit garçons partir sous la responsabilité
d’un chef de patrouille âgé de quinze à
dix-sept ans n’en comporte-t-il pas également ? En
fait, il faut surtout comprendre qu’une bonne préparation
permet de quasiment maîtriser tous les risques.
Chronique d’une aventure nouvelle
À partir de Juillet 1948, suite à
l’apparition de la proposition « raiders scouts »
chez les scouts de France, et en lien étroit avec elle, se
développent peu à peu les raids comme activités
nouvelles, en ce sens qu’elles se différencient des
exploration et des randonnées d’avant-guerre.
Michel Menu, alors commissaire national éclaireurs,
emploi tout son charisme pour que les raids soient non seulement
effectivement adoptés par les garçons et par leurs
chefs, mais soient également à la base d’un
élan et d’un esprit nouveaux ; il donne alors comme
définition : « expédition en pays inconnu
à partir d’une base installée […] formule
qui convient le mieux à l’âge éclaireur »
et oublie donc, à dessein, les définitions à
connotation uniquement militaire pour n’en conserver que ce
qui à trait à l’aspect aventureux mais aussi
aux qualités des hommes qui accomplissent de telles expéditions
(par exemple, De Foucauld, Guillaumet et bien entendu Wingate).
D’où les caractéristiques
incontournables des raids qui :
- se déroulent en pleine nature (au sens
fort de l’expression : solitude, splendeur, etc…)
- requièrent une grande mobilité
— équipements de bivouac et personnel restreints
au nécessaire
- nécessitent un niveau de départ :
- mental et physique (être prêt à l’effort,
à l’endurance, à la maîtrise de
soi, etc…)
- technique (campisme, orientation ,topographie, etc…)
- attestent donc d’une certaine « efficacité »,
au sens noble du terme, puisqu’ils sanctionnent des aptitudes.
Au-delà d’une tradition à faire
perdurer par… simple habitude, il s’agit bien ici d’un
enjeu éducatif plus profond et on se convainc facilement qu’il
manquerait beaucoup à nos garçons si les raids venaient
à disparaître ; car quelles autres activités
leurs permettent autant d’être littéralement « immergés »
dans un tel espace d’aventure et de liberté mais aussi
de prises de responsabilités concrètes.
(Ré)solutions
Il est nécessaire de prendre concrètement
et rapidement les difficultés à bras le corps…
de quatre manières complémentaires :
- donner l’exemple : le meilleur campeur
de la troupe est le CT et cet adage scout doit être étendu
à tout ce qui concerne les raids : c’est une évidence,
mais qui n’aime pas partir à l’aventure seul
ou avec ses garçons, ne les entraîne pas et ne leur
donne pas le goût des raids (et si cela n’est pas
dans tes « dispositions naturelles » c’est
de ton devoir d’éducateur de forcer un peu ta nature
car tu sais que ces activités éduquent et forment
tes garçons).
- enraciner une culture : dès à
présent, et pour que tes successeurs n’aient plus
qu’à souffler sur les braises pour ranimer ce qui,
à la troupe et pour les garçons doit être
quelque chose de connu, de transmis et donc de pratiqué.
- agir en responsable :
- l’autorisation de départ est demandée
aux parents au préalable, avec explications à
l’appui de cette activité (détails, objectifs,
etc.) et, éventuellement, l’aide de ton chef
de groupe.
- l’autorisation de départ est donnée
par le CT après avoir approuvé les compétences
du ou des garçons et pris soin des conditions de préparation
puis d’organisation et de déroulement de cette
activité (itinéraire, moyens d’alimentation
et d’hébergement, membre de la maîtrise
joignable à tout moment par des moyens appropriés,
etc.).
- la maîtrise (chef de groupe inclus) assure un «
suivi » de l’activité, que celle-ci ait
lieu individuellement ou non (moments de contacts ou de rencontres,
etc.).
- résister… sans excès (à
savoir sans aller jusqu’à la désobéissance
ou l’illégalité) mais tout en étant
convaincu et donc convaincant auprès des autres (par exemple,
contre ceux qui, par principe de précaution, par engourdissement
excessif de leur enthousiasme et de leur imagination et / ou par
méconnaissance réelle des réglementations
en vigueur à ce sujet… entravent inutilement tes
projets).
Quand laisser partir un éclaireur (ou une patrouille)
?
Ici, la simplicité est de mise : un
garçon, quel que soit son âge et quel que soit le type
de raid envisagé, collectif ou individuel, ne part que lorsqu’il
est prêt et donc préparé et cela est valable
également pour une patrouille, pour peu que le CP en soit
capable ; le CT, aidé de la cours d’honneur, est
seul juge de cet « état ».
Et cela signifie donc l’acquisition préalable
d’un certain nombre d’aptitudes (à la confiance,
à la détermination, etc…), de compétences
techniques (pour la marche, mais aussi le bivouac, etc…) et
bien entendu une certaine maturité (mais attention tout de
même, car trop attendre pour laisser partir un garçon
comporte le risque de laisser s’éteindre son désir
de prouver ce qu’il peut faire !).
De plus, pour les raids…
- à plusieurs (deux ou trois) : les garçons les
plus jeunes sont concernés (obligatoirement s’ils
ont moins de 14 ans), un « responsable de raid »
est désigné ou non, alors que les garçons
sont issus ou non de la même patrouille.
- individuels : les garçons les plus expérimentés
sont concernés.
Quand organiser des raids ?
En fait, il faut organiser des raids quand l’opportunité
se présente, c’est à dire quand la maîtrise
a la possibilité de préparer avec soin ceux-ci (du
moment de la convocation de la cours d’honneur qui donne son
accord à celui de l’accueil du ou des garçons
au retour).
- pendant l’année, cela permet d’effectuer
les raids au moment opportun par rapport à la progression
personnelle de chaque garçon, ce qui permet d’échelonner
les départs aux moments convenables, sans compter que cela
à l’autre avantage de permettre d’expérimenter
différentes conditions (saisons, etc…).
- pendant les camps : cela permet de proposer les raids
dans une « ambiance » déjà
propice (sans compter qu’organiser des raids dans des régions
très urbanisées est, la plupart du temps, un véritable
casse-tête ! ) mais cela suppose une préparation
encore plus consciencieuse de la part de la maîtrise (connaissance
du terrain plus poussée, etc…) et surtout que tous
les garçons puissent être « au niveau »,
même les plus jeunes (dès lors tous partent car ils
ont été préparés pour cela et il n’y
a pas de regroupements entre les garçons de différentes
patrouilles qui restent au camp !).
Ainsi, si un garçon est prêt, il
doit partir… quel que soir le moment de l’année
(mais s’il n’est pas prêt, le raid risque d’être
« raté », non pas parce qu’il
peut y avoir des problèmes, mais parce que le garçon
se reposera entièrement sur ses coéquipiers).

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| Parution |
D’après
Maîtrise N°131
octobre 2002
pages 36-43
AGSE - Droits réservés
Reproduction autorisée avec mention de la source
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| Auteurs |
Jean-Philippe Gayola
ACNE Cimes et Raiders
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| Téléchargement |
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( 30 ko)
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| Bibliographie |
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Scouts d’Europe n° 199
décembre 2001
Scouts d’Europe n° 200
février 2002
Dans le désert au pas des Goums
Michel Menu
Aventure vraie avec les raiders-scouts
(pages 58 à 94)
Michel Menu
Raiders-scouts
(pages 37 à72)
Michel Menu
en vente à Carrick
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| Le savais-tu ? |
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« raid »,
de« rad », variation écossaise
de l’anglais « road », qui signifie
« route ».
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