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La combinaison de ces éléments permet
de définir tous les plans. Chaque association a sa propre
signification et son propre intérêt.

Les
échelles de plan
- Le plan général
sert à situer l’action ou le sujet principal grâce
à un cadre large. Il donne des informations sur une situation,
précise l’effet d’un environnement ou met en
relation plusieurs personnages dans un décor. On le trouve
surtout en début de séquence, associé ou
non à un mouvement de caméra. Il permet de situer
l’action et de détailler un ensemble d’éléments,
grâce à une large profondeur de champ. Réalisable
en focale moyenne, il s’adapte difficilement au grand-angle
qui exagère trop la perspective.
- Le plan moyen, plus
serré que le plan général, il insiste sur
le sujet principal (personnage) tout en laissant deviner une partie
du décor. Il sert à saisir un geste ou une situation.
Plusieurs plans moyens peuvent se succéder, pour préciser
une action et offrir plusieurs points de vues au spectateur. Pour
bien les distinguer, la caméra doit être déplacée
pour changer d’axe. Le plan moyen permet de discerner des
éléments nouveaux et ne doit pas être trop
accentué par des mouvements de caméra et des effets
de perspective.
- Le gros plan met en
évidence détails et éléments particulièrement
significatifs. Plus il est serré, jusqu’au détail,
plus il est délicat à réaliser. Avec un grand-angle,
les risques de déformation sont accrus. Avec un téléobjectif,
la mise au point et l’éclairage posent des problèmes.
Il est pratiquement exclu avec ces plans rapprochés d’enregistrer
le mouvement. La profondeur de champ est nécessairement
réduite et pour éviter l’effet de compression,
il faut laisser un peu d’espace entre les dimensions du
sujet et le bord de l’image. Pour bien assimiler ces types
de plans, un bon exercice consiste à enchaîner différents
cadres fixes, en passant de l’un à l’autre
de façon logique. Le but étant de changer de point
de vue sans jamais lasser le spectateur et en apportant à
chaque plan un élément nouveau. Puis on pourra affiner
l’exercice en essayant les plans intermédiaires que
sont le plan d’ensemble (plan général large),
le plan américain (plan moyen serré) et le plan
de détail (très gros plan).
L’axe de la prise de vues s’ajoute à la
dimension du plan : de face, de côté, de trois-quart,
de dos… La hauteur est également un élément
important, ainsi que les indications de points de vue : plongée,
contre-plongée, personnage
en amorce, champ contre champ.
Le choix de la hauteur de caméra induit un effet, naturel
ou dramatique. Le point de vue normal se situe à hauteur
de regard, que le sujet soit assis, débout ou allongé.
Si l’on choisit de se placer plus haut ou plus bas par
rapport au sujet, la perspective est modifiée, et la
grosseur d’un personnage change totalement de valeur.
Au delà de l’effet spécial, la plongée
et la contre-plongée sont
employées pour donner plus ou moins d’importance
à un sujet.
Notons à titre informatif qu’il existe des intermédiaires
entre ces échelles et différentes appellations.
Dans les plans généraux on inclut les plans
larges, plans d’ensembles, plas de demi-ensemble.
Dans les dérivés proches du plan
moyen on inclus les plans italiens, américains, poitrines.
Puis viennent les gros plans et très gros plans (aussi
appelés parfois inserts).

Les angles
- La plongée est
une prise de vues en hauteur, au-dessus du sujet, qui met l’accent
sur le déroulement d’une action. Filmé d’en
haut, un personnage apparaît sans importance, isolé
voire faible. Pour un cadre moyen ou général, ce
point de vue permet à la caméra de laisser échapper
des éléments gênants ou disgracieux. La plongée
classique suit un angle de 20-30° par rapport à la
scène, jusqu’à 50-50° pour une forte accentuation.
La vue de dessus, à 90° est plus de l’ordre de
l’effet que du changement de perspective. Pour réaliser
une vue en plongée, on peut choisir un support naturel,
échelle, toit ou grue, à condition de placer la
caméra sur un trépied. Les prises de vues à
la main sont difficiles, car le moindre bougé se répercute
sur l’angle de champ et se voit. La visée au jugé
est impossible à maîtriser, et si l’on ne bénéficie
pas d’un point de vue élevé, la caméra
tenue à bout de bras est à proscrire.

