La Bonne action

Universellement connue sous le nom de BA, la bonne action scoute fait sourire, voire rire un bon nombre de nos concitoyens. Jugée d’un autre âge par certains, elle peut parfois attirer l’exaspération d’esprits caustiques qui se paient farouchement le côté « has been » d’un scoutisme teinté de ringardisme. On connaît l’image d’Epinal du gentil scout en uniforme qui aide une personne âgée à traverser la rue, ou des petits louveteaux chantant à tue- tête des chants de Noël dans une maison de retraite. Les images sont nombreuses, l’admiration est peureuse.

Dans son livre « Cessez d’être gentil, soyez vrais », Thomas d’Ansembourg rappelle l’exigence d’être avec l’autre tout en restant soi-même, en rappelant comment être soi sans cesser d’être avec l’autre. Le scoutisme européen a cette intelligence du cœur, de révéler d’abord le jeune à lui-même, avec ses talents, pour être capable d’aimer mieux. Car c’est là tout le sel de la « gentillesse scoute ». Décriée et moquée par les humours chagrins et mondains, cet art de l’altérité s’éduque et se développe au cœur de la forêt, en pleine nature, incitant les jeunes à faire communauté, esprit d’équipe, cohésion et partage. Nulle trace d’une quelconque mièvrerie, aucune tendance vers l’esprit fayot. Le scout d’Europe est conduit, à travers une pédagogie qui a fait ses preuves, à l’art de la bonté, celle-qui retourne les cœurs, et celui du sourire bien franc face à l’œil sarcastique. Aussi, à la veille des camps, en France et en Europe, résonne l’appel du cœur Scouts d’Europe « N’ayez pas peur d’être gentils » !