Locmariaquer (Morbihan) — Pour la première messe à ciel ouvert de l’été, les Guides et Scouts d’Europe se sont retrouvés en bord de mer, à la pointe de Kerpenhir (56), à l’occasion de leur départ en camp. Une célébration présidée par le père Édouard Roblot, prêtre du diocèse de Nantes, retransmise dans le cadre de l’émission Le Jour du Seigneur sur France 2 le dimanche 5 juillet.
Le signe scout, une profession de foi silencieuse
C’est en partant d’un geste que tous les guides et scouts connaissent par cœur que le Père Roblot a construit son homélie : le salut scout, main droite levée, pouce posé sur l’auriculaire. Un signe que le prêtre a lui-même appris enfant, à la meute IXe Nantes :
« Le pouce est placé devant l’auriculaire […] cela signifie : “le plus fort défend le plus faible !” »
Un geste tout simple, mais que le père Roblot relie directement à l’Évangile du jour — l’invitation du Christ à venir à lui, « vous tous qui peinez sous le poids du fardeau ». Le scoutisme, une école de vie « si originale et en même temps, si évangélique ».
Messe devant la mer sur la pointe de Kerpenhir (56) – @Capture d’écran – France Télévisions
Être chef de patrouille : « servir plutôt que se servir »
Au cœur de son propos, le père Roblot s’est adressé directement aux chefs de patrouille (CP), ces adolescents qui, au camp d’été, endossent la responsabilité d’une patrouille (une équipe de 7 à 8 garçons ou filles). Un rôle exigeant, qu’il n’a pas hésité à confronter aux dérives possibles de toute autorité :
« Être chef pour beaucoup, cela veut d’abord dire se servir plutôt que de servir, prendre plutôt que donner, faire peser un fardeau plutôt que d’en soulager les épaules des plus petits. »
Une mise en garde que le prêtre a élargie bien au-delà du seul cadre scout, à toute forme d’autorité :
« Ces tentations peuvent être les vôtres, chers CP… elles peuvent être les nôtres à chacun de nous : que nous soyons prêtres, responsables d’associations, chefs ou dirigeants d’entreprise, élus de la République, et même parents. »
L’homélie du père Roblot – @Capture d’écran – France Télévisions
Le choix entre le repli sur soi et le don
Convoquant saint Paul et, plus inattendu, Le Seigneur des Anneaux, le Père Roblot a filé la métaphore du pouvoir qui isole et défigure :
« Golum, dans le Seigneur des Anneaux, en est un bon exemple : il s’enlaidit à mesure qu’il veut garder pour lui la puissance de l’anneau. »
Face à ce risque de repli sur soi, il a proposé aux jeunes chefs et cheftaines un autre modèle d’autorité, celui du Christ « humble, désarmé, monté sur un âne » :
« Allez-vous exercer cette autorité en appuyant sur le joug des plus faibles ? Ou allez-vous imiter, dans votre rôle éducatif, ce roi humble, désarmé […] qui “brisera l’arc de guerre, et proclamera la paix aux nations” ? »
La messe de départ en camp dans le district du Morbihan – @Capture d’écran – France Télévisions
« Le camp n’est pas une parenthèse dans votre vie, il est votre vie »
La célébration s’est conclue par les mots de deux commissaires de district, en forme d’envoi pour les patrouilles sur le départ. Une formule est particulièrement restée :
« Le camp n’est pas une parenthèse dans votre vie, il est votre vie. Le dépassement de soi n’a de sens que lorsqu’il devient don. »
Et cette dernière image, pour dire ce que la foi doit être en camp — non pas un poids de plus, mais un appui :
« Emportez votre foi comme vous portez votre sac, solidement noué, sans fioriture, prêt pour le chemin. »
Procession lors de la messe du 5 juillet – @Capture d’écran – France Télévisions
Retrouvez l’homélie complète ici.



