Devine qui vient camper ce soir ?

« Seigneur, rassemblés près des tentes… » Dans la clairière engloutie par la pénombre, ils ont le visage embrasé par la lueur mourante des dernières braises. Ce qui était d’abord un chant s’élève peu à peu comme une prière. « Vois au bois silencieux tes scouts qui s’agenouillent… » D’un même mouvement, les garçons ont ployé un genou, pour mieux adorer Celui vers qui montent leur prière.

Des mains pour louer, une bouche pour chanter, un cœur pour aimer : dans la prière, chaque fibre de la personne se déploie, se libère ! Les concerts de rock n’ont rien inventé. Jeunesse en quête d’exaltation, qui cherche à dépenser jusqu’à la dernière parcelle de son être ! Mais sur scène, l’idole des jeunes aux cheveux longs et dont la voix fait vibrer jusqu’au tréfonds des âmes, n’a probablement jamais porté de blouson en cuir.

C’est le Christ qui est là, au camp, et c’est en Lui que les jeunes se recueillent. Ils n’ont pas trouvé chez Lui la dernière star à la mode, qui arrache une larme en donnant de grandes leçons de morale à la planète entière : Il est seulement leur ami, Celui sur qui les adolescents ont choisi de compter. La prière associe chacun pour former une véritable communauté d’hommes, une église ; mais elle est en même temps intime, personnelle.

« Viens à moi, viens me confier tes fardeaux et tes peines ! » dit Jésus à chaque scout, au soir d’une belle journée de camp, quand tout se tait. Il y a de la noblesse, dans cette humble prière auprès du feu, et comme une leçon donnée au monde, à l’heure où il n’est plus de silence nulle part, et certainement pas dans les soirées lycéennes !

Devine qui vient camper, ce soir ? Celui qui donne un sens à la vie de chaque personne autour des braises. Et auprès de Lui, chacun se sent brûler d’une force nouvelle : demain : ces garçons mettront le feu au monde.

Paul Sugy