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« Mars qui rit malgré
les averses
prépare en secret le printemps »
Théophile Gautier, Émaux et Camées
Quelques rayons de soleil suffisent à peine
à réchauffer la terre et pourtant des fleurettes pointent
déjà leurs corolles ici ou là. Durant les longs
mois d’hiver, elles se sont préparées en secret
pour jaillir du sol les premières. Dans les bois, leur rapidité
est la condition même de leur survie : il faut que ces plantes
aient accompli tout leur cycle vital avant que les arbres ne se
garnissent de feuilles, empêchant la lumière d’atteindre
le sol en quantité suffisante… C’est pourquoi
on peut voir toujours le coucou des bois fleurir avant son cousin
des prés qui, lui, a tout son temps !
La « dormance » des végétaux
(leur repos hivernal) prend fin dès que les températures
augmentent, que les pluies se font plus abondantes et que les jours
s’allongent : douze heures en mars contre huit heures
seulement en décembre ! Les plantes ont chacune leur secret
pour démarrer rapidement en végétation ;
leurs techniques permettent un épanouissement plus ou moins
rapide.

Le coucou
Le coucou a passé l’hiver bien protégé
par son épaisse rosette de feuilles gaufrées. Le premier
rayon de soleil lui fera darder ses longues tiges raides au bout
desquelles fleurissent ses corolles jaunes. La soldanelle des Alpes
utilise la même technique pour épanouir ses longs cils
violets.

Le ficaire
La ficaire possède des réserves
toutes prêtes
dans des bulbilles couleur de beurre frais qui sont en réalité
des tubercules : comme la pomme de terre, elle y puise l’alimentation
nécessaire à sa croissance, avant que les racines
puissent « pomper »dans le sol l’eau
et les minéraux. La fleur jaune de la ficaire se trouve dans
les bois frais. On récoltait ses bulbilles autrefois car
ils sont riches en vitamine C et donc luttent contre la maladie
du scorbut. On peut l’identifier dans de vieilles recettes
sous le nom de « beurrier ».

L’aspérule
odorante
L’aspérule odorante, qui rend le
lait des vaches si parfumé et dont on peux garnir les armoires
à linge, dispose quant à elle d’un rhizome,
comme le muguet ou le sceau de salomon son cousin. Cet organe de
réserve « alimentaire » sert aussi
à la multiplication végétative : c’est
de là q ue
jaillissent les nouveaux plants. Les plantes possédant un
rhizome ont donc une multiplication asexuée, c’est-à-dire
sans fécondation ni graine, qui limite donc les risques dus
à la germination. C’est pourquoi elles forment de grands
tapis comme celui de l’anémone sylvie, blanc-mauve,
dans le sous-bois.

Le perce-neige
Le
perce-neige a lui aussi une multiplication végétative,
mais c’est dans un bulbe qu’il puise ses réserves
et non dans un rhizome. C’est aussi le cas de la jonquille.
La scille possède un bulbe, mais elle se reproduit aussi
au moyen d’une graine ! Elle est donc classée tantôt
dans les annuelles (qui naît d’une graine, vit et meurt
la même année) tantôt dans les vivaces (qui vit
et fleurit plusieurs années de suite).

Le mouron rouge
Le
mouron rouge est aussi une annuelle. Sa fleur n’apparaîtra
que fin mai car il faut auparavant que sa graine germe, que ses
racines, ses tiges et ses feuilles puis ses boutons floraux se forment…
La
carotte sauvage est encore plus lente : c’est une plante
bisannuelle. Elle germe et fait des feuilles et racines la première
année, dort l’hiver et ne fleurit qu’en été
de la deuxième année, avant de faire des graines et
de mourir.

Observation en sous-sol
Pour observer « en sous-sol »
la plante, il faut la déterrer délicatement avec une
petite fourche, la regarder, la dessiner, prendre des notes et la
remettre tout de suite en place avec soin. Il ne faut pas oublier
de l’arroser pour qu’elle reprenne bien.
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