Au cœur de l’Europe naissante après le grand chaos, les jumelages. Au cœur de la Toussaint 1956, marchant sur les pas de leurs pères fondateurs, les premières bases du mouvement international des Guides et Scouts d’Europe. Premiers témoins de la rencontre interculturelle, les Guides et Scouts d’Europe veulent participer à la construction d’une Europe de paix, chrétienne, respectueuse des cultures, des histoires et de ceux qui les traversent.

Quel est le présupposé de cette attitude d’ouverture à l’autre ? Le dialogue. Les Guides et Scouts d’Europe initient aussi au sein de leurs unités jumelages, échanges épistolaires avec leurs frères européens. Ils sont des centaines à partir à l’étranger pour témoigner mieux de l’enrichissement mutuel auquel le scoutisme, école d’altérité, les appelle.

Dis-moi d’où tu viens, je te dirai qui je suis. Tel est leur credo, tel est leur leitmotiv. La fraternité scoute est leur point commun mais leurs différences sont source continuelle d’émerveillement et d’enrichissement. Déjà en France, que dire des points communs entre guides et scouts parisiens, bretons,  campagnards, montagnards ou marins ? Si le scoutisme est leur famille, ils ont aussi chacun leurs spécificités, si chères à la diversité reconnue des Guides et Scouts d’Europe. Sur le plan européen, au sein de l’organisation des grands rassemblements tel l’Euromoot 2019 (https://euromoot.org/), les Guides et Scouts d’Europe apprennent jour après jour combien la notion de temps, d’espace, de rapport à la hiérarchie peut être source d’incompréhensions si non reconnue. Ils découvrent aussi avec intérêt, grâce aux travaux communs combien leurs communications peuvent être implicites pour certains, plus explicites pour d’autres et source aussi de malentendus. Leurs intuitions premières, celles de marcher sur les pas de Robert Schumann, se vérifient jour après jour. De l’expérience de l’autre vient la connaissance et la découverte respectueuse. Si l’uniforme est leur marque scoute, gommant les différences sociales et culturelles, la diversité est leur langage. Au premier plan l’Autre. Car le scoutisme européen est signe de respect et de courtoise. Au second plan moi-même. Dis-moi qui tu es, je te dirai qui je suis. Du dialogue, de la rencontre surgissent les frémissements d’une amitié profonde, qui dépassent les différences, rejette les préjugés et n’enferme personne dans des stéréotypes enfermants. Libres comme européens, libres comme scouts.

Crédit photo : Mathilde Potaux