Baden PowelLa méthode scoute est issue de la réflexion et de l’expérience d’un militaire anglais, Lord Robert Stephenson Smith Baden-Powell, né le 22 février 1857 à Londres, décédé le 8 janvier 1941 à Nyéri au Kenya. Lors de sa carrière militaire, effectuée pour l’essentiel aux Indes et en Afrique du Sud, B.P. (c’est son surnom) remarque que lorsqu’on fait confiance à de jeunes garçons, ils peuvent faire des merveilles. Il publie en 1899 un livre intitulé « Aids to Scouting » destiné aux éclaireurs de l’armée britannique. De retour à Londres, il est surpris de constater que son ouvrage est utilisé par des jeunes gens qui n’ont rien de militaire et qui lui posent de multiples questions auxquelles il répond toujours très longuement.

Travaillant de plus en plus sur la question, il réunit une vingtaine de garçons de milieux forts différents en août 1907 sur l’île de Brownsea, en Grande-Bretagne, et forme des équipes de cinq, appelées patrouilles et dirigées par l’un d’entre eux.

À la suite de ce camp, Baden-Powell publie « Scouting for boys ». Ce manuel « pour former de bons citoyens en leur apprenant à vivre en plein air » est très rapidement vendu à des milliers d’exemplaires. Il est traduit, en Français, sous le titre « Éclaireurs ».

Pour aller plus loin :

  • « Baden-Powell » biographie par Philippe Maxence, éditions Perrin
  • « Baden-Powell » en bandes dessinées par JIJE (Joseph Gillain), éditions Dupuis

sevinLe père Jacques Sevin est un jésuite né à Lille le 7 décembre 1882 qui, dès le 20 septembre 1913, rencontre Baden-Powell en Angleterre afin d’évaluer l’efficacité de sa méthode. Il l’expérimente lui-même comme scoutmestre, fondateur et aumônier de troupes en Angleterre, en Belgique et en France et écrit « Le scoutisme, étude documentaire et application ». Le 25 juillet 1920, les associations catholiques se fédèrent au sein de la Fédération Nationale Catholique « Les Scouts de France » autour, notamment, de deux personnalités : le chanoine Cornette et le père Sevin.

Par ses livres, ses articles dans les revues de chefs, les paroles de nombreuses chansons, le père Sevin fait apparaître la spiritualité catholique au sein de la méthode scoute. Il met l’accent sur la Bonne Action (B.A.) de Baden-Powell dans le sens du service chrétien. Il développe la dimension ecclésiale du scoutisme catholique. La patrouille devient une équipe de frères scouts dont le sens est donné par le Christ car, pour le père Sevin, le scout est un chrétien dont le souci est de faire grandir le Christ autour de lui. Le don de soi, vertu scoute éminemment chrétienne encouragée par Baden-Powell intègre pleinement la spiritualité catholique qu’il insuffle au mouvement. « Le scout est une âme en marche vers la perfection » disait-il.

Prêtre, poète, éducateur et commissaire à la formation des chefs au camp de Chamarande (Essonne) marque le mouvement de son empreinte. Les chefs formés par le père Sevin vont être à la source d’un premier « âge d’or » du scoutisme catholique dans les années 1920, ce dont nous sommes encore largement redevables.

Le père Jacques Sevin s’engage quelques années plus tard à la demande d’anciennes cheftaines dans la fondation de la congrégation de la Sainte Croix de Jérusalem. Il rejoint la maison du Père le 19 juillet 1951 et repose à Boran-Sur-Oise. Il a été déclaré Vénérable le 10 mai 2012.

Pour aller plus loin :

  • « Le père Sevin » par Madeleine Bourcereau, éditions  Salvator
  • « Le père Sevin » par André Manaranche, s.j., éditions Fayard
  • « Sac au dos sans trêve » bande dessinée par de Palmaert et Palmart, éditions Viltis BD

perig-geraud-keraodPerig et Lizig Geraud-Keraod rejoignent les Guides et Scouts d’Europe en 1962. Ils seront à la tête du mouvement jusqu’en 1986. C’est sous leur impulsion que le mouvement prend un véritable essor. Ils mettent en place les camps de formation pour les chefs, fixent certains points du Cérémonial et de l’uniforme. Ainsi en 1967 les Guides d’Europe décident d’adopter la chemise bleu ciel au lieu de la chemise beige, pour bien marquer par un signe visible l’existence des deux sections féminine et masculine dans le mouvement. Lizig est l’instigatrice d’importants changements pour donner au mouvement une pédagogie spécifiquement féminine