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Voici quelques points d’histoire pour vous
permettre de comprendre l’évolution de la branche aînée
chez les guides d’Europe.

Les
premières années
1977 : c’est
cette année là qu’a eu lieu le premier rassemblement
des guide-aînées à Chantelle, dans l’Allier.
Le mouvement des Guides et Scouts d’Europe voyait ses guides
grandir et voulait leur offrir de continuer le jeu scout, mais
en l’adaptant
à leur âge de jeunes adultes. On ne pouvait les infantiliser
et les laisser mariner sans autre but que le grand jeu, les badges
et les camps. L’idée, très simple, était
de les aider dans leur apprentissage d’une vie d’adulte
imprégnée de l’idéal scout. La mission
de créer la branche des aînées est impulsée
par la commissaire générale
guide Lizig Geraud-Keraod.
C’est la branche la plus jeune
du mouvement, mais une branche enracinée dans tout un
passé,
celui des Guides de France qui dès les années 1930,
avaient monté le feu, créé la route pour
les guides et mis en place un cérémonial de l’engagement.
1980 : le rassemblement de Chantelle réunit
140 participantes. Parallèlement au rassemblement annuel
vint s’imposer la nécessité de la formation
des cheftaines de feu. Les routes écoles guides-aînées
(REGA) se mettent en place, et à l’époque,
il fallait avoir 20 ans pour faire sa REGA 1 et 22 ans pour faire
sa REGA 2. De même la nécessité de la formation
personnelle de chaque guide-aînée impliquait des étapes,
ces fameux flots
jaunes, vert et rouge qui ont été mis en place.
Pour le flot
jaune, par exemple, il fallait d’ores
et déjà le demander, comme aujourd’hui, car
c’est un acte de volonté personnelle, et la guide-aînée
obtenez ensuite l’autorisation de le recevoir. Il fallait
alors que son chef-d’œuvre soit
déjà accompli
et qu’elle joigne à sa demande la fiche de lecture
de quelque pieux volume ou ouvrage instructif. Ces exigences,
si elles ont changé de forme, permettaient à chacune
d’accomplir une œuvre concrète et de prendre
l’habitude
de lire de temps à autres de solides nourritures intellectuelles
et spirituelles pour avancer.
1981: nouveauté,
la branche feu créé son journal : Feu
de flammes,
qui paraît pour la première fois en février
1981. Il porte en exergue deux phrases, traduisant la volonté
du feu : « Tu prends pour serviteur un feu de flammes » du
psaume 104, « car tu nous as choisis pour
servir en Ta présence » de la
prière eucharistique n°2.
Dans
ce bulletin, beaucoup de choses…
La route école se passait à Assise…
Et la commissaire nationale feu rappellait les exigences de formation
pour pouvoir camper, tout comme la nécessité de
donner son programme de route — comme un dossier de camp —
quatre mois avant la date du départ ! Enfin, une
réflexion
est lancée sur les flots
jaune et vert : mettre
en place un cérémonial
simple, officiel et sobre pour le flot
jaune et réserver
un cérémonial plus libre pour le flot vert.
Feu de flammes sert également à
proposer le thème d’année, annoncer les routes écoles,
il résume aussi les rassemblements, propose
des pistes de lecture, fournira des idées de programme
et rappellera les étapes de la formation et les éléments
de la progression.
Dans
le numéro trois, les éléments
du flot
jaune sont ainsi fixés :
avoir
sa première classe, le brevet de secourisme, des techniques
scoutes plus poussées, avoir l’habitude du moment-lumière,
respecter la trace santé en choisissant un point d’effort,
avoir tracé un programme d’année personnel
en matière de service et de choix des priorités,
avec l’aide de sa cheftaine de feu, avoir choisi une
spécialisation
qui mène au chef-d’œuvre,
avoir effectué
des services dans ou hors du scoutisme et remplir une feuille
jaune qui donne ces éléments et permet de recevoir
l’autorisation
demandée… Le « Feu
de flammes » sera
ensuite inserré dans les pages du journal « maîtrises ».
Dès 1980, les premiers engagements se
prennent soit à Chantelle soit en vie de feu comme
celui du 31 octobre 1980 à Chantelle,
le premier auquel beaucoup de guides-aînées pouvaient
assister.
1983 : l ’abbaye
de Chantelle est trop petite, les guides aînées vont
pour la première fois à Paray-Le-Monial à l’occasion
de l’année sainte. Elles sont chaleureusement accueillies
par Monseigneur Gaidon. Plus de 200 filles se sont dirigé
vers ces villages pour faire ensuite route vers Paray. Dans
l’esprit
de l’année sainte ouverte par le pape Jean-Paul II,
sur le thème de
« Ouvrez les
portes au Rédempteur », elles vont « reprendre
conscience de l’amour
miséricordieux de Dieu… y répondre par un
acte d’amour repentant » (bulle d’indiction
d’ouverture de l’année sainte, Jean-Paul II),
« le cœur de Jésus étant le symbole
le plus parlant… de la miséricorde de Dieu envers
les hommes de tous les temps. »

