Du 1er au 3 mai 2026 à Pellevoisin, plus de 1500 chefs et cheftaines des Guides et Scouts d'Europe se réunissent pour les Journées Nationales. Un événement à suivre ici.
Depuis lundi 27 avril, les équipes de service se sont organisées pour transformer le château du Mée en véritable camp scout pour 1500 chefs et cheftaines. La scène, les tentes intendance, le kraal… tout s’est mis en place pour être prêt pour le 1er mai.
Vendredi 1er mai
Aux alentours de 10h, les premiers cars sont arrivés dans la plaine au bas du sanctuaire de Pellevoisin. Certains visages sont encore endormis : « on est partis cette nuit à minuit », souffle Aliénor, venue de Marseille. Toutefois, les sourires illuminent ces visages. Après les Marseillais, les Bourguignons, les Normands, les Bretons… Ils sont plus de 1500 personnes venues de toute la France à s’être donnés rendez-vous.
Après la dépose des cars, chacun reçoit son livret d’accueil et son insigne des Journées Nationales 2026. Le pelouse du sanctuaire de Pellevoisin se remplit de grappes de chefs et de cheftaines, heureux de se retrouver. C’est alors le moment des présentations et des retrouvailles, avant de partager un pique-nique à l’ombre des arbres du parc du sanctuaire.
Vendredi 13h30 : le rendez-vous est sur le stade de Pellevoisin. Les pêcheurs de l’étang voisin s’étonnent de l’animation inhabituelle qui réveille la ville basse de Pellevoisin, petit bourg de 800 habitants. En effet, au beau milieu du stade, on compte : un match de football, un matche de rugby, un jeu de “balle au prisonnier”, des danses folks, un chamboule-tout, une course en sac, un match de frisbee… Plus d’un millier d’uniformes s’égaient sur la pelouse verte. “C’est vraiment sympa de se retrouver tous ensemble, et de se dégourdir les jambes après plusieurs heures de bus”, assure Pauline, venue de Rennes. Qu’elle se rassure, le grand jeu commence : le cor sonne.
Des tailleurs de pierre et autres personnages venues du temps des cathédrales interpellent les joueurs et les invitent à se lancer dans une grande aventure. Ils doivent rejoindre le château du Mée. Pour ce faire, de nombreuses épreuves jalonnent le tracé. Entre marches à plusieurs, fil d’Ariane ou autre épreuve de funambule, nos apprentis tailleurs de pierre doivent prouver leur vaillance. Ce faisant, ils remplissent progressivement leur crédenciale comme de véritables pèlerins. Pierre-Louis est venu avec trois autres chefs de la Ière Montrichard. Ce jeune assistant chef de troupe de 21 ans apprécie ce moment : “J’ai le scoutisme en moi, j’avais envie de vivre une expérience scoute un peu différente. On est jamais déçus quand on vient passer du temps avec les scouts, il y a des rires, de la joies, des nouvelles rencontres !”.
En milieu d’après-midi, le château du Mée se profile, après quelques kilomètres ! Un des 4 évêques constructeurs de cathédrales accueillent les chefs et cheftaines à la fin du grand jeu. Chaque groupe d’une vingtaine de personnes intègrent un diocèse, parmi ceux de Dammartin-en-Goëlle, Fraimbois, Treffieux et La Poujade. Remerciés chaleureusement, les participants passent un moment devant la grotte de Montbel. Menehould se souvent des Journées Nationales en 2023 : “J’avais beaucoup aimé les JN 2023, c’est un événement mémorable à vivre !”
Chacun ensuite récupère son sac, va monter sa tente et préparer son bivouac, avant la grande veillée festive. “Je m’attends à un truc de fou”, s’impatiente Mélodie, cheftaine de Rennes. Celle qui passera des examens pour ses études de médecine le lendemain des Journées Nationales espère “partager des moments avec d’autres” mais aussi “apprendre des techniques pour les rapporter dans [sa] compagnie”.
La fin d’après-midi consiste en une installation dans les différents bivouacs qui entourent le château du Mée. Chacun rencontre les autres membres de son campement et commence à préparer le repas, une sorte d’omelette avec des courgettes. Léance, cheftaine louvettes 2e Nancy, est venue avec d’autres cheftaines de son âge. « Invitée par notre cheftaine de groupe, on s’est motivé avec la maîtrise. J’avais envie de rencontrer des gens d’ailleurs de Lorraine, d’élargir les horizons », explique-t-elle en ravivant la flamme du feu sur lequel cuit le dîner. « L’ambiance est cool mais pour l’instant on a beaucoup marché », lance-t-elle.
20h45 : la tension monte pour entrer sur l’aire de veillée ! Les 1500 chefs et cheftaines s’installent devant le château pour une heure et demie de grand spectacle ! Chants, saynètes, jeux… tout se déroule dans une véritable ambiance scoute. Après la veillée et un temps de prière, tout le monde rentre dans sa tente pour se reposer après une journée bien chargée.
Samedi 2 mai
6h25 : les sonneurs de cor se préparent pour réveiller les campements endormis. Cinq minutes plus tard, les dormeurs ne le sont plus. Il s’agit de s’habiller en vitesse, de se passer un coup d’eau sur le visage et de se rendre au rassemblement pour le lever des couleurs. Malgré les yeux rougis, sous un soleil radieux, les voix entonnent le traditionnel chant : “chevalier, saluons les couleurs…”. En réalité, c’est le café et les tranches de pain servies juste après qui réchauffent les corps et les coeurs. Petit instant de pause méritée. Mathilde, venue de Ploërmel dans le Morbihan et assistante louvette ne manque pas d’entrain. «J’aime beaucoup ne pas avoir à réfléchir à l’organisation. Quand je suis cheftaine, je dois gérer, organiser les repas ou les activités. Ici, je me laisse porter et je m’amuse à fond. Ca commence bien ! » Mais il faut laisser la bavarde Mathilde qui doit se presser pour aller à la messe, célébrée devant la grotte de Montbel !