- La contre-plongée
est exactement l’inverse de la plongée, à
ceci près que la vue de dessous ne peut excéder
un certain angle. Son impact est plus fort sur un personnage que
sur un paysage ou un décor. L’effet de dramatisation
est accentué, car le sujet paraît plus important.
Surtout si elle se présente de face, une action des plus
simples — un mouvement de bras ou un déplacement
— prend une accentuation particulière. Dans de nombreux
reportages, la contre-plongée sert souvent en premier plan
de séquence, pour situer un lieu en particulier. Même
si la caméra ne doit pas se déplacer, il est difficile
de maintenir un cadre sans bouger. D’où l’intérêt
de s’aider d’un support, petit trépied ou sacoche
souple. Pour un plan en déplacement, le cadre grand-angulaire
s’impose, car, à moins de placer la caméra
sur une chariot de type dolly, la visée ne peut être
précise.
- La règle des 180°
est la principale notion à respecter lorsque l’on
filme en multipliant les angles. Son but est d’éviter
de dérouter le futur spectateur en changeant trop brutalement
de point de vue. Elle consiste, à partir du champ de vision
face-caméra, à ne pas dépasser un angle de
180° d’un plan à l’autre par rapport au
sujet. Si l’on filme une épreuve sportive, un match
de football, par exemple, on ne pourra cadrer les deux équipes
d’un côté et de l’autre du terrain, sous
peine de perdre le déroulement logique du jeu. Pour s’aider,
on peut se donner une ligne imaginaire à ne pas dépasser
lorsque l’on filme en plans fixes.
- Le champ-contrechamp
est une façon de s’affranchir de la règle
des 180°, en filmant un premier plan et immédiatement
après le point de vue inverse, soit un plan à 360°
du premier. Dans la pratique, ce plan dédoublé sert
surtout à enregistrer les visages de deux interlocuteurs
placés face à face, un dialogue ou une interview.
Cela permet de capter les réactions d’un personnage
lorsque l’autre parle. D’où le choix fréquent
d’un champ-contrechamp où l’on distingue «
en amorce », c’est-à-dire en bord de cadre,
le personnage de dos. Filmer en plans fixes est une excellente
école. Mais il faut également apprendre à
donner du mouvement à l’image, en alternance avec
des plans fixes. Filmer une scène dynamique est à
priori moins difficile que de créer du mouvement à
partir de sujets statiques. Dans le premier cas, il s’agit
d’anticiper, dans le second d’inventer.
Les
mouvements
Les deux mouvements classiques de
caméra sont le panoramique et
le travelling. Un troisième effet,
optique celui-là, est assimilé aux mouvements : le
zooming. Ces trois mouvements doivent être
réalisés sans à-coups, de la façon la
plus fluide possible, de façon à maîtriser les
cadres de départ et d’arrivée. Plusieurs règles
générales leurs sont applicables : travailler sur
pied dès que l’on peut, répéter le mouvement
« à blanc », pré-régler mise au
point et exposition.
- Les panoramiques
horizontaux et verticaux sont les mouvements de bases permettant
de relier logiquement un plan fixe à un autre, ou à
enregistrer une action significative qui se déroule pendant
le mouvement. Deux panoramiques ou plus peuvent se succéder,
à condition d’être tournés dans le même
sens, de droite à gauche ou inversement, de haut en bas
ou le contraire. Le suivi d’un mobile est facile et l’image
demeure lisible malgré d’éventuels recadrages.
En revanche, sur une scène statique, des problèmes
de déplacement d’image peuvent se poser. Avant de
relier deux plans par un panoramique, il faut se demander si le
décor se prête à un tel mouvement. Une scène
peu contrastée, dépourvue de lignes noires et blanches
accentuées résiste mieux aux panoramiques rapides
que les scènes fortement exposées. De manière
générale, le « pano » sera soit lent,
soit rapide, plutôt qu’à vitesse intermédiaire
; réalisé au grand-angle plutôt qu’en
longue focale. Avec un trépied équipé d’une
tête fluide, il faut veiller avant tout à prendre
des marques pour savoir d’où démarrer et surtout
où s’arrêter. Avec la caméra à
l’épaule ou au poing, le mouvement est donné
par la rotation du bassin, les bras restant parallèles
au tronc. Pour réaliser un « pano »
à vitesse régulière, placer ses pieds dans
l’axe d’arrivée.
- Le travelling est
un déplacement de la caméra qui modifie la perspective
naturelle et donc le point de vue. Il crée du mouvement
et peut même se situer dans une action, en donnant l’impression
d’y participer. C’est ce que l’on appelle l’effet
dit de caméra subjective. Elle peut ainsi être placée
sur tout type de véhicule, voiture, vélo, patins
à roulettes, skate board… Voire être solidaire
d’un support mobile — planche à roulette, grue
— et fonctionner sans cadreur, en mode automatique. On peut
réaliser d’excellents travellings de l’arrière
d’une voiture ou bien placer un caméscope sur un
support spécial, tout contre le pare-brise. Pour les travellings
ascendants ou descendants sur un sujet proche, on peut jouer sur
la colonne centrale d’un pied à crémaillère.
A pied, il faut s’efforcer, pour éviter les à-coups,
de se déplacer trop vite ou trop lentement, mais trouver
un rythme permettant de « décomposer » le mouvement.
Avec la caméra portée à bout de bras, il
est plus facile de se baisser pour filmer en contre-plongée
tout en amortissant les mouvements par une démarche souple.
Les phases de démarrage et d’arrêt sont
les plus délicates et il y a toujours intérêt
à utiliser l’angle de champ le plus large. En position
grand-angle en effet, l’image est plus stable, la profondeur
de champ plus étendue. Et la perspective étant
plus marquée, l’image se modifie avec davantage
de dynamisme au cours du déplacement. Le travelling peut
être latéral, arrière, avant ou circulaire.
Il doit avant tout avoir un but : suivre un personnage ou un
véhicule eux-mêmes en mouvement, ou faire découvrir
un paysage ou un décor.
- Le zooming ou travelling
optique est une variation de l’angle de champ à l’intérieur
d’un cadre. Il a pour effet le grossissement du sujet, sans
modification du point de vue ou de l’axe optique, ni variation
de la perspective. En mouvement avant, il met l’accent sur
un détail du cadre, décor ou personnage. En mouvement
arrière, il laisse découvrir un ou plusieurs éléments
d’une scène. Un zoom de grande amplitude est difficile
à intégrer dans un découpage de tournage
tandis qu’un mouvement optique plus court sert à
recadrer une scène tout en filmant. La raison d’être
du zooming est de faire progresser l’action. Il se doit
donc d’être soit rapide, pour arriver directement
sur le détail précis, comme par raccourci, soit
très lent pour laisser deviner quel sera le point d’arrivée
du mouvement. Il peut dans ce dernier cas, se combiner sans trop
de difficultés avec un panoramique.
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Auteur |
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Équipe Technique Nationale Audio-visuel.
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Développement |
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