Un problème : l’Aventure
des raids se meurt !
Jugeons sur pièce… « Réglementation
des activités »
Et maintenant ?
Les solutions
Les raids sont un élément extrêmement important
et formateur de notre pédagogie. En plein accord avec la
réglementation des activités, ils ne faut donc pas
les oublier. au contraire il est capital de donner aux garçons
de nos troupes l’opportunité de vivre ces temps forts notamment
lors du passage des classes.
Jugeons sur pièce… « Réglementation
des activités »
(éd. revue et mise à jour au
1er janvier 2001)
Tout d’abord, le terme de
« raid » est inconnu de l’administration
de la Jeunesse et des Sports, elle le place dans la catégorie
« randonnée ».
Ensuite, de manière concrète :
- Seuls les garçons de 14 ans peuvent faire un « raid
à deux ».
- Les garçons de moins de 14 ans et de plus de 11 ans peuvent
faire un « raid à trois ».
- Mais quand les jeunes ont moins de 14 ans, l’activité
ne peut dépasser deux nuits.
D’où:
| âges |
niveau |
nombre de garçons |
durée maximale |
bivouac |
| 11 à 13 |
aspirant |
3 |
6 à 12 h |
aucun |
| 2e classe |
24 h |
une nuit |
| 14 à 17 |
1er classe |
1 + 1 (1) |
24 à 36 h |
une nuit |
| Raider-scout |
36 h |
une ou deux nuits |
- L’autorisation de départ est
donnée par le responsable de camp (ou par l’un de
ses adjoints) après avoir approuvé les compétences
du ou des garçons et prit soin des conditions de préparation
puis d’organisation et de déroulement de cette activité.
- Un itinéraire et un programme détaillés
sont remis à l’avance au chef de groupe qui les valide…
et des consignes de sécurité précises
doivent être données par écrit (2)
à chacun).
Cela comprend
en particulier l’ itinéraire (3)
(cela va de soi, mais on peut même ajouter qu’il doit
être reconnu sur tout ou partie du parcours par au moins
un membre de la maîtrise, de manière à vérifier
qu’il n’y a pas de risques particuliers), les moyens
d’alimentation et d’hébergement (le lieu de
bivouac et les conditions d’hébergement de chaque
soir s’il y a lieu doivent être connus avant le départ
et l’accord du propriétaire obtenu à l’avance
par la maîtrise… de plus, alors qu’une bonne
intendance et une tente sont la plus part du temps suffisantes,
le(s) garçon(s) en est/sont assuré(s) avant le départ).
- Un membre de la maîtrise est joignable
à tout moment par des moyens appropriés (CB, téléphone
portable (4) , voire rendez-vous,
etc… : prévoir aussi un contact environ toutes les
6 heures, sauf la nuit) et est disponible pour intervenir si nécessaire
auprès de chaque garçon (donc le(s) garçon(s)
dispose(nt) d’un numéro auquel il sait/savent pouvoir
joindre un membre de la maîtrise ou le chef de groupe en
cas d’urgence).
- Le raid entièrement solitaire n’existe
pas : en d’autres termes, il est interdit !
Et maintenant ?
J’admets qu’il existe
en tout cela une contrainte (la seule…) liée au bivouac
du soir, mais elle ne concerne que les raids des garçons
les plus âgés et, si elle est bien gérée,
avec enthousiasme et imagination (vous vous rappelez ? les deux
ingrédients que l’on a du mal à trouver parfois),
elle peut tout à fait passer inaperçue…
De là, il me paraît
excessif et pour tout dire très simpliste de considérer
que le « bon vieux temps » des raids, comme
celui du rock’n’roll, est définitivement passé.
Raids de patrouille et même de troupe, raids
à deux ou trois éclaireurs, raids solitaires, mais
aussi types de raids différents axés sur toutes les
techniques : dissimulation, nature, observation, orientation,
topographie, etc… en fait, tous les raids, sous toutes les
formes et avec toutes les techniques imaginables sont possibles :
il suffit de se lancer (5) !
Ceux qui, par frilosité ou par paresse
ou encore par méconnaissance (on peut cumuler les trois raisons !)
empêchent leurs garçons de partir, ceux-là seulement
« tuent »l’Aventure… et non pas l’excès
de règlements.
Les solutions
Commissaires et assistants de branche, outre le
rôle de relais qu’ils peuvent jouer pour permettre d’infléchir
cette tendance (avec l’appui de certains CT et de certaines
troupes
« motrices »), se doivent d’investir de l’énergie
et du temps pour régulièrement aborder le sujet des
raids, du point de vue de la réglementation, mais surtout
de celui de la relance de cette activité.
De manière très concrète,
comment procéder ? 30 à 45 minutes suffisent
d’abord, au cours d’une rencontre prévue sur
ce sujet ou non mais au cours de laquelle un temps est dégagé
volontairement :
- discussion : mettre les choses « à
plat » : qui fait (encore… ) quoi, de quelle
manière et pourquoi ? Appréhensions, excès,
interdictions, etc…
- motivation : mettre en avant les apports
pédagogiques des raids.
- « attention » :
faire connaître puis expliquer la réglementation
et les règles élémentaires de sécurité.
- action(s) : discerner des résolutions
concrètes : appui sur telle ou telle unité
qui « fonce » (suivi d’articles dans
le journal de district, de témoignages, etc… mais
surtout qui permette de donner l’exemple), relance des raids
dans telle ou telle unité, mise en place d’une « charte
raids » avec, de manière détaillée,
une marche à suivre liée niveau de compétences
minimum, à l’organisation et à la préparation
(repérage puis remise de l’itinéraire au chef
de groupe, etc.), au déroulement et à la fréquence
dans l’année, etc…

1. Pour
les raids des plus âgés ou pour les tests relatifs
aux raiders scouts, la marche de jour peut être effectivement
solitaire mais le bivouac doit se faire à au moins deux éclaireurs
(pour jouer le jeu du silence, rien n’empêche qu’ils
soient à 50 m l’un de l’autre).
2. Par
exemple, à propos du feu (il y a des endroits et des saisons
où c’est interdit d’en faire, y compris pour
les éclaireurs!).
3. Lors
d’un camp, les itinéraires des explorations et des
« randonnées » sont des documents
à présenter en cas d’inspection.
4. Penser
à vérifier que la zone de raid est bien desservie
pour l’utilisation d’un portable!
5. Voir
les articles dans les Scouts d’Europe numéros
199 et 200
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