| |
Le guidisme aîné, tel qu’il
est connu dans le mouvement des Guides et Scouts d’Europe,
tient ses origines des Guides de France. Il est intéressant
de connaître les différentes étapes de l’ancienne
progression.
« Le feu propose à chaque
guide une série d’étapes qui l’aideront
à progresser jusqu’à sa promesse »
dixit le Carnet de Feu. Ces étapes doivent être
une «armature solide » et non de vagues indications…
Voilà donc ces étapes où, là encore,
bien des choses seront reconnaissables.
Les étapes,
ou
épis, insistaient sur différents éléments
nécessaires pour aider la guide-aînée à
grandir. Il est intéressant de voir que, comme les flots
et les traces, ces « épis » proposent en quelque
sorte un « minimum guide-aînée » mais
qu’ils
ne se prétendent pas exhaustifs, de manière à
permettre aux personnalités de compléter si nécessaire.
En voilà les éléments essentiels :

Première étape : l’épi jaune
Son but essentiel est d’apprendre la vie
de feu et d’équipe à la nouvelle guide-aînée.
Il implique donc :
- Appartenance à la communauté
(vie de feu et d’équipe, responsabilité dans
le feu, participation aux conseils, routes, entreprises, connaissance
du mouvement et de la progression guide-aînée,
vie fraternelle).
- Compétences techniques à
acquérir dans six domaines (découverte
du pays, plein air et rout
e,
expression, artisanat, techniques féminines, animation
de groupe), avec si possible un camp d’animatrice en plus.
- Insertion dans le monde (trouver sa place
dans sa famille, son travail, sa classe… en étant
source de paix et de joie : suivre l’actualité politique
et religieuse ; équilibrer sa vie et son emploi du temps,
bien choisir ses loisirs, être féminine…)
- Fidélité à la foi
(vie spirituelle et formation dans le feu, vie dans la paroisse,
vie des sacrements, temps de prière quotidienne, vivre
sa loi guide au quotidien).

Deuxième
étape : l’épi vert
Son but essentiel est de permettre à la
guide-aînée de mieux déterminer sa place dans
le monde, dans les groupes humains auxquels elle appartient et à
s’engager plus précisément dans tel ou tel secteur.
Il s’agit donc de:
- Participer à la vie de feu comme
animatrice plutôt que comme spectatrice, profitant des compétences
acquises pour rendre le feu accueillant pour les plus jeunes…
- Dans le monde, être un lien dans
sa famille, choix d’un métier, compétence
professionnelle réelle, réalisation de son propre
budget, implication dans la vie de sa cité, de sa paroisse,
choisir enfin un service et s’y tenir avec compétence.
- Dans sa vie personnelle, réfléchir
sur sa place de femme et ses responsabilités, unité
de vie, points forts et faiblesses à connaître…
- En Église, approfondir ses connaissances
et sa recherche personnelle avec un aumônier, réfléchir
à la valeur apostolique de ses services et de ses choix,
intensifier sa vie spirituelle.

Troisième
étape : l’épi rouge
Le but essentiel est de permettre à la
guide-aînée de mettre dans sa vie les valeurs profondes
découvertes dans la foi et le scoutisme. Il s’agit
alors de :
- Comprendre que ses engagements en communauté
sont une forme de l’Amour de Dieu et de la Charité.
On reste notamment au feu comme témoin d’une vie
adulte, même si la participation est adaptée aux
vies des guides en marche vers la troisième étape.
- Vivre une quête constante de vérité
(relations humaines, monde, vie réelle où s’enracine
la volonté de Dieu).
- Vivre l’unité de vie (équilibre
et harmonie, corps, esprit, foi liés et unifiés).
L’ensemble
de la progression
Comme on le voit, la progression a le même
parcours : on part de choses très concrètes —
les brevets AFPS, les chefs-d’œuvre, les services, la
route… — pour aboutir aux choix profonds de chacune,
à l’unité de vie, à la capacité
de chaque guide à prendre sa vie en main, avec maturité.
Le flot
jaune, comme
l’épi, s’appuie sur des éléments
solides, réels, incarnés pour tout dire, pour permettre
qu’aux étapes ou flots suivants, le travail intérieur
d’un choix, d’un style de vie, se fasse en profondeur.
Arrivées au flot rouge, beaucoup de guides-aînées
se rendent compte que, tout en travaillant sur leur chef-d’œuvre,
dans leur service en unité etc., elles ont aussi
permis que grandissent bien des richesses intérieures.
Et alors,
curieusement,
le flot rouge « demande » beaucoup moins
de choses concrètes à « faire »,
à part la cérémonie d’engagement et
la veillée à préparer ! C’est souvent
aussi l’âge de choix importants, quant au travail, à
la vocation, aux services pris. Et l’on se retrouve face à
eux, capable de décider. Donc, on choisit. Et notamment,
de s’engager car cette « promesse exprime la décision
consciente que prend la guide d’assumer chrétiennement
dans un monde d’adulte les engagements nécessaires
ou libres que comportera sa
vocation » Carnet de
Feu Guide de France.
Il reste à découvrir le cérémonial
de la promesse guide-aînée de cette époque où
l’on reprend :
- l’épi jaune, couleur de joie, de soleil,
de pain partagé,
- l’épi vert, couleur de printemps, de bourgeons,
l’espérance,
- l’épi rouge couleur d’amour et de feu,
couleur de la flamme qui se communique,
et où la guide reçoit aussi :
- une bible,
- un pain,
- une pièce d’argent,
- une lampe.

Plus tard le cérémonial
évoluera, on recevra aussi un écheveau, une croix
scoute frappée du trêfle des guides… Il y a des
éléments connus, d’autres non.

|
|
| Auteur |
Laure Bonnet
Assistante commissaire
nationale feu
|
|
|
|