Les Traces du feu
En même temps,
plus modestement, la commissaire nationale feu,
lance comme outil de travail les Traces du
feu et donne leur mode
d’utilisation
dans le Feu de
flammes d’août
1983.
Elle précise déjà que les
Traces du feu ne sont pas des épreuves de classe,
mais des
éléments de formation, tant pour le feu que pour
chacune personnellement ! Il s’agit donc « d’indications
écrites pour une progression vers l’engagement. À
la fois précises et vastes, elles permettent à chacune
de déterminer sa propre vie (avec l’aide de la cheftaine
de feu, de sa marraine, de son père spirituel) à son
propre cas, en partant de là où elle se trouve
pour faire trois étapes de préparation à l’engagement. » (Feu
de flammes n°8,
août 1983).
À l’époque,
ces Traces du feu se présentaient sous forme de
nos photocopies, un peu arides d’aspect, sans illustration.
Elles posaient des pistes de travail personnel, de réflexion,
dans différents
domaines : religion (nourrir et vivre sa foi), la maison, la
cité,
la nature.
Les Traces offraient déjà une
idée
du scoutisme plus féminine, plus orientée vers les
intérêts, les buts, la nature propres aux jeunes
filles. Reprises et rénovées, complétées,
les Traces du feu constituent le classeur que nous
connaissons toutes, composé de douze traces. Apparaissait
déjà également,
à l’occasion du lancement des Traces, ce
trio qui accompagne toute la vie d’une guide-aînée :
la cheftaine de feu, la marraine, le père spirituel.

Enfin, chaque année, l’équipe
nationale proposait aux guides-aînées pour avancer
dans leur vie spirituelle un saint et sa spiritualité, un
texte papal et un sacrement.
1983 : sortie du premier Carnet
pilote. Il donnait les bases de la
vie de feu : plein air, compagnonnage, technique scoute, service,
buts et méthode guide-aînée.
1985 : l’aventure ne s’arrête
pas là ! Soucieuse de notre formation, le mouvement des
Guides et Scouts d’Europe propose en 1985 le premier forum
sur le
« Respect de la vie » ; il est préparé
en très grande partie par la branche aînée.
La même année, le rassemblement de la Toussaint se
déroule, exceptionnellement, à Assise.

Le foulard bois de rose
À l’origine, chaque feu était
libre de porter un foulard qu’il créait lui-même.
C’était assez sympathique et attachant, le feu mettant
dans telle ou telle couleur un symbole important pour ses guides-aînées.
Mais cela en vint à faire une collection de foulards
difficiles
à reconnaître. De plus, le nombre de feu se développant,
un certain besoin d’unité et de reconnaissance immédiate
se faisait sentir. Le choix fut entériné, notamment
aux REGA (routes écoles guide-aînée) de
1989 où
cette réflexion nous fut proposée sur une idée
de la province Lyonnaise. Aussi quand les cheftaines proposèrent
le « bois de rose », couleur de la braise,
cette braise que seul le feu qui dure peut fournir, tout le
monde a sauté
dessus avec joie !