Début de la messe un peu avant 9h. Une dizaine de prêtres s’avancent devant la petite grotte de Montbel, cernée par le millier de chefs et cheftaines. Un moment fort pour débuter la journée spirituellement. Le père Genouville, reprenant l’évangile du mariage de Cana a encouragé les chefs et cheftaines à ne pas désespérer et à continuer à se donner. ” Comme votre engagement, le bon vin au noces de Cana donne ses fruits jusqu’à la fin”.
Après une explication sur les apparitions de la Vierge Marie à Pellevoisin, dont on fête les 150 ans en 2026, chacun est invité à retrouver l’esplanade devant le château pour le début de l’Assemblée générale. “Tous se fait dans la simplicité et dans la beauté, je suis très heureux d’être là”, assure Matthieu, originaire de Caen. Pour Thérèse, assistante cheftaine auprès d’une clairière (louvettes), les différentes activités s’enchaînent à un rythme pas trop soutenu, ce qui est agréable pour prendre le temps de discuter avec d’autres.
Après la messe, retour devant le château pour un moment important de ces journées nationales : l’assemblée générale de l’association ! Pendant une heure et demie, le bureau de l’association présente le bilan de l’année passée et expose les orientations choisies. Marie-Gabrielle Winterberger, assistante des commissaires généraux à la formation souligne l’importance de former : « Nous avons tous reçus de la part de plus grands que nous, de chefs ou en formation ». De plus, elle alerte sur l’importance de la formation : « nous avons de nombreuses entrées d’enfants et de jeunes, il nous faut suivre le rythme et former toujours plus de chefs et de cheftaines. »
L’ensemble des participants file ensuite vers la tente intendance pour le déjeuner avant le début d’une nouvelle phase de grand jeu.
Mais 14h arrive et tout s’arrête. Les quatre évêques appellent à l’aide pour construire la plus belle des cathédrales. Pour ce faire, chacun encourage les gens de son diocèse répartit en quatre couleurs. Les fidèles de chaque diocèse s’apprêtent à se livrer la dernière des batailles mais avant cela, il faut trouver des artisans. Ces derniers se cachent parmi la foule : il faut les retrouver grâce aux indices laissées en divers endroits. “Vous aimez les jeux de cartes ?”, “D’où venez-vous?”, “Possédez-vous un cheval?”, tels sont les questionnements que les participants se posent mutuellement pour découvrir qui sont ces fameux artisans.
Les artisans arrivés, il faut désormais acheter des ressources pour construire la cathédrale. Mais pour ce faire, il faut collecter des pépites d’or dans la forêt où de nombreuses épreuves attendent nos apprentis constructeurs de cathédrales. Mais attention, de nombreux bandits pullulent dans les forêts et volent les pépites. Jeu de mime, de lancer de bûches ou de tapis roulant humain, les chefs et cheftaines s’affrontent pour construire la plus belle des cathédrales. Sophie court vers la banque et lance : ” Ca avance, la cathédrale se construit, mais je ne peux pas m’arrêter, je vais me faire attraper par quelqu’un d’un autre diocèse”.
Et tout à coup, lorsque les cathédrales sont montées, le pape apparait pour bénir les cathédrales et réconcilier les quatre diocèses, dans une ambiance survoltée. Après ce moment de joie malgré les quelques gouttes de pluie, chaque chef et cheftaine a été invité à prendre un moment de silence et de prière devant l’adoration. Après ce temps calme, Marine et Foucauld Leprince-Ringuet, un couple d’anciens chefs engagé auprès des personnes en situation de précarité avec l’association Lazare. “Trouver des engagements dans sa vie, embarquer tes amis dans tes engagements, aller porter la joie au monde” ont été les trois conseils qu’ils ont prodigué aux participants aux Journées Nationales.
Tout de suite après, les chefs et cheftaines se sont répartis par branche : les jaunes pour les louveteaux et louvettes, les verts pour les éclaireurs et éclaireuses et les rouges pour les routiers et guides-aînés. “Un moment de se retrouver avec des chefs et cheftaines qui vivent vraiment la même chose que nous mais ailleurs en France”, explique Agathe, cheftaine de guide à Paris. Vient ensuite l’heure du banquet et de l’ouverture avec des chants et des danses.
Alors que des chorales venues de toute la France alternent des chants sur la scène, les plats défilent : cuisses de poulet, saucisse, taboulé…. Dans une ambiance joyeuse et délurée, le banquet s’impose déjà comme un moment incontournable de ces Journées Nationales 2026. “Je suis heureux de partager ce moment avec mes frères et soeurs scouts ! C’est un vrai moment de pure joie scoute : un bon repas, des chants et la joie qui éclate”, assure Théo, venu des Yvelines ! Mais, chut place au spectacle !
Crédits photos : @Guides et Scouts d’Europe – Solène Pajczer – Illian Callé – Thomas Lacheteau – Simon Martel – Aude Dupuy – Tomas Muzio – Lubin Grenier – Louis Coppin – Mathilde Cretin-Bebin



