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« Et si on partait cet hiver ? »
Question cruciale pour
les frileuses, tentantes pour celles qui ont le goût de l’aventure.
Fermez les yeux un moment, et ç à
y est, vous vous voyez glisser le long des pentes enneigées…
Retour sur la réalité, car l’aventure
implique une préparation, comme toute chose que l’on
veut réussir en ce monde. L’aventure n’est pas
une chose extraordinaire qui vous tombe dessus comme une tuile d’un
toit par jour de grand vent, mais un projet bâti avec sérieux
! Comment procéder ? Il faut se poser quatre questions :
qui, que faire, où et comment.

Qui ?
Partirez-vous en équipe ou en feu ? Les
deux sont possibles, en fonction des intérêts de chaque
équipe, des motivations de chaque
guide-aînée et… de la formation de la maîtrise.
Il peut y avoir des rebelles du ski ou des passionnées…
Il peut y avoir d’autres urgences pour une équipe :
un besoin de retraite, le désir d’un service particulier,
la nécessité de se former pour la route d’été…
ensuite il y a vos familles ; Noël et les fêtes limitent
les possibilités, février semble plus propice. C’est
en conseil d’équipe et de feu que vous déterminez
cela.

Que faire ?
- Une route à ski ou à raquettes (plus facile à
apprendre et de moindre coût) avec un chalet comme camp
de base ;
- Une route d’initiation au ski (cela peut être utile,
tout le monde n’est pas né avec des skis aux pieds
!) ;
- Un mélange des deux avec des temps séparés
d’apprentissage et des temps communs pour maintenir la vie
fraternelle ;
- Une « retraite sportive » comme en proposent pas
mal de monastères, alliant marche, ski, temps de prière,
formation personnelle. Seul problème ; la vie de feu peut
en pâtir, car vous serez noyées d
ans
un autre groupe. À recommander plutôt aux feux ayant
une bonne cohésion et besoin de s’ouvrir aux autres…
- Une route « classique ». N’oubliez pas
d’inviter votre conseiller religieux ou un autre prêtre.
- Une route de service. Des associations, monastères…
proposent une palette très large d’activités.
À vous de voir selon vos capacités et votre unité.
Attention aussi au temps consacré. Certains services peuvent
user plus vite que d’autres ;
- Une formation : comme passer l’AFPS (Attestation de Formation
aux Premiers Secours) en feu en profitant d’une session
Croix Rouge ou pompiers… Vous en avez besoin pour le flot
jaune et, pour plus tard comme cheftaine ;
- Une formation scoute. C’est agaçant de voir monter
des compagnies des guides qui disent la bouche en cœur :
« Je ne prends pas la carte, j’ai toujours été
nulle en topographie… » ou encore « L’expression,
ce n’est pas mon truc, j’ai une voix de casserole…
». Or les mêmes portaient allègrement sur l’épaule
un lys rouge ou vert… Il est temps de se remettre
à niveau ! Vous êtes les cheftaines de demain :
si vous n’êtes pas au point sur le plan technique,
qu’apprendrez-vous aux petites sœurs guides ?

Où ?
- Alpes, Pyrénées, Auvergne, Vosges…
- Monastères ou associations
- Près de chez vous ou loin

Les lieux conditionnent
les détails habituels d’une route : transports, horaires,
coût, matériel… Beaucoup de choses se louent
(skis, raquettes). Pour les autres, un peu de bon sens : vêtements
chauds, blousons, pantalons (la jupe d’uniforme est peu recommandée
pour le ski !). Pour l’intendance : ce n’est pas le
moment de se contenter d’une feuille de salade. Quant au couchage,
il dépend de votre projet. Couchage en dur au chalet —
prévoir du chaud quand même, si vous ne connaissez
pas le chauffage du lieu — couchage sous tente pour la route
classique
(si vous avez des personnes
d’expérience et le bon matériel : isolation,
journal, bon duvet, couverture…)

Comment (À travers quoi allez-vous passer ?)
Car de ce beau programme,
il vous faudra peut-être retrancher telle partie et adapter
telle autre. De la souplesse, sans mollesse ! Je m’explique.
Vous partez une semaine avec un conseiller religieux génial,
dans un chalet prêté, avec une leçon de ski
pour le deuxième jour, une randonnée pour le troisième,
une belle messe et un mini pèlerinage… et patatrac
! Une guide-aînée a un examen à la rentrée
et part avec ses livres, une autre a un coup de barre au milieu
de la randonnée et le conseiller religieux a des ampoules…
ADAPTEZ ! Renoncez aux courses lointaines, ressoudez le feu autour
d’un temps de discussion.
Le temps aussi peut vous arrêter (bourrasque
ou absence de neige !). La vie scoute doit suppléer : parler
de la progression, approfondir un passage de la Bible, réviser
la topographie par une course à proximité, s’entraîner
à la direction de chant, rencontrer les gens du village…
souplesse donc. Sans mollesse non plus, car il y a des gens qui,
dès le mois d’août passé, trouvent qu’il
fait trop froid pour sortir ! Nous sommes toutes tentées
par le confort. En avant ! Ne nous laissons pas arrêter par
nos états d’âme ronronnants. Les braises sont
plus chaudes quand on vient du dehors. Celles qui ont vécu
un camp savent bien ces heures où, le corps las des exercices,
l’esprit fatigué des efforts faits par volonté.,
la tête et le cœur saoulés de grand air, il fait
bon s’asseoir près du feu, dans un repos qui n’est
pas un avachissement mais le sommet d’une riche journée.
C’est ensuite toute la vie qui prend un autre relief !

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