L’Étincelle
Parallèlement à ce débat,
se met en place une équipe discrète mais efficace
et sans laquelle les rassemblements seraient moins joyeux et moins
beaux : il s’agit de l’Étincelle, créée
par Marie-Camille Bordes-Cot en janvier 1988. Cette équipe,
responsable de l’expression et de l’animation, a pour
but non seulement de préparer de belles veillées dans
le style aîné, mais en plus de transmettre ses compétences
à toutes, pour que les veillées de feux soient de
beaux moments…

Les
dernières années
1988 : Le rassemblement de Paray-le-Monial
est l’occasion de fêter le dixième
anniversaire de la branche. C’est le père Hyvernat
qui donnait une conférence. Le style devint encore
plus route par l’allongement des temps de marche, le campisme
et la vie scoute. Grande nouvelle pour l’année
1988-1989 : la commissaire nationale feu change !
En janvier 1989 et janvier 1990, un week-end est proposé à toutes
les cheftaines de feu, pour se retrouver autour de l’équipe
nationale et continuer de se former, trouver des réponses
aux questions que l’on se pose entre deux routes écoles…
Ce week-end de cheftaines de feu aura lieu de manière inégale,
en fonction des années.
1990 : au rassemblement de Paray-Le-Monial, Monseigneur
Thomazeau, évêque chargé du scoutisme en France,
est venu parler au rassemblement, tout heureux de voir tant
de visages rayonnants, malgré la fatigue, la marche et
le froid.
1991 : un défi est lancé pour l’été
« les routes d’Europe », qui réunissent
700 filles, françaises, allemandes, belges, italiennes,
polonaises…
Vivre huit jours ensemble, en découvrant les cultures différentes,
mais réunies par la loi
scoute… Ce fut un temps fort
pour toutes, d’autant qu’il répondait à
ce sentiment diffus : en tant que guide-aînée, on
se perçoit parfois comme une solitaire égarée,
cette route fit du bien car elle montrait qu’une guide-aînée
n’est pas seule sur la route !
1994 : ces routes d’Europe ouvraient d’autres
possibilités qui se feront jour avec le rassemblement des
aînés au Puy-en-Velay puis à Vezelay-Reims
en 1994 et 1997. Le rassemblement du Puy a eu pour particularité
de réunir routiers et guides-aînées ;il a
permis que dans les villages traversés, les feux et les
clans offrent de leur temps dans une belle veillée ! Bien
sûr,
comme dans tous les rassemblements de ce type, des temps de formation
étaient prévus, avec des conférenciers très
intéressants.
Et c’est à cette occasion que fut écrite par
Jacques Berthier cette belle Missa pro Europa qui se
chante désormais
souvent dans les messes. En même temps se sont succédées
plusieurs commissaires nationales feux.
1998 : les vingt ans de Paray-le-Monial ont réuni
une foule importante — 1000 guides-aînées
— quelle joie de voir tant d’anciennes revenir, parfois
accompagnées
de leur époux, très heureuses de prendre encore
la route ! En vingt ans, on se rend mieux compte de cette lignée
qui existe, toutes ces grandes sœurs qui ont ouvert la
route…
2001 : du changement pour le rassemblement
de la Toussaint : la branche part faire un petit tour de France.
Le Mont-Saint-Michel accueille les guides-aînées,
avec notamment la messe à l’abbatiale et une ronde
de guides-aînées
autour des remparts pour le moment-lumière, heure intense,
de témoignage discret et de prière, dans la cité
de l’Archange…
2002 : le rassemblement de la Toussaint se déroule
sur les sentiers de Rocamadour
; en train de suer sang et eau sous une chaleur à laquelle
Paray n’avait pas habitué les guides-aînées
! Une nouvelle commissaire nationale feu est nommée :
Isabelle Guéhenneuc.
2003 : c’était la neige verglacée
qui attendait le rassemblement de la Toussaint des guides-aînées
à Domrémy
pour mettre leurs pas dans ceux de sainte Jeanne d’Arc.
2004 : les pages
feu se font jour sur la toile du site national des Guides et Scouts
d’Europe… Une nouvelle cyber-aventure se crée :
elle s’écrira avec les aventures de chaque feu.
2005 : Saint Louis Marie Grignon de Montfort attend
les guides-aînées à Saint-Laurent-sur-Sèvre en
Vendée.

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