Les guides-ainées du feu Notre-Dame des Lys ont tenté l’aventure en Ardèche

Elles sont dix, accompagnées d’une sœur, enthousiastes et joyeuses. Les guides-ainées de Vannes ont répondu à l’appel de la route. Elles sont parties du Puy en Velay le 28 juillet 2015, après avoir reçu médaille de la vierge noire et chapelet bleu. Avec sa Vierge de France dominant la ville, le Puy est également le point de départ du Pèlerinage de St Jacques de Compostelle. Comme tous celles et ceux qui s’étaient élancés avant elles, les guides-ainées ont reçu la bénédiction des pèlerins dans la cathédrale avant de prendre la Route par les rues étroites du Puy.

C’est le début d’une grande aventure pour ce jeune feu Notre-Dame des Lys créé en septembre 2014 à Vannes. Mis à part la cheftaine de feu, aucune n’a jamais fait de route. A l’approche du départ, elles n’ont pas encore découvert ce qu’est réellement un feu, l’esprit guide-ainée. Elles s’engagent sur un chemin sans vraiment savoir où il mène, avec le sourire aux lèvres et toujours prêtes à aider !

C’est donc un feu plein de joie et d’espérance qui gravit les montagnes. La route est longue, la route est dure. Car en plus de ses affaires personnelles, il faut porter la nourriture et les tentes. Le poids des sacs est aléatoire en fonction de chaque guide. Certaines ont réussi à ne prendre que le strict minimum, d’autres en revanche, n’ont pas mesuré l’impact du poids du sac. C’est ici qu’elles ont compris limportance du dépouillement. De plus, toutes les guides-ainées n’ont pas la même force ni les mêmes capacités. Alors elles s’entraident. Monter, monter vers le sommet, se dépasser, s’encourager, pour enfin arriver au point culminant. Une fois en haut, les guides-ainées ont oublié l’effort de la côte. Devant des paysages magnifiques, les épreuves sont loin et ont un parfum plus doux.

 « La guide est maitresse de soi : elle sourit et chante dans les difficultés » Cet article de la loi guide a été d’autant plus vrai pendant cette route. Garder le sourire malgré épreuves, c’est choisir d’avancer ! Et ces guides-ainées ont choisi d’avancer ! Lorsque la vinaigrette s’est renversée dans le sac de Maria, salissant tous ses vêtements, elle a gardé le sourire … Lorsque la pluie s’est mise à tomber fortement, elles se sont rapprochées, laissant la joie guider leur cœur … Lorsque chacune des deux équipes a pris un chemin différent et qu’elles se sont finalement croisées dans un petit chemin, chacune dans un sens différent, elles ont choisi d’en rire … Maria aurait pu râler, et laisser sa mauvaise humeur entacher l’esprit de l’équipe ; la pluie aurait pu déprimer les guides-ainées, car elle a trempé toutes leurs affaires ; les équipes auraient pu se désespérer de se croiser, car cela signifiait qu’elles étaient perdues, donc le retour en arrière pour une des équipes, et pourtant elles ont choisi se relever et de faire confiance au Seigneur.

Se laisser guider par la Providence est devenu le maitre-mot de cette route. La Providence, c’est Dieu qui leur a accordé ce qui était bon pour elles, et plus encore ! Ce ne sont pas les exemples qui manquent. L’un est plus marquant que les autres : les guides-ainées ont eu la grâce d’avoir la messe tous les jours, alors que cela paraissait impossible. En effet, plusieurs mois avant, elles avaient appelé les différentes paroisses, sans succès… Pourtant, une des guides-ainées, Sixtine, avait gardé confiance. Son objectif ? Avoir la messe tous les jours. Comment ? En priant St Joseph et en préparant les messes en avance. Comme elle le dit elle-même : « Si on les prépare à l’avance, St Joseph est obligé de nous les accorder! » Et, sous l’action de la Providence, ces guide-ainées ont été exaucées.

Car oui, être guide-ainée, ce n’est pas seulement marcher, c’est aussi prier. Entre angélus, topos, chapelets, moment-lumière, les guide-ainées ont pu expérimenter une certaine progression spirituelle. Et malgré les apparences, le feu n’est pas l’antichambre du couvent. Le moment-lumière, c’est un temps de pause, un cœur à cœur avec Jésus, un moment de méditation sur des textes ou des phrases marquantes. Dans un monde qui change très vite, il est bon de revenir à l’Essentiel, ne pas se laisser emporter par tout ce qui nous entoure, mais prendre le temps de remercier le Seigneur et avoir un peu de recul sur sa vie. Marcher, c’est aussi savoir s’arrêter et contempler la Création. Le temps d’un moment-lumière, le temps d’un déjeuner, se reposer pour mieux repartir.

La route, c’est aussi expérimenter la joie des rencontres. Chaque personne est unique, et c’est ce qui fait la richesse du monde. D’abord au sein d’une équipe, elles ont appris à connaître les équipières avec qui elles marchaient, car la route permet une réelle découverte de soi. Chaque guide-ainée, chaque personne peut y découvrir ses défauts, arrivants au galop, et ses qualités, la tirant vers le haut. Cette aventure a soudé les guides-ainées, qui ne se sont plus vues comme de simples équipières, mais comme de véritables amies, des sœurs ayant partagé quelque chose d’unique. Leur amitié leur a permis de s’accepter telles qu’elles sont. Ainsi, elles se sont ouvertes au monde, et par leur joie et leur simplicité, elles n’ont pas hésité à demander des renseignements, ou des choses plus matérielles à des personnes de la région. Leur sourire a ouvert plusieurs portes. Et une fois encore, la Providence leur a accordé plus que prévu, les habitants leur témoignant une confiance sans limite. Par exemple, lorsque la pluie s’est mise à tomber, l’équipe Ste Claire s’est arrêtée pour regarder la carte, la posant sur un capot de voiture. A ce moment, le propriétaire de la voiture est apparu, et a arrêté son mouvement en voyant les guides-ainées trempées. Alors, il leur a laissé ses clés (car il devait partir) afin qu’elles puissent utiliser son sous-sol. Sans mise en garde, sans recommandation, il leur a fait totalement confiance et s’en est allé. Après la surprise de cette rencontre, brève, mais belle, les guides-ainées se sont donc installées dans le sous-sol afin de regarder la carte, manger, et préparer la veillée.

Une fois de plus, la Providence a montré son Amour sans limite pour ses guides-ainées. Mais il n’est pas toujours facile de se laisser guider, surtout quand la fatigue commence à se faire ressentir. C’est pour cela que le silence de la nuit a été instauré dans le feu. Les bienfaits de ce silence ne sont pas assez répétés, souvent il n’est pas bien accueilli, car il faut de la volonté pour s’empêcher de parler ! Lorsque le silence de la nuit commence, c’est après la prière, et lorsqu’il finit, c’est au lever, pour l’Angélus. Ainsi, les dernières paroles de la journée sont pour le Christ, et le lendemain, les premières paroles sont pour louer le Seigneur. Ce silence permet également d’éviter toutes les médisances, tout ce qui se dit dans le dos des autres et qui n’est pas bon, il évite de se plaindre, et ainsi, les corps et les esprits peuvent se reposer directement, sans traîner.

Les soixante kilomètres de marche accomplis, vient le temps de l’arrivée à St Pierre du Colombier, où se trouve la maison-mère de la religieuse. Cette sœur les a accompagnées durant toute leur route, de la Bretagne jusqu’en Ardèche ! Mais ce n’est pas parce que but est atteint que la route est finie … Au contraire, l’aventure continue ! Le dernier soir, le 2 août, avec toute la communauté, les guides-ainées sont montées sur le versant de la montagne, au pied d’une grande statue de la Vierge. Après un chapelet, la communauté est redescendue et seules trois sœurs, dont une RS, sont restées. Là, lors du coucher de soleil, cinq guides-ainées ont pris leur flot jaune, symbolisant pour certaines un moyen de continuer leur cheminement, et marquant pour d’autres le début d’une progression et un engagement à tenir. Chaque guide-ainée avait écrit un texte sur ce que représentait pour elle le flot jaune, et chaque flot jaune a été pris dans la joie, la joie de Dieu.

La fatigue accumulée, des paysages plein les yeux, des souvenirs et des rires à n’en plus finir, les guides-ainées se sont séparées et chacune est retournée de son côté. Mais jamais elles n’oublieront cette route, qui les a profondément marquées, tant par le côté spirituel que par la découverte de soi et des autres, tant par la joie qui les anime que par la Providence qui les guide et qui veille sur elles.

Sixtine Cottonet
EP Feu Notre Dame du Lys de Vannes

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