Tout au long de cette année, notre patrouille s’est lancée dans un défi technique d’envergure : se spécialiser dans la pratique de la spéléologie, pour finir notre progression par une grande exploration lors de notre camp d’été.
Dès le début, en tant que CP, j’ai pris contact avec différentes associations et clubs de spéléologie proches de Marseille pour trouver un guide prêt à nous accompagner sur plusieurs sorties, afin d’assurer avec ce guide une véritable progression tout au long de l’année, tout en ayant l’encadrement technique exigé. Après de nombreux échanges, c’est avec enthousiasme que nous avons trouvé Christine Torres et Jean-Marc Durand, bénévoles dans l’association Garagaï Spéléologie, acceptant de nous suivre sur plusieurs explorations à un tarif très bas.
Afin de financer nos activités (l’achat de matériel comme des combinaisons de spéléo et également la rémunération du guide), nous avons organisé une grande vente de fromages et charcuterie artisanale en partenariat avec une fruitière du Jura : chaque fille de la patrouille s’y est investie avec motivation et nous avons récolté près de 1000€ !
La préparation technique a occupé une grande partie de nos week-ends : chaque guide, selon son PA, a participé à la transmission de compétences des épreuves du badge spéléologie (sécurité, maîtrise des gestes de secours en milieu souterrain, gestion du matériel, entraînement aux différents nœuds utiles, histoire des grottes et de la spéléologie…). Nous avons également personnalisé nos combinaisons de spéléologie aux couleurs de notre patrouille pour affirmer fièrement notre identité sous terre.
À travers une sortie à la via ferrata souterraine de Cavaillon le week-end du 1er-2 février (« Via Natura et Souterrata »), bien que n’étant pas de la spéléologie pure, nous avons pu mesurer notre réaction face au vide, nos capacités dans une progression horizontale et verticale, mais également dans les boyaux.
Notre première « vraie » exploration souterraine fut la grotte des Champignons, à Puyloubier le week-end du 1er-2 mars, où, après 45 minutes de marche d’approche au petit matin au pied de Sainte-Victoire, nous avons rejoint nos guides au pied de la paroi qui mène à la cavité. L’entrée exigeant d’escalader une paroi, ils nous ont initiées à la progression sur corde dès la montée, puis à la descente en rappel au retour : nous avons donc pu apprendre ces techniques essentielles, tout en nous émerveillent de la grande salle et de ses « champignons » de calcite. Nous avons passé de longues minutes en silence à observer les concrétions, écouter le récit de la formation de la grotte, respectueuses de ne rien toucher.
Deux autres sorties étaient prévues, mais elles ont malheureusement dû être annulées en raison de la météo : les pluies continues peuvent causer des crues des rivières souterraines, ce qui est très dangereux !
Notre deuxième grande sortie – la grotte de la Castelette, dans le massif de la Sainte-Baume, le week-end du 21-22 juin – fut un vrai changement : progression dans une rivière souterraine, descentes en rappel dont une spectaculaire de plus de 20m, traversée d’étroitures, tyrolienne intérieure, le tout commenté par Christine et Jean-Marc et à 150m sous terre !
La sortie finale, organisée pendant notre camp d’été, fut le sommet de la progression. J’avais en effet demandé à notre guide de prévoir une sortie d’un niveau assez conséquent, puisque nous étions loin d’être des débutantes ! Au programme : deux grottes majeures du réseau souterrain de Sorèze, la grotte du Calel le matin, puis l’après-midi la résurgence de la Fendeille, plus aquatique et technique, accessible via deux entrées distinctes séparées par un grand lac souterrain infranchissable. Après plusieurs rebondissements car les guides contactés initialement étaient pour beaucoup mobilisés sur une expérience scientifique de trois semaines sous terre, nous avons réussi à réserver Laura, guide professionnelle de l’agence Garagaï Spéléologie.
Le rendez-vous fut donné lors de la deuxième journée de notre expo, le vendredi 11 juillet, au petit village de Sorèze. Laura a transporté notre matériel tandis que nous rejoignions à pied l’entrée de la grotte du Calel. Nous nous sommes équipées de combinaisons étanches intégrales, baudriers, casques, lampes, longes, descendeurs…
Nous avons commencé par cette première grotte, alternant progression debout et passages bas, à une profondeur de -250m. Tout au long de notre progression, notre guide nous a expliqué l’histoire de la grotte, sa formation, et nous a même montré des concrétions fluorescentes ! Dans une grande salle au fond de la grotte, aux parois ornées de draperies minérales, nous avons chanté ensemble plusieurs chants polyphoniques sur la suggestion de Laura, profitant de la magnifique acoustique et de la résonance naturelle : c’était un très beau moment !
Après un pique-nique rapide à la surface, nous sommes descendues vers notre deuxième objectif : la résurgence de la Fendeille, une grotte aquatique accessible uniquement par un boyau étroit… que l’on aborde en rampant dans un tuyau d’à peine 60cm de diamètre et 5m de long ! Une fois à l’intérieur, nous avons dû nous dépasser : eau glacée jusqu’à la poitrine, passages à la nage, franchissements à la corde, étroitures à franchir tête sous l’eau… Nous étions obligées de garder le moral malgré le froid, la fatigue.
La cohésion dans la patrouille fut néanmoins exceptionnelle : nous nous sommes toutes aidées mutuellement dans les passages les plus rudes. Nous avons terminé exténuées mais extrêmement fières de nous !
Nous avons achevé notre Mission Altaïr par l’organisation, quelques jours plus tard, d’un grand jeu pour faire découvrir la spéléologie aux autres patrouilles de la compagnie. Nous les avons donc instruites à travers plusieurs ateliers sous forme de jeux sur le matériel requis, l’histoire de la spéléologie, la sécurité dans le milieu souterrain… Ce moment a permis de partager notre aventure, en espérant qu’elle donne envie à d’autres guides de se lancer à leur tour dans une mission Altaïr